Des associations s'opposent à la construction d'une prison à Haren

09/07/14
Des associations s'opposent à la construction d'une prison à Haren

Aujourd’hui, le cahier des charges pour la construction de la prison d’Haren a été remis à la Commission de concertation de la Ville de Bruxelles. Des associations opposées au projet étaient présentes pour y exiger l’étude d’une alternative.

L’Observatoire International des Prisons, l’Association Syndicale des Magistrats, la Ligue des Droits de l’Homme, Inter Environnement Bruxelles et le Comité de Haren se sont réunis et ont rédigé un communiqué de presse pour une alternative à la "méga-prison" de Haren.

Une réponse à la surpopulation carcérale

La prison de Haren découle du Masterplan décidé en avril 2008. Ce projet ministériel a pour but d’accroitre la capacité carcérale en ouvrant 7 nouvelles prisons parmi les quellesla prison de Leuze-en-Hainaut , un centre psychiatrique médico-légal à Gand et la prison de Haren. La prison pourra accueillir 1.200 détenus et ainsi devenir le plus grand complexe carcéral belge. Cette grande prison aura des pavillons séparés et un environnement sécuritaire maximal comprenant de nombreuses caméras de surveillance. L’Etat souhaite réduire les coûts en optimisant le ration personnel/détenus pour qu’il y ait un minimum d’agents pénitentiaires pour un maximum de prisonniers. Il est également prévu de faire des audiences dans la prison.

Critiques des associations

En avril dernier, le Conseil de l’Europe avait publié un avis en pointant du doigt les prisons belges comme étant les plus surpeuplées d’Europe. Selon les associations opposées à la construction de la prison, l’augmentation de la population carcérale n’est pas une solution. En effet, des études démontrent que les établissements pénitenciers de petite taille favorisent le contact humain et permettent de meilleures conditions de détention. Selon elles, ce n’est pas en augmentant la capacité carcérale que le problème des prisons surpeuplées sera réglé. Dans leur communiqué, les associations expliquent que "l’augmentation de la population carcérale n’est pas la conséquence mécanique d’une augmentation de la criminalité mais le fait de l’allongement de la durée des détentions préventives, de l’allongement des peines ainsi que de la survenance plus tardive des libérations". Elles suggèrent d’agir sur la politique criminelle en mettant en place une réforme du système pénal plutôt que d’ouvrir de nouvelles prisons.

Un accès difficile à la prison

Les associations déplorent également l’accès difficile à la prison, isolant les détenus car les visites de la famille, des avocats, des services d’aides aux détenus seraient plus difficiles à cause de l’éloignement des transports en commun. Elle serait en effet située en périphérie de Bruxelles, loin du palais de justice et des transports en commun, dans une zone industrielle et agricole.

Un partenariat public-privé assez coûteux

La prison sera construite grâce à un consortium public-privé. L’Etat s’engage, à son avantage, à louer la prison pendant 25 ans avant qu’elle ne devienne la propriété des pouvoirs publics. Cependant, un tel système s’avère coûteux. Dans la prison de Marche, une journée coute 214€ pour un détenu contre 100€ dans une prison publique. Les associations suggèrent enfin de rénover les prisons situées au cœur de la ville et proche du Palais de Justice ainsi que d’investir dans des politiques alternatives à la prison car celle-ci favorise l’exclusion.



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