Arnaud raconte son quotidien d’assistant social

Arnaud raconte son quotidien d'assistant social

De l’accueil des personnes aux tâches administratives jusqu’à l’aide au logement, Arnaud nous livre les difficultés et les joies de son métier en tant qu’assistant social dans une maison d’accueil de l’ASBL L’ilôt.

Assistant social depuis 13 ans, Arnaud travaille dans une maison d’accueil pour hommes seuls de l’ASBL L’ilôt. Les personnes qu’il accompagne sont souvent démunies. N’ayant plus de logement ni de revenu, elles font parfois face à des formes d’addiction. Le rôle du travailleur social est alors de les accueillir et de les aider à sortir de la rue mais ce n’est pas tous les jours évident.

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“Tout va lentement”

Avant l’aide au logement et au projet de vie, la mission principale d’Arnaud est la remise en ordre des documents administratifs mais ce n’est pas une mince affaire. Cela exige patience et empathie. En effet, en raison de la saturation des services, les démarches prennent du temps : “La difficulté que je rencontre, c’est que tout va lentement. Tous les services sont surchargés, donc il y a du retard partout et beaucoup de dossiers en stand-by. Je suis toujours en attente que quelque chose se débloque. Il faut être patient, devoir gérer la frustration des usagers et la mienne”, confie l’assistant social.

Par exemple, quand une personne ne dispose plus de revenu et qu’elle a perdu sa carte d’identité, Arnaud explique qu’il doit “d’abord aller à la police faire une attestation de perte, puis l’envoyer à la commune s’inscrire, ce qui prend déjà 6 semaines à 2 mois. Ensuite, il faut introduire une demande au CPAS pour qu’il puisse avoir un revenu. Les choses s’allongent de deux semaines.” Quant aux logements sociaux, les procédures peuvent prendre des années.

La gestion de la solitude

Trouver un logement pour un bénéficiaire représente une victoire pour les travailleurs sociaux mais tout n’est pas gagné. Une fois l’habitat trouvé, la plus grande difficulté demeure la solitude : “Il ne faut pas oublier que ce sont des gens qui ont souvent été abandonnés dès la naissance. Ces personnes trouvent une certaine stabilité dans la maison d’accueil parce que le fait de vivre en groupe a un effet thérapeutique mais une fois qu’ils retrouvent un logement autonome, ils ont du mal psychologiquement à vivre seul”, déclare le travailleur. Ainsi, ne supportant pas l’isolement, certaines personnes vont jusqu’à ne pas payer leur loyer volontairement pour retourner en centre d’accueil.

La dépendance à l’alcool ou à la drogue et les problèmes psychiatriques sont fréquents chez les hommes qui arrivent dans la maison d’accueil. Or c’est un aspect à considérer car il peut avoir un impact dans l’aide au logement de la personne. “J’ai vu des hommes qui durant tout le séjour chez nous ont arrêté de boire et quand ils se sont retrouvés dans un logement tout seul, ils ont repris la boisson le jour même. Pour s’inscrire durablement dans un logement, il faut traiter les pathologies qui sont conduites à la rue”, explique Arnaud.

Certaines associations possèdent un service d’accompagnement post-hébergement bien que limité à cause du nombre restreint de dossiers possibles. Il se résume à 2 ou 3 heures par semaine et correspond plus souvent à une assistance administrative que psychologique.

“C’est comme si c’était un grand ménage”

Malgré les charges administratives et les tracas du quotidien comme les coups de colère d’un usager, Arnaud accomplit son travail avec passion : “Je n’ai pas du tout la prétention de penser que je vais sauver le monde mais ça n’enlève rien au fait que j’adore ce que je fais. Si, de par ma présence, ils passent un bon moment, je suis content. A la manière dont ils disent au revoir, tu sais si tu as fait du bon boulot et c’est satisfaisant.” Pour l’assistant social, les personnes qu’il accueille représentent un peu sa famille : “Quand on me demande si j’ai des enfants, je réponds, oui j’en ai 22. J’ai des gens de 20 à 60 ans. C’est comme si c’était un grand ménage.”

Toutefois, s’il y a une chose qu’Arnaud aimerait améliorer, ce serait les conditions de travail et le nombre de travailleurs : “On est en sous-effectif. Il y a dix ans, le matin, on avait un directeur, deux assistantes sociales, un éducateur et deux bénévoles. Ça fait 6 personnes. Aujourd’hui, si on est à deux à 9h du matin, j’ai de la chance.”

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Commentaires - 2 messages
  • Un stage d étudiante As m intéresse de faire chez vous parce que le projet est intéressant et que j ai des idées pour que la déprime ne s installé pas chez ceux qui partent et se retrouvent seuls.De plus ma formation de psychomotricité ne me permettrait de prendre. Un peu plus de temps pour soutenir les souffrances psychiques en dehors de mon stage d as.Stage à faire en avril mai juin avec plaisir.Est ce possible?Tibesar Patricia étudiante Cpse Cesi .patsysabelle@gmail .com

    Oiseaupat mercredi 25 novembre 2020 22:37
  • bon courage et bon travail ARNAUD.le travail social qui envisage les personnes sans soutien est une action sociale concrète a dimension purement humaine.votre collègue tunisien Abdelghani

    Abdelghani jeudi 26 novembre 2020 16:26

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