Même l’été, les sans-abri nécessitent des lieux d’accueil

Même l'été, les sans-abri nécessitent des lieux d'accueil

Le Plan hivernal a pris fin, avec les beaux jours. Cependant, qui dit été ne dit pas fermeture des structures d’accueil. Ce jeudi 3 mai, le gouvernement bruxellois a fait le point avec les opérateurs publics et associatifs sur la situation des dispositifs d’accueil pour sans-abri suite à la fin de la période hivernale.

Ah, qu’il est beau de voir le soleil et les températures douces revenir ! Tout est beau au printemps. Ou presque... Si le Plan hivernal, qui renforce l’accueil des sans-abri à la Région bruxelloise, a pris fin il y a quelques temps, les sans-abri, eux, demeurent. Les migrants aussi. Et les deux publics continuent d’avoir besoin d’un soutien concret. A cet effet, les ministres en charge à la Région bruxelloise, Céline Fremault et Pascal Smet ont interpellé le Fédéral, lui rappelant ses obligations. Ils ont également prévu d’augmenter la capacité d’accueil permanente gérée par le Samusocial.

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Chacun doit honorer ses compétences

Lors du Conseil des Ministres de jeudi dernier, le gouvernement bruxellois a tout d’abord décidé d’interpeller le gouvernement fédéral, en adressant un courrier au Premier Ministre et au Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration. Ce courrier a pour objectif de rappeler l’Etat fédéral à ses responsabilités en matière d’accueil des personnes dépourvues de titre de séjour et en transit sur notre territoire. A cet effet, la Région souhaite la mise en place sans délai d’un monitoring associant l’Etat fédéral et les opérateurs du secteur afin de prendre connaissance de l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines.

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En effet, le risque est réel de voir de nombreuses personnes demeurer sans solution d’accueil, les poussant à trouver refuge dans l’espace public au cours des prochains mois. Une situation inacceptable pour le Gouvernement bruxellois qui exige de la dignité pour tous. Ce monitoring doit permettre de mettre en évidence les responsabilités incombant à chaque niveau de pouvoir dans l’accueil des personnes sans-abri. « L’accueil des migrants et leur mise à l’abri est de la compétence du fédéral. Celui-ci doit assumer sa responsabilité. Avec la fermeture du dispositif hivernal et alors que le fédéral ferme des centres d’accueil, il est pour nous moralement impossible d’envisager que plusieurs centaines de personnes trouvent refuge dans l’espace public, nos gares, nos parcs », a déclaré Pascal Smet, ministre Bruxellois de l’aide aux personnes.

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Des lieux d’accueil disponibles

En attendant une réaction du Gouvernement fédéral, et vu l’urgence, le gouvernement bruxellois a réuni jeudi les différents opérateurs publics et associatifs afin de prendre attitude. Lors de cette réunion, il a été confirmé que la Région augmenterait la capacité d’accueil en 24h/24 permanent sur le site géré aujourd’hui par le Samusocial et situé sur le Boulevard Poincaré. Ce dispositif d’accueil concerne les publics vulnérables, principalement composés de familles, de femmes et d’enfants.

« Il était impensable de laisser 200 personnes fragilisées dans la rue après la fin du dispositif hivernal. Les constats chiffrés ne laissaient planer aucun doute, le public vulnérable en cette fin de plan hiver est davantage constitué cette année par des femmes et des enfants. Parce que l’accueil et l’accompagnement des sans-abri ne peut pas se limiter à l’hiver, j’ai donc décidé, en âme et conscience et avec mes collègues du Gouvernement bruxellois de prévoir dorénavant un doublement de nos places structurelles » précise Céline Fremault, Ministre en charge de l’Aide aux personnes.

Les migrants également pris en charge

Par ailleurs, dans l’intervalle de la mise en place du monitoring, le Gouvernement bruxellois a également souhaité permettre le maintien du dispositif d’accueil « La Porte d’Ulysse » situé à Haren, en collaboration avec les opérateurs publics et associatifs, et ce au nom et pour compte du Gouvernement fédéral, compétent en la matière.« La Région prend ses responsabilités face à une situation qui interpelle notre humanité. Les personnes migrantes doivent pouvoir être encadrées et hébergées, et nous avons à disposition des opérateurs de qualité, l’équation est simple pour tout le monde » a tenu à conclure Rudi Vervoort, Ministre-Président bruxellois.

Réaction du Fédéral

Vendredi, le Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Théo Francken a réagi, faisant savoir qu’il ne dépenserait rien pour la réouverture de la Porte d’Ulysse à Haren. Pour le Secrétaire d’Etat, le pays doit en finir avec la "politique Bisounours envers les illégaux". Pour Théo Francken, les responsables sont la police et les bourgmestres, qui refusent d’agir d’après lui. A contrario, le CD&V s’est montré favorable à une concertation pour la prise en charge de ce public sur le territoire bruxellois. Le Vice-premier ministre, Kris Peeters, a détaillé à la VRT "Ce que j’ai compris, c’est que Bruxelles veut proposer une solution aux plus démunis. Il s’agit des sans-abri, de malades et de mères avec enfants. Je pense que nous ferions mieux de nous concerter et de résoudre le problème. Quant à savoir qui paiera la facture, c’est sur cela que nous allons nous concerter". Alexander De Croo semblait lui pencher du côté du Secrétaire d’Etat.



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