Formations aux violences conjugales : "les demandes des CPAS explosent !"

Formations aux violences conjugales:

Mandatés par la Région Wallonne, les Pôles de ressources en violences conjugales et intrafamiliales proposent des formations aux professionnels qui sont confrontés à la problématique. « Ces formations répondent à un besoin mais aussi à une demande », note Jean-Louis Simoens, le coordinateur.

La ministre wallonne de l’Action sociale et de l’Egalité des chances Alda Greoli a envoyé une circulaire aux CPAS leur demandant de désigner dans leurs équipes une personne de référence pour les violences entre partenaires. Que pensez-vous de cette mesure ?

Jean-Louis Simoens : Elle est excellente ! Les violences conjugales ne doivent pas seulement être traitées par les services spécialisés. Cette problématique se retrouve partout et évidemment au sein des CPAS ou des différents services sociaux. Pour mettre en place le projet d’Alda Greoli dans les CPAS, je préconise que la personne de référence suive une formation d’au moins trois jours pour bien approfondir la matière. Le reste du personnel pourrait, quant à lui, effectuer une petite formation d’un jour. Il faut voir comment mettre tout cela en place... En tout cas, beaucoup de CPAS nous ont contactés après la diffusion de l’info. Les demandes explosent.

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"Il est essentiel de former correctement les personnes relais et les travailleurs qui sont en première ligne"

Il y a une vraie attente de leur part. Pourquoi ?

J-L.S. : D’un côté, il y a les professionnels qui travaillent sur la problématique. De l’autre, il y a ceux qui y sont confrontés qu’ils le veuillent ou non. Cette situation peut interférer sur l’accompagnement social à mener. Il faut voir la personne dans son entièreté et donc en incluant les violences conjugales. Il est donc essentiel de former correctement les personnes relais, les travailleurs qui sont en première ligne.

C’est là qu’interviennent vos formations...

J-L.S. : Depuis plusieurs années, nous sommes mandatés par la Région Wallonne pour dispenser des formations à des professionnels issus de domaines différents. Nous en avons donné énormément, d’ailleurs ! Le spectre est large mais la demande vient surtout des travailleurs psycho-sociaux, de l’ONE, du personnel de la justice, des centres de planning ou encore des services d’aide aux justiciables. Il y a aussi le personnel de l’aide à la jeunesse qui est, selon notre rapport d’activités de 2017, le secteur le plus représenté dans nos formations. Et puis, les plateformes « violence » installées dans chaque arrondissement judiciaire sont aussi très demandeuses.

« Certaines formations durent un jour, d’autres trois »

Le public avec lequel vous travaillez est très diversifié. Adaptez-vous les formations en fonction des différents secteurs d’activités professionnels ?

J-L.S. : Tout à fait. Pour les CPAS, par exemple, il est surtout question de prendre le temps de faire le point sur la problématique. Le but est de sensibiliser les travailleurs aux mécanismes des violences conjugales et intrafamiliales, de leur proposer une lecture du phénomène qui intègre les victimes et les auteurs dans le but de les réorienter de manière adéquate vers des services spécialisés. Ils suivent donc le module sur une journée. Sinon, nous proposons des formations plus poussées sur les victimes (trois jours), sur la gestion des enfants et des familles (deux jours) ou encore sur les auteurs (trois jours)…

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Car, la particularité de vos formations est qu’elles sont conçues et animées par deux personnes : l’une de l’asbl Praxis, qui accompagne les auteurs de violences, l’autre du CVFE ou de Solidarité Femmes, qui vient en aide aux femmes qui en sont victimes.

J-L.S. : Nous fonctionnons avec une double vision, un croisement de regards. Les victimes et les auteurs passent par les mêmes services. Les personnes formées doivent donc avoir toutes les informations nécessaires pour gérer ces deux catégories de personnes. Historiquement, il y avait une injonction de s’occuper uniquement de la victime, de laisser à la justice la gestion seule des auteurs. Aujourd’hui, cette approche a été complexifiée. Il faut une réponse judiciaire pour les auteurs, bien évidemment. Mais il convient aussi de leur offrir des soins et un accompagnement social.

"Nous traitons la question des victimes mais également celle des auteurs"

Avez-vous des retours venant des professionnels qui ont suivi vos formations ?

J-L.S. : Notre réseau ne fait pas que des formations. Il se charge aussi d’accompagner le processus de mise en réseau dans certains secteurs de professionnels. Les travailleurs rencontrés dans ce cadre ont tous été formés par nos soins en amont. Et oui, les retours sont bons. Nous sommes en fait victimes de notre succès. Un exemple ? Nous avons prévu une formation dans la province du Hainaut. En six heures, les inscriptions étaient complètes. C’est le petit bémol… Nous n’avions pas prévu un tel engouement. Nous croulons sous le travail. Nous avons donc besoin de davantage de soutien. En effet, les moyens alloués pour notre projet ne sont pas assez élevés par rapport à l’énorme demande des professionnels. Il faut aller plus loin... C’est notre revendication pour les prochaines élections.

E.V.

Besoin de plus d’informations sur les formations pour les professionnels ? Rendez-vous sur www.ecouteviolencesconjugales.be.



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