Le secteur assuétudes en faveur d’une réglementation du cannabis

Le secteur assuétudes en faveur d'une réglementation du cannabis

La prohibition du cannabis ne mène à rien, constate la Fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes (Fedito BXL). Elle plaide pour la création d’une filière légale et contrôlée de cette drogue.

Selon un rapportde la Fedito BXL publié le 3 décembre, la politique actuelle de lutte contre le cannabis en Belgique est loin d’être efficace. Malgré les mesures prohibitives, la consommation ne diminue pas tandis que les actions mises en place représentent un coût social et sanitaire élevé. Le secteur spécialisé propose quelques pistes comme la dépénalisation et la réglementation de son usage pour remédier à cette situation.

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Une consommation en augmentation

“Après l’alcool et le tabac, le cannabis est la drogue la plus consommée en Belgique”, pointe la fédération dans un communiqué de presse. Depuis 10 ans, cette consommation est en constante hausse. Dans son rapport, l’organisation déclare que près d’un quart de la population belge âgée entre 51 et 64 ans en ont déjà touché. Environ 7% l’ont fait dans le courant de cette année et 4,3% au cours du dernier mois. Les jeunes sont fortement exposés à cette drogue : 25% des 15 à 24 ans et plus de 38% des 24 à 34 ans en ont déjà pris.

Une politique contre-productive

La politique de prohibition est inefficace au niveau économique, social et sanitaire, explique la Fedito BXL. Non seulement l’interdiction du cannabis ne réduit pas la consommation mais en plus, elle fait vivre une économie souterraine qui entraîne violence et corruption.

“Du point de vue sanitaire, la politique s’avère contre-productive en matière de prévention ou d’offre de soin, le tabou reste de mise”, indique également l’ASBL dans le communiqué. Elle ne limite pas l’accès à cette drogue et n’en permet pas le contrôle de sa qualité. Certains produits, frelatés, contiennent des résidus de pesticides, de bactéries ou de champignons et constituent un risque de problèmes de santé, explique la fédération.

Au niveau social, l’interdiction à cette drogue pénalise et condamne une partie de la population comme les personnes précarisées. Enfin, bien que l’Etat autorise l’usage du cannabis à des fins médicales, les restrictions en sont telles que les patients sont obligés de s’en procurer sur le marché noir. “L’appel de ces patients ne peut plus être ignoré. C’est une question d’éthique et de liberté de traitement à laquelle le législateur se doit de donner suite”, s’alarme l’association.

Vers une filière légale et contrôlée

Fedito BXL recommande à l’Etat de “dépénaliser l’usage de cannabis et de créer une filière légale et contrôlée de cannabis.” Pour l’ASBL, “c’est la seule option réaliste pour qu’il reprenne le contrôle de la situation.” Les pistes comme la régulation dans un cadre non-marchand ainsi que l’autoculture pour une consommation personnelle sont à envisager.

En parallèle à cette réglementation, les autorités doivent investir davantage dans des moyens de prévention et de promotion de la santé. Selon l’association, une politique de drogues ne peut fonctionner que si elle se base sur un équilibre entre des actions répressives contre le trafic illégal et les mesures de promotion de la santé. Or, ces dernières ne représentent que 2 à 3% du budget total en matière de drogues (Socost, Belspo).

“Le constat de l’inefficacité de la prohibition du cannabis est sans appel, et d’autres voies doivent être explorées”, conclut la fédération.

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