Le bulletin social : et soudain, d’un air anodin…

Le bulletin social : et soudain, d'un air anodin...

Un bulletin social particulier en l’honneur des 50 000 soutiens à la politique de Théo Francken, notre dévoué secrétaire d’état à la migration et à l’asile.

« Rêver, c’est déjà ça… » A. Souchon (1993)

Alors que la Belgique entière se bagarre pour avoir la fève ou la plus grosse part de la galette, j’ai profité d’un moment d’accalmie dans le brouillard de mon quotidien pour m’évader dans le marasme des abonnés de mon flux twitter. Tout allait merveilleusement bien, j’en arrivais presque à sourire platement face au cynisme de certaines personnes qui me renvoient qu’en fait, je suis loin d’être le dernier des optimistes, jusqu’à tomber cruellement sur un tweet quasi anodin…

Plus de 50 000. C’est le nombre de personnes que l’on peut entasser dans le stade Roi Baudouin. Vous me direz qu’en soi, en dehors d’une information assez marginale à placer dans vos cocktails mondains, vous ne voyez pas très bien où est le problème. Je vous dirais que c’est également le nombre de citoyens qui ont signé une pétition de soutien à notre secrétaire d’état à la migration et à l’asile. Jusqu’ici, vous vous direz, il a été élu, puis un stade de football, c’est grand, mais 50 000 personnes, finalement, c’est peu…

C’est peu et en même temps, cette information a fait le tour de mes pensées, parce que, dans ma réalité, il n’y a que Johnny et les Diables Rouges qui sont censés remplir un stade. Alors, j’ai cherché des comparaisons. Par exemple, si l’on reprend une autre pétition qui elle, milite pour la démission de notre bon vieux Théo semi-national, on dépasse à peine les 30 000 signataires…

Je vous avoue qu’en qualité d’acteur de terrain, mais avant tout d’être humain, je ne sais pas très bien que faire avec ces informations. Vous allez me dire, encore une chronique où l’on va dézinguer les positions politiques de notre secrétaire d’état à l’asile et globalement de notre gouvernement ? J’aurais tendance à dire oui, parce que, visiblement, le message a du mal à passer. 50 000 personnes… 30 000 citoyens…

On pourrait de prime abord sombrer dans la panique et se dire que toute cette mascarade s’est déjà jouée tristement en 1933… Je vous avoue que l’envie de quitter le navire et de fuir loin de ce monde où il est plus facile de soutenir de vilaines personnes plutôt que de résister contre l’inacceptable, m’a rapidement traversé l’esprit. Puis, vient le temps de la mentalisation et l’intellectualisation. Les gens ont peur, ils ne se sentent pas concernés ou sont trop alcoolisés pour comprendre ce qui se trame. Cela vaut ce que ça vaut, mais c’est déjà une piste de réponse qui me permet de ne pas m’enfuir dans le monde fantastique de Narnia.

Puis, il y a un autre souci. L’être humain en moi est révolté par la politique menée impunément par notre gouvernement alors que le professionnel de la santé mentale se dit qu’il ne devrait pas exprimer son opinion. Il y a alors cette petite voix interne qui me renvoie tout bas que ne pas condamner, ne pas partager, ne pas se poser de questions en somme, c’est cautionner…

Bref, amis, collègues, confrères de tous horizons, peu importe l’endroit où l’on travaille, que l’on soit salarié, indépendant, stagiaire, étudiant ou autre. Peu importe nos convictions, nos obédiences, il y a un principe qui nous rejoint globalement tous : la relation d’aide. Or, de par ses agissements et ses attitudes, la politique menée par notre secrétaire d’état à la migration et à l’asile tend à saborder ce lien ténu et fragile qui est au cœur de nos pratiques : notre humanité.

Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes, à l’heure actuelle, ce sont les droits élémentaires aux demandeurs d’asiles que l’on bafoue. Demain, il s’agira peut-être des plus démunis. Il se pourrait même qu’après-demain on se retrouve à s’en prendre de manière unilatérale au secteur non-marchand. Et qui sait à ce rythme où nous nous retrouverons dans cinq ans, alors qu’il aurait suffi simplement de se lever et de ne plus se taire.

En conclusion, vous allez me dire que je dramatise et j’espère réellement un jour vous renvoyer que vous aviez raison. Entre le silence macabre et le bruit de casserole inutile, je vous dirai que j’ai fait mon choix. Et pour tous ceux qui me renverront que pour le coup, on ne rigole vraiment pas dans ce bulletin social, j’ai envie de dire que pour le coup, je vous délègue cette tâche, avec le sentiment que la mission vous revient en partie pour qu’un jour, on puisse singulièrement en rire.

T. Persons

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