Des psychologues indépendants dans une situation de précarité sociale

Des psychologues indépendants dans une situation de précarité sociale

Les psychologues cliniciens sont nombreux à souffrir de la baisse de la fréquentation induite par la crise sanitaire. C’est la raison pour laquelle l’Union professionnelle des Psychologues cliniciens francophones et germanophones réclame une aide financière en provenance de l’Etat. Elle pourrait venir les soulager et les aider à prendre en charge les nombreux citoyens dont la santé mentale aura été impactée par le confinement.

La demande est simple : une aide financière. Les psychologues indépendants en ont bien besoin, alors que le nombre de consultations a évidemment chuté de manière drastique durant la période de confinement. Ces conditions uniques ont signifié un manque à gagner donc, mais se sont également avérées être un facteur d’accroissement du nombre de patients potentiels. La situation est parfaitement résumée par Quentin Vassart, le président de l’UPPCF : « Ceux qui ont le plus besoin de soins sont ceux qui y ont le moins accès ».

Alors, de façon logique, dans une carte blanche publiée ce jeudi 21 mai, l’UPPCF plaide pour une aide financière tout en s’inquiétant de l’augmentation de la détresse psychologique liée au confinement. Comme l’explique la carte blanche, une partie des psychologues indépendants se trouve aujourd’hui dans une « situation de précarité sociale ». Certains envisageraient même de fermer leur cabinet de manière définitive. Paradoxal quand on sait que « les études antérieures sur les conséquences psychologiques des pandémies (Sras, Ebola, grippe H1N1) nous prédisent une augmentation significative des soins psychologiques dans les prochains mois » indique l’UPPCF. Son président confirme : « La psychologie a deux vitesses. Les besoins vont se faire davantage sentir. »

Cette aide financière, elle pourra prendre deux formes. D’abord, en structurant mieux et en remboursant mieux les soins de deuxième ligne. « Le remboursement actuel est totalement insuffisant », indique Quentin Vassart. Puis, en ce qui concerne les soins de première ligne, grâce à la mise en place d’un projet pilote, dans lequel les soins seront conditionnés par l’obtention préalable d’une prescription médicale. Malheureusement, à l’heure actuelle, le budget est de 22.5 millions d’euros. « Il en faudrait dix fois plus pour couvrir les besoins sur tout le territoire belge », regrette le président de l’UPPCF. Conséquence, il y a aujourd’hui peu de réponses à proposer aux différentes demandes. Pourtant, investir aujourd’hui permettrait d’économiser plus tard. En effet, en intervenant plus tôt, on limite le risque d’aggravation des pathologies, ainsi que l’absentéisme au travail qui s’en suit par exemple.

Laisser l’organisation des consultations aux travailleurs

Car les pathologies induites par un confinement prolongé dans un contexte sanitaire difficile sont légions. Que ce soient les troubles anxio-dépressifs, les états de stress post-traumatique, les deuils compliqués ou encore les conséquences des violences intrafamiliales et de l’isolement social, tous sont les causes d’une conséquence : l’augmentation des besoins en soins psychologiques. L’UPPCF ne mâche d’ailleurs pas ses mots annonçant sa volonté d’éviter une « pandémie de troubles psychologiques ». Mais là encore, les équipements de protection manquent, et ne facilitent pas le retour à la normale et aux consultations en face à face.

C’est cela qui pousse l’Union à souhaiter la mise en place d’un soutien financier. Car les psychologues indépendants, qui devront faire face à la vague de nouveaux patients qui n’auront pas forcément les fonds pour multiplier les consultations. Car ces dernières « ne sont actuellement pas remboursées par l’Inami et insuffisamment par les mutualités dans le cadre de leur assurance complémentaire ».

Autre problème, la manière d’organiser ces consultations. A distance ? En présentiel ? L’Union professionnelle des Psychologues cliniciens francophones et germanophones veut laisser le choix aux travailleurs. Ils se sont adaptés dès le début du confinement, privilégiant les téléconsultations ou les séances par téléphone. Quentin Vassart déplore : « On a réussi à maintenir le lien avec les patients grâce aux téléconsultations. Mais ce n’était qu’un sparadrap. Ce type de prise en charge ne doit pas devenir la norme. Il ne remplacera jamais les vraies consultations, en face à face ».

Faisant montre de professionnalisme et de capacité d’adaptation, la profession souhaite que « les mesures proposées pour les psychologues cliniciens doivent consister en des recommandations et non des contraintes rigides ». L’UPPCF va même plus loin : « Elles doivent essentiellement porter sur les conditions d’un retour progressif à la consultation en face à face ». Une chose est sûre en tous les cas, les psychologues auront du travail dans les mois qui viennent.

C.D.

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