Décret ambulatoire : vers plus de souplesse pour le terrain ? (VIDEO)

Décret ambulatoire: vers plus de souplesse pour le terrain ? (VIDEO)

Le Guide Social poursuit ce lundi l’interview bilan de la ministre de la santé au sein du Gouvernement francophone bruxellois. Dans cette seconde partie, Cécile Jodogne effectue le diagnostic de la santé mentale en région bruxelloise et se penche sur le décret ambulatoire.


- [A lire] : La première partie de l’interview de Cécile Jodogne

Dès 2016, la ministre bruxelloise s’est engagée à renforcer les équipes qui travaillent avec des enfants et des adolescents dans le secteur de la santé mentale. Aujourd’hui, à quelques mois de la fin de la mandature, 70% des services disposent d’une équipe enfants/adolescents. Une belle victoire pour Cécile Jodogne ! « Pour moi, la santé mentale est un enjeu essentiel. Il faut donc intervenir, accompagner, aider, soutenir le plus tôt possible », pointe-t-elle.

Elle rajoute : « En cinq ans, nous avons augmenté de 17.4% le budget consacré à la santé mentale. Une bonne partie de cette augmentation a servi à subsidier ces équipes enfants/adolescents, composées de pédopsychiatre, psychologue, ou encore de psychomotricien et de logopède. On peut aussi souligner le soutien qui a été donné à une série de projets d’art-thérapie. C’est une nouveauté d’avoir mis un accent là-dessus et de se dire qu’il y a aussi cette manière-là de travailler. »

« Parfois, on n’a pas le choix, on ne va pas pouvoir aller contre une mesure ! »

Le secteur de la santé mentale est en perpétuel mouvement. Impossible donc de se reposer sur ses lauriers tant il y a des besoins à répondre et des systèmes à lancer ou améliorer. D’ailleurs, au début de l’année, la Ligue Bruxelloise Francophone pour la Santé Mentale (LBFSM) a sorti son mémorandum. Depuis des années, elle dénonce une saturation des services de santé mentale. «  Sans moyens supplémentaires, les services ne peuvent mettre en place un accueil et un suivi qui répondent aux besoins des personnes et qui donc permettent le soin », écrit-elle.

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« Globalement, il y a un lien à faire avec le Fédéral, avec la réforme qui est là, avec le projet des équipes mobiles », réagit Cécile Jodogne. « Cette réforme est mise en place quasiment que par le Fédéral. Je n’ai donc pas pu beaucoup travailler sur ce projet. On a essayé un peu de le suivre mais je vous avoue que ce fut compliqué... Un exemple : le nombre de réunions qui étaient organisées dans le cadre de cette réforme 107 était juste hallucinante et donc c’était même matériellement impossible pour notre équipe de participer à toutes ces entrevues. »

Pour elle, le secteur bruxellois, côté francophone en tout cas, s’est investi avec un esprit particulièrement aiguisé dans ce travail de réforme mené par le Fédéral. « Il a souvent été très critique. Ce que je respecte parfaitement et que j’estime être important. Mais, à un moment donné, quand on sait que la machine est en marche et qu’elle ne s’arrêtera pas : soit on participe et on essaye d’amender le plus loin possible le projet, soit on va rester sur le chemin », développe la mandataire politique. « Parfois, on n’a pas le choix, on ne va pas pouvoir aller contre une mesure. Donc autant essayer d’être acteur de cette réforme pour adoucir certains points et pour faire valoir des particularités. À Bruxelles, j’observe une vision très riche de la santé mentale, très proche des patients, de leur milieu de vie. C’est extrêmement intéressant et il faut pouvoir le préserver. La Cocof sera toujours là pour continuer comme elle le fait. Mais, c’est vrai, avec des moyens limités et sans pouvoir éventuellement absorber ou compenser ce qui ne serait plus subsidier. »

Décret ambulatoire : quelles seront ses priorités ?

Le gouvernement de la Cocof a lancé des réflexions et des concertations sur une modifications du décret ambulatoire qui date de 2009. « Nous observons des évolutions dans le paysage de la santé à Bruxelles. Il y a notamment une volonté plus affirmée tant du côté des autorités publiques que du secteur de favoriser la transversalité. Avec des demandes parfois d’une possibilité de multi-agréments, j’ai bien, dit une possibilité. Il y a aussi une nécessité de mieux définir les missions. »

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Une première réunion a été organisée en novembre. Puis une autre centrée sur un travail de synthèse des réactions des différents secteurs. « L’administration a remis un peu les choses au clair car il y avait eu une mauvaise interprétation par certains. Par exemple de dire qu’il n’y aurait plus la possibilité d’avoir des agréments sectoriels, qu’on devrait donc tous faire un peu de tout. Ce n’est pas vrai », note Cécile Jodogne. « Non, c’est vraiment la possibilité pour certains qui le souhaitent de pouvoir éventuellement offrir différents types de missions au sein d’une même association. Il n’y aura pas du tout une suppression des secteurs ou des missions. »

La ministre l’assure : il n’y aura pas de diminution des budgets ou de suppression d’emplois. « Non, le but est vraiment de repenser le fonctionnement, le mode de structure, le mode d’évaluation. Je ne sais pas vous en dire beaucoup plus actuellement. Car on va voir ce qu’il va en sortir. En tout cas, je souhaite apporter plus de souplesse pour répondre aussi à des attentes du terrain. Il y a une envie de se demander si on est vraiment obligé de tous continuer dans un secteur bien défini. Alors que tout le monde est confronté à des personnes qui ont des problématiques qui sont multiples. »

Dans cette vidéo, découvrez ses trois priorités pour la santé mentale, si elle est réélue au même poste :



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