Maltraitance infantile : améliorer la détection et la prise en charge

Maltraitance infantile: améliorer la détection et la prise en charge

Face aux cas particuliers des enfants maltraités, les professionnels du secteur de la santé doivent redoubler de vigilance. Une étude du KCE met en avant les solutions pour mieux sensibiliser ces praticiens et aussi permettre une prise en charge plus efficace de la part des structures d’aides spécialisées.

En 2018, ce sont plus de 6.300 signalements qui ont été déposés au service SOS Enfants de l’ONE. A ce chiffre alarmant viennent s’ajouter ceux de l’Aide à la Jeunesse ainsi que les nombreux cas qui n’ont malheureusement pas été signalés aux structures d’aides spécialisées. Alors que près de 6000 cas sont signalés auprès de SOS Enfants, 3600 prises en charge ont lieu et seulement 2% des dossiers sont repérés chez les médecins-généralistes. Ces chiffres témoignent de la nécessité de sensibiliser les professionnels à une détection puis à une prise en charge plus efficace des mineurs victimes de maltraitance.

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Sensibiliser les professionnels de la santé

Le phénomène de la maltraitance infantile est largement méconnu en Belgique à la fois par le grand public mais aussi les professionnels qui sont amenés à travailler avec des enfants. En 2016, le centre d’expertise des soins de santé (KCE) a publié une étude contenant 18 recommandations à destination des travailleurs du secteur de la santé pour qu’ils puissent plus facilement détecter ces violences. Souvent proches des familles, ces derniers ne savent pas comment aborder ce sujet délicat et ont peur de se tromper dans un constat faussé.

Ainsi, le KCE recommande de mettre en place des formations pour sensibiliser les professionnels à cette prise en charge spéciale. Est aussi soulignée la nécessité de créer des protocoles d’action décrivant de manière concrète les démarches à entreprendre. Ceux déjà existants sont trop généraux au lieu d’être conçus sur mesure pour les différents intervenants.

De plus, l’existence du secret professionnel pour les praticiens du domaine de la santé pose problème. Certaines informations contenues dans le dossier médical doivent pouvoir être transférées par les professionnels de santé aux structures d’aide spécialisées afin de pouvoir avancer dans la prise en charge. Enfin, il est crucial de rendre possible un diagnostic précoce de maltraitance permettant ainsi aux services d’aides d’intervenir lorsque les parents ne veulent pas collaborer ou lorsqu’il existe un risque manifeste pour la sécurité de l’enfant.

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Une prise en charge dysfonctionnelle

Les professionnels de santé doivent aussi prendre conscience de l’ensemble des outils et services qu’ils disposent pour remédier à une situation de maltraitance. Ainsi, la brochure « Que faire si je suis confronté à une situation de maltraitance d’enfant ? » dirige les professionnels de santé vers différents services d’aide spécialisés dans la protection de l’enfance tels que SOS Enfants ou le Service d’Aide à la Jeunesse (SAJ).

Cependant, de nombreuses lacunes se font ressentir au sein de ces services. Dans un entretien accordé en octobre dernier à la RTBF, Virginie Plennevaux, coordinatrice de l’équipe SOS Enfants de Charleroi faisait part de sa frustration concernant la lenteur de certaines demandes : « Nous devons prioriser les demandes car nous ne pouvons pas tout traiter. Ce qui est le plus frustrant, c’est quand nous demandons clairement un éloignement ou une mesure forte. Et qu’un an plus tard, on voit que rien n’a été fait et que la situation s’est encore empirée. C’est une deuxième forme de maltraitance pour l’enfant. »

Ces structures d’aides spécialisées pointent du doigt le fait qu’elles ne peuvent pas gérer tous les dossiers en raison d’une charge de travail excessive combinée à un manque de personnel. Cette pression constante débouche d’ailleurs sur un manque de communication avec les professionnels de santé mais aussi avec les services de police et de justice. Pour remédier à ce problème qui peut ralentir la prise en charge, il est proposé de mettre en place des centres de justice familiale comme à Anvers. Un Family Justice Center y a été créé et les différents acteurs impliqués dans la prise en charge d’enfants maltraités sont physiquement réunis dans le même bâtiment. Ainsi, ce type de proposition démontre qu’il est nécessaire que soit créé une politique qui mise sur la prévention et met l’accent sur la continuité de la prise en charge.

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