Avec la crise sanitaire, pas de repos pour les "bébés parqués"

Avec la crise sanitaire, pas de repos pour les

Depuis plusieurs années, la thématique des « bébés parqués » donne du pain sur la planche aux autorités. Alors que de nouveaux arrangements étaient prévus, notamment la création de nouvelles places d’hébergement, la crise sanitaire est venue retarder leur concrétisation. Pire, elle risque d’accroître le nombre d’enfants nécessitant une prise en charge.

- [A lire] : Bébés parqués : appel à projets pour créer 48 places supplémentaires

La crise sanitaire enfantée par le Covid-19 touche tout le monde. Les hôpitaux subissent de plein fouet les effets du virus. Cela a des conséquences désastreuses pour nombre de personnes. Parmi elles : les « bébés parqués », ces « enfants, souvent en bas âge, placés provisoirement à l’hôpital sans raisons médicales précises, mais en raison d’un manque de places en institutions relevant du secteur de l’aide à la jeunesse ». Ces mots, ce sont ceux de Mourad Sahli, député PS.

La problématique avait fait l’objet d’une résolution adoptée par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 9 mars 2016. Celle-ci visait à mettre fin au plus vite à la situation. Or, quatre ans plus tard, malgré la création de services résidentiels d’urgence destinés à ce public et de quelques dizaines de places en services résidentiels généraux, la situation reste complexe. Pour y répondre, Bénédicte Linard, vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Enfance, annonçait en février la création de deux structures de 24 places à Liège et Bruxelles pour le mois d’avril.

Mais le coronavirus est passé par là, retardant la création de ces nouvelles structures. Bénédicte Linard précise : « L’appel à candidatures en vue de l’ouverture de deux nouveaux services spécialisés d’accueil de la petite enfance, de 24 places chacun, devait en effet se clôturer en avril. Toutefois, en raison de la crise sanitaire, la date d’échéance de l’appel à projets a été prolongée jusqu’au 31 mai 2020. »

Pas de données sur la situation générée par le Covid-19

Il existait également des interrogations quant aux lieux à privilégier pour construire ces structures d’accueil supplémentaires. Alors, le gouvernement s’est appuyé sur une étude qui a identifié « le Hainaut et Bruxelles comme étant les deux premières zones prioritaires pour la création de nouvelles places d’accueil spécialisé. » Malheureusement, comme l’affirme la ministre de l’Enfance : « Cette étude n’a pas été actualisée ces dernières semaines et nous ne disposons donc pas de données quant à la situation générée précisément par la crise du Covid-19. »

Alors que le député craignait que les régions liégeoise et carolo soient oubliées , Bénédicte Linard a tenu à préciser : « L’appel à candidatures en cours, visant la création d’un service de 24 places en province de Liège, accorde une priorité à l’émergence d’un projet dans l’arrondissement de Verviers. Un SASPE provisoire a été créé par l’Intercommunale de santé publique du Pays de Charleroi (ISPPC) pour une période de trois mois, jusque-là fin de juin 2020. Son but est de répondre aux demandes urgentes de prise en charge dans le contexte particulier de cette crise sanitaire. »

D’autre part, un plan d’action est en train de voir le jour pour aider les familles de ces « bébés parqués ». En effet, « des mesures de soutien financier ont été prises par le gouvernement pour aider l’ensemble des SASPE à faire face à la crise sanitaire du Covid-19 » a annoncé la Ministre. Par exemple, « un mécanisme d’indemnisation a été prévu à concurrence de maximum 5 % du montant du subside pour la période de confinement, afin de couvrir les coûts supplémentaires liés à l’achat de matériel et à l’engagement de personnel supplémentaire », selon Bénédicte Linard.

Evidemment, des masques chirurgicaux ont été fournis à l’ONE et l’ensemble de ses services. Enfin, la ministre a souhaité rappeler que : « Les situations sociales précaires doivent effectivement faire l’objet d’une attention accrue dans le contexte actuel de crise sanitaire. » De l’attention, il en faudra pour limiter l’impact social et économique énorme qu’aura la crise sanitaire sur la vie des citoyens les plus démunis.

[Sur le même sujet] :
- Confinement : le quotidien chamboulé des enfants placés
- Aide à la Jeunesse : le confinement renforce les inégalités
- Coronavirus : le dilemme pesant des AMO pendant le confinement
- Aide à la jeunesse : "Nous sommes les parents pauvres de la crise"
- Aide à la jeunesse : recrutement de personnel dans les services d’hébergement
- Béatrice, éducatrice dans la petite enfance, lance un coup de gueule
- Coronavirus : "Non, la quarantaine n’est pas romantique pour tou.te.s !"
- Santé : le personnel a besoin de matériel de protection au plus vite !
- Coronavirus : les indépendants font face au danger de la faillite
- Éducateurs, travailleurs sociaux… les oubliés de la crise sanitaire
- Travailleurs sociaux, entre envie de servir et inquiétude



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus