La griotte du mois : "Si vous le pouvez, restez chez vous !"

La griotte du mois:

Au menu de la griotte de ce mois : de la bêtise humaine, un bonsoir avec 4 r et un attentat musical.

Cette semaine, alors que le monde entier découvre qu’il suffit de traîner en jogging devant la télévision pour être un héros des temps modernes, je me suis penché sur les raisons qui poussent certaines personnes à continuer de se rassembler dans les lieux publics…

Premièrement, le déni. Un concept dans l’air du temps. Le déni des drames sociaux, du changement climatique ou de l’accent subtil de François de Brigode. Cette capacité à occulter la réalité pour s’en imaginer une plus belle, qui nous arrange mieux ou qui ne nous met pas la pression mais qui nous fait sentir léger comme un papillon dans le vent. Faire fi de la crise que l’on vit… Le rêve, quoi ! D’ailleurs, je vous le confesse, si cela n’impactait que ma petite personne, le déni serait mon mécanisme d’adaptation préféré… Malheureusement pour moi, je ne suis pas seul sur terre.

Bref, les stratégies d’évitement ou de déni, ça fonctionne quelques heures, mais à l’instant même où votre journaliste préféré vous annonce les titres du journal après vous avoir dit bonsoir avec 4 r, le masque tombe. Le malaise s’installe, la dissonance cognitive s’accroît et finalement, on s’ajuste à la réalité en dévalisant les grandes surfaces et en se barricadant chez soi. Donc, si ce n’est pas le déni, il ne reste pas beaucoup d’autres explications…

J’y ai réfléchi et spontanément, telle une pomme sur la tête à Newton, la fulgurance s’offrit à moi : et si c’était de la bêtise ? Et si les gens étaient profondément cons ? Vous me direz, il n’y a pas de honte à être stupide et, fondamentalement, on est tous le con de quelqu’un. Et j’en conviens, dans mon quotidien, je ne suis pas le dernier à dire des conneries. Mais généralement quand c’est le cas, mon entourage à la témérité de m’en informer. Ensuite, je le traite d’imbécile et je me mets en colère. Puis, je prends du recul, je ne m’excuse pas parce que je suis une tête de nœud, mais je comprends mon erreur et à la fin de la journée, j’ai rectifié le tir.

Donc, j’en appelle à ceux qui n’ont toujours pas pigé pourquoi se réunir dans les endroits publics est aussi criminel que le dernier album de Florent Pagny. À l’heure actuelle, vous mettez la vie des autres en danger. Le covid-19 se propage rapidement et même si vous avez le sentiment de ne pas en être atteint, vous vous transformez en incubateur géant. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour les autres.

En conclusion, on peut continuer à pérorer pendant des heures. J’ai tendance à croire que la psycho-éducation porte souvent ses fruits et qu’il est important de comprendre les choses de la vie pour les accepter. En ces temps obscurs, soyez courageux, solidaire et surtout, s’il n’est pas nécessaire de sortir, soyez un héros, restez chez vous !

M.

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