Cécile Jodogne répond aux médecins

Cécile Jodogne répond aux médecins

La ministre bruxelloise de la Santé, Cécile Jodogne, a souhaité apporter son soutien aux médecins généralistes qui l’ont interpellée quant aux carences du système de soins de santé mentale dans un Livre noir sur la santé mentale. Publié par la Fédération des associations de médecins généralistes, le livre dénonce les le système de soins de première ligne.

Au début du mois de mars, la Fédération des associations de médecins généralistes (FAMGB) publiait un Livre noir sur la santé mentale dans le but d’interpeller les politiques et la société civile quant aux difficultés pour les acteurs de première ligne à faire face aux problèmes de santé mentale. La FAMGB dénonçait ainsi les lacunes et le sous-financement du système de soins de première ligne et proposait des pistes d’action pour une meilleure prise en charge en matière de santé mentale. La réforme Psy 107, qui vise à désinstitutionnaliser les soins en santé mentale, ne fait ainsi pas consensus auprès de tous les acteurs. Cécile Jodogne, ministre bruxelloise de la Santé, a tenu à exprimer son soutien aux médecins généralistes qui font face aux difficultés de leurs patients.

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Le terme “santé mentale” fait parfois peur. Pourtant, il nous concerne toutes et tous, que nous ayons une “bonne” santé mentale, que l’on s’efforcera de conserver, ou une “mauvaise” santé mentale, que l’on tentera d’améliorer. Trouver un interlocuteur de confiance pour en parler n’est pas chose aisée. De plus en plus de citoyens se tournent vers leur médecin généraliste : suffisamment proche pour bien nous connaître, suffisamment extérieur pour voir les choses avec une certaine distance.

L’appel des médecins généralistes

Récemment, la Fédération des associations de médecins généralistes (la FAMGB) a tiré la sonnette d’alarme en publiant un Livre noir de la santé mentale à Bruxelles. Elle y fait le constat suivant : les médecins généralistes sont de plus en plus sollicités par leurs patients pour des questions de santé mentale. Or, ils ne sont pas des spécialistes de ces questions et se sentent souvent démunis pour répondre adéquatement aux demandes qui leur sont adressées : manque de formation sur le sujet, méconnaissance des acteurs et structures vers lesquels orienter les patients, contacts difficiles avec les hôpitaux ou les services ambulatoires, files d’attente interminables …

Je suis particulièrement sensible à cet appel. Comme acteur de première ligne, le médecin généraliste est forcément le destinataire de nombreuses demandes somatiques et psychiques. Il entretient avec ses patients une relation de confiance qui en fait un interlocuteur privilégié. Il doit être pleinement reconnu et soutenu dans ce rôle, et ne peut bien entendu pas tout endosser à lui seul.

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La santé mentale à Bruxelles

État dépressif, angoisse, mal-être psychologique léger et passager : tout cela fait partie de la santé mentale, à côté de troubles plus graves comme les états psychotiques. D’après l’enquête nationale de santé de 2013, 4 personnes sur 10 présentent des difficultés psychologiques et 1 jeune sur 4 fait état d’un mal-être psychologique léger. La consommation excessive d’alcool ou d’autres drogues constitue également un problème de santé, physique et mentale. Nous sommes donc tous concernés, directement ou via des personnes de notre entourage.

A Bruxelles aussi ces problèmes sont importants et les conditions de vie d’une partie des Bruxellois sont des facteurs aggravants : personnes en situation de précarité, personnes exilées rencontrant des trajectoires complexes, conditions de travail pénibles menant notamment à du burn-out, problèmes de logement, d’isolement social, etc.

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L’action du Gouvernement francophone bruxellois

Face à ces différentes formes de souffrance, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités.

Le Gouvernement francophone bruxellois investit plus de 40% de son budget santé dans ce domaine (soit 45,5 millions d’euros). 22 services de santé mentale répartis sur le territoire de la Région bruxelloise sont agréés et financés. Le Gouvernement soutient également des projets locaux, qui interviennent directement dans le milieu de vie des habitants, au sein même de leurs quartiers, afin d’améliorer le bien-être psychologique. C’est ce que l’on appelle la santé communautaire. Il finance également des lignes d’écoute dans l’anonymat comme Télé-Accueil et le Centre de prévention du suicide.

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Des progrès restent à faire

De nombreux services et projets sont soutenus et montrent leur efficacité. Néanmoins, les rapports et les collaborations entre les différents acteurs concernés par la santé mentale doivent évoluer, se développer, se renforcer. Ces acteurs doivent être davantage en lien, se parler, se connaître et travailler ensemble.

Les réseaux de santé agréés pour trois ans par le Gouvernement visent précisément à rassembler des professionnels issus d’institutions et de disciplines différentes pour trouver ensemble des manières plus efficaces et innovantes de prendre en charge des demandes de patients de plus en plus complexes. Cela implique de reconnaître chacun dans ses spécificités et dans son rôle particulier.

La médecine générale fait partie de ces réseaux, surtout à travers la présence des Maisons médicales. Les associations de médecins généralistes commencent à s’y intégrer mais des progrès restent à faire.

J’y serai particulièrement attentive dans les semaines et les mois qui viennent. Je plaide pour que le dialogue entre la santé mentale et la médecine générale s’intensifie, chaque secteur ayant incontestablement des choses à apporter à l’autre. Les différentes autorités compétentes doivent également pouvoir s’approprier les recommandations formulées dans le Livre noir et répondre de manière concertée à celles qui font consensus. Car la santé de la population, que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit comme “un état de complet bien-être physique, mental et social”, est aussi de notre responsabilité !

Cécile JODOGNE,

Ministre de la Santé du Gouvernement francophone bruxellois.



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