Bruxelles aura-t-elle sa « salle de shoot » en 2019 ?

Bruxelles aura-t-elle sa ''salle de shoot» en 2019 ?

Après Liège, plusieurs villes souhaitent se lancer dans l’installation des "salle de shoot" sur leur territoire. La ville de Bruxelles en fait partie. Ce mardi, le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, se dit favorable à l’ouverture d’une SCMR après les élections de 2019, s’il se retrouve toujours bourgmestre.

Depuis déjà plusieurs années, l’installation de salles de consommation à moindres risques (SCMR) pour les personnes toxicomanes, fait débat en Belgique. Les avis sont partagés : le Fédéral a annoncé qu’il ne prévoyait pas de changer la loi interdisant ce type de structure, mais le secteur associatif, ainsi que de nombreuses personnalités politiques, se sont montrés favorables à une nouvelle politique de santé publique de réduction des risques. A Liège, le bourgmestre Willy Demeyer a prévu l’ouverture d’une SCMR pour septembre. Charleroi et Bruxelles envisagent aussi ce type de structure depuis quelques temps. Récemment, dans une interview accordée à la RTBF, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, s’est prononcé favorable à l’ouverture d’une « salle de shoot » dans sa commune après les élections de 2019, s’il reste encore au pouvoir.

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Limiter au maximum les risques sanitaires

Comme Liège ou Charleroi, Bruxelles n’échappe malheureusement pas à la consommation de drogue en rue, dans des conditions sanitaires souvent épouvantables. Pour le bourgmestre Philippe Close, il est grand temps de "sortir du schéma uniquement répressif et privilégier une approche sociale et sanitaire", déclare-t-il à la RTBF. Selon lui, la présence du personnel infirmier dans ces structures permettra de limiter au maximum les risques sanitaires comme les risques d’overdose ou la contamination notamment par le virus de l’Hépatite C.

Le bourgmestre bruxellois a également souligné que depuis plusieurs semaines, il reçoit de nombreuses plaintes de la part des habitants du quartier de l’Alhambra. De plus, plusieurs images montrant une consommation de drogues en rue à Bruxelles ont été publiées sur les réseaux sociaux. Ainsi, la création d’une SCMR à Bruxelles sera aussi une réponse à ces plaintes.

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Il est temps d’ouvrir une SCMR à Bruxelles

"Liège va poser un acte courageux, nous devons faire la même chose" affirme P. Close à la RTBF. De même, il promet que, s’il reste au pouvoir après les élections de 2019, Bruxelles aura sa propre salle de consommation à moindres risques, probablement dans le quartier Nord.

Vu que la loi de 1921 qui interdit de faciliter l’usage de drogues est toujours en vigueur, l’ouverture d’une telle salle à Liège comme à Bruxelles peut poser certains problèmes. Pour Philippe Close, la loi doit être respectée, mais la sécurité publique et la salubrité doivent aussi être assurées. "Aujourd’hui, je dois choisir et je pense qu’il est temps, avec les associations de terrain et notre réseau d’hôpitaux universitaires, d’ouvrir une salle de consommation à Bruxelles", cite la RTBF.

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Pourquoi une SCMR ?

Pour rappel, les SCMR, appelées parfois plus crûment "salle de shoot", sont des infrastructures qui permettent aux usagers de drogue les plus marginalisés de consommer leurs propres produits dans un cadre sain : matériel stérile et présence de professionnels de la santé (psychologues, infirmiers, assistants sociaux...) et qui leur offrent un accompagnement. Les SCMR réduisent aussi les problèmes de nuisances publiques, comme la consommation visible.

On compte aujourd’hui une petite centaine d’infrastructures dans divers pays comme : les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg, l’Allemagne, la France, mais aussi au Canada et en Australie. Leur bilan est largement positif, tant pour les utilisateurs de drogues que pour la population. En Belgique, le débat est toujours vif, mais Liège devrait normalement ouvrir la première SCMR le mois prochain.

La rédaction



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