Les psychiatres défendent les soins à l'hôpital

Les psychiatres défendent les soins à l'hôpital

Afin de défendre les hôpitaux psychiatriques, mais aussi échanger sur les bonnes pratiques de soin, des psychiatres belges et français ont signé une charte mercredi 1er mars. Il s’agit de faire valoir leurs revendications en termes de personnel, mais aussi de faire le point sur la réforme des soins de santé mentale pour les hôpitaux belges.

La réforme des soins de santé mentale, Psy 107, semble être un succès depuis sa mise en place en 2010. Pourtant, la désinstitutionnalisation des soins, qui prévoit notamment la suppression de lits en établissements psychiatriques, ne convainc pas tous les acteurs. La prise en charge en matière de santé mentale dans les soins de première ligne pose aussi question, les médecins généralistes étant parfois démunis face à la demande, comme en témoigne la publication d’un Livre Noir de la santé mentale par la Fédération des Associations de Médecins Généralistes (FAMGB). Pour défendre leurs hôpitaux psychiatriques et dénoncer le manque de personnel, des psychiatres belges et français ont donc signé une charte mercredi 21 mars. Celle-ci prévoit aussi un échange de bonnes pratiques entre les psychiatres des deux pays.

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Défendre les hôpitaux psychiatriques

Au travers de la charte qu’ils ont signé le 21 mars, les psychiatres belges et français entendent défendre l’existence des hôpitaux psychiatriques. En effet, avec la réforme Psy 107, les soins sont déplacés en partie vers l’ambulatoire afin de limiter le nombre d’hospitalisations. Un certain nombre de lits risquent donc d’être supprimés dans les hôpitaux. Face à cette situation, les chefs de service des établissements psychiatriques bruxellois ont donc tiré la sonnette d’alarme. Le risque est en effet de voir des patients dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres renvoyés vers le domicile, ou encore de risquer une prise en charge inadéquate ou stigmatisante dans des services somatiques. Certains patients peuvent aussi s’orienter vers les "maisons pirates", qui ne disposent généralement pas d’un personnel suffisamment formé ou de moyens suffisants pour les prendre en charge.

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Un manque de personnel

Les médecins psychiatres dénoncent aussi un manque de personnel dans les hôpitaux psychiatriques. Que ce soit dans les équipes mobiles ou dans les centres hospitaliers, les hôpitaux manquent d’effectifs pour gérer des patients nombreux et parfois difficiles. En effet, les prestataires de soins de santé se raréfient et le secteur pourrait éprouver d’importantes difficultés avec le départ à la retraite de la génération des "baby-boomers".

Dans le cas des hôpitaux psychiatriques, la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, a pourtant promis une augmentation du nombre de soignants. Le cabinet de la ministre a ainsi confirmé à la Dernière Heure qu’elle souhaitait doubler les effectifs au sein des équipes mobiles avec la création de près de 500 équivalents temps-plein. L’accroissement des effectifs se fait pourtant toujours attendre, ainsi que certaines fonctions de la réforme, qui dépendent des communautés ou des régions.

Psy 107, la réforme des soins de santé mentale

Mise en place en 2010, la réforme des soins de santé mentale ou "Psy 107" vise à désinstitutionnaliser les soins de santé mentale. Elle met ainsi en place une politique de soins intégrés en se reposant sur divers acteurs, dont les équipes mobiles qui tiennent une place prépondérante. En effet, celles-ci gèrent les états de crise et le suivi des maladies psychiatriques chroniques pour des patients de plus en plus traités à domicile. L’un des objectifs de cette réforme est aussi de réinsérer les patients dans la société afin d’éviter leur stigmatisation. En 2014 puis en 2017, la réforme a été évaluée par le SPF Santé publique et a fourni des résultats encourageants.

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La rédaction



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