Soins de santé mentale, et les vieux alors ?

Soins de santé mentale, et les vieux alors ?

Dans un rapport commandé par le SPF Santé publique, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) réfute la nécessité de créer un réseau séparé de soins de santé mentale pour les personnes âgées à partir de 65 ans. Néanmoins, il insiste sur la priorité de former les professionnels à la spécificité des soins pour les personnes âgées et de renforcer les interventions au domicile.

Le Fédéral s’intéresse de près aux problématiques de la santé mentale, notamment depuis la réforme Psy 107 qui tente de mettre en place une politique de soins intégrés. La nouvelle politique privilégie les soins à domicile plutôt que le recours aux institutions psychiatriques, lesquelles craignent la suppression des lits qui pourrait détériorer la qualité des soins. Le SPF Santé publique a donc commandé au Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) un rapport quant à la nécessité de créer un réseau de soins de santé mentale séparé pour les personnes âgées. Publié le jeudi 29 mars, le rapport réfute le besoin d’un tel système, dans la mesure où l’âge de 65 ans ne lui paraît pas pertinent, certaines personnes à cet âge étant toujours autonomes et en bonne forme au niveau physique et psychique. En revanche, le KCE confirme que les professionnels doivent être formées aux particularités de la prévention et de la prise en charge des problèmes de santé mentale chez les seniors.

Un besoin de compétences spécifiques pour tous les acteurs

Si le KCE réfute le besoin d’un réseau spécifique de soins, il se positionne en faveur d’une extension de l’offre "adultes" vers les seniors, en renforçant les compétences des professionnels en matière de soins de santé mentale pour les personnes âgées. Il indique que le traitement de cette population requiert bien des connaissances spécifiques et propose de sensibiliser les soignants à celles-ci. Pour cela, le KCE souligne l’impératif de posséder des effectifs suffisants pour les services de psychiatrie, de gériatrie et de psycho-gériatrie dans les établissements hospitaliers.

Les médecins généralistes sont souvent les premiers professionnels auxquels les personnes font appel en matière de santé mentale, ce qui entraîne d’ailleurs un sentiment d’impuissance de la part de la profession. Ainsi, le KCE indique qu’ils doivent pouvoir disposer d’une collaboration appuyée avec les spécialistes de la santé mentale (psychologues, psychiatres...). Dans une perspective de coopération pluri-disciplinaire, tous les soignants, ainsi que les intervenants pluridisciplinaires, doivent être formés à la détection précoce des troubles psychiques.

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Favoriser l’intervention à domicile et en MRS

Pour le KCE, le rôle des intervenants à domicile est bien primordial. Il encourage la généralisation des projets pilotes issus des Services de Santé Mentale, dont l’efficacité tiendrait principalement à la possibilité pour les soignants de se déplacer au domicile du patient. Le rapport du Centre d’expertise plaide aussi pour le renforcement des équipes mobiles psychiatriques en action depuis la réforme Psy 107, notamment en favorisant la collaboration avec la troisième ligne de soins.

Si les interventions à domicile doivent être soutenues, elles doivent aussi l’être en maison de repos et de soins (MRS) selon le KCE. Il s’agirait alors de recourir à des unités de soin spécialisées avec un traitement personnalisé.

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Changer le regard de la société

Dans son rapport, le KCE termine en rappelant l’importance de l’inclusion des personnes atteintes de troubles psychiques dans la société. Pour les personnes âgées particulièrement, cette dimension serait importante afin d’éviter un sentiment d’inutilité qui peut mener à la dépression. En effet, si des projets existent déjà pour les adultes comme le ClubHouse Brussels, qui tente d’intégrer les personnes par le travail, ils ne sont pas nécessairement adaptés à une population âgée.

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