Coûts énergétiques : les structures d’accueil de la petite enfance en détresse

28/03/22
Coûts énergétiques : les structures d'accueil de la petite enfance en détresse

L’augmentation des coûts énergétiques a un impact non négligeable sur les structures d’accueil de la petite enfance. André Antoine, député, met en alerte la Fédération Wallonie-Bruxelles des frais qui menacent directement la viabilité financière de certaines structures, surtout lorsqu’elles ne sont pas subventionnées par l’ONE.

Les structures d’accueil de la petite enfance sont actuellement en proie à la hausse importante des coûts énergétiques. Ce 15 mars 2022, un débat a eu lieu au Parlement de la Communauté Française pour mettre en évidence, les aides mises à disposition des structures concernées.

Un réel impact des couts énergétiques

Aux vues de l’augmentation des coûts en électricité, coûtant 72,8% de plus que l’année précédente, et du gaz naturel, qui lui est vingt fois plus élevé que l’année passée soit une hausse à 138,3 euros, André Antoine affirme que les structures d’accueil de la petite enfance sont en voie de détresse. Et cela pourrait représenter une charge financière par les organismes qui les subventionnent. Notamment pour l’ONE, principal acteur des subventions fournies à la plupart des structures d’accueil d’enfants en Belgique.

Il estime par ailleurs, que certaines des denrées alimentaires utilisées dans les structures d’accueil connaissent, elles aussi, une envolée tarifaire en raison de l’évolution de coût énergétiques. Par ce message alarmant, il demande à Bénédicte Linard, ministre de l’Enfance, quelles sont les solutions mises en place pour prévenir ces structures d’une telle catastrophe.

"Je connais les chiffres d’inflation des coûts énergétiques, même si je peux me réjouir que, pour certains d’entre eux, une amorce de descente ait été initiée. Monsieur le Député, je partage votre préoccupation quant à la charge financière que cela représente pour les structures d’accueil de la petite enfance ", a déclaré la politique. Une amorce qui s’initie par une demande aux opérateurs associatifs subventionnés de l’accueil à la petite enfance, mais également dans d’autres secteurs de l’enfance. L’idée est de permettre aux structures accueillants la petite enfance, de pouvoir adhérer à un marché public de fournitures de gaz et d’électricité et ce, passant par la cellule "Energie" du ministère.

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Un marché collectif en préparation

Un système qui propose à ces structures, victimes aujourd’hui du surenchérissement des prix énergétiques, de pouvoir renouveler l’électricité, à hauteur de 100 %, sans qu’il n’y ait une influence significative sur son prix d’acquisition. L’accès à ce nouveau marché dit collectif, ne sera destiné qu’à couvrir la période de 2023 à 2026. Une action similaire ayant eu lieu par le passé, a permis de répondre favorablement aux besoins des administrations du ministère, des organismes d’intérêt public (OIP), des implantations scolaires et des structures relevant du patrimoine de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui avaient manifesté le souhait d’y adhérer.

Un ajustement budgétaire à l’appel

Le marché collectif ne prendra lieu qu’en 2023, laissant cours à des dépenses de fonctionnement et de personnel en hausse. On retiendra également, des structures d’accueil qui ont connu de fortes perturbations dues à la crise sanitaire passée. Avec le retrait de plusieurs enfants durant plusieurs jours et parfois à répétition.

C’est dans cette démarche qu’André Antoine a invité le ministre Frédéric Daerden, à procéder à un ajustement budgétaire au plus vite. Car d’après le député, si une demande d’augmenter la participation financière des parents (PFP) est introduite, cela susciterait le courroux des parents qui risqueraient de retirer leur enfant des structures d’accueil concernées.

Mais cet ajustement ne pourrait intervenir qu’à la fin de l’année, d’après le ministre Daerden. Cela signifie donc que si l’explosion des coûts énergétiques se poursuit et s’amplifie, les structures d’accueil de la petite enfance se retrouveront dans des situations déficitaires intenables. André Antoine invite donc Bénédicte Linard, à s’entretenir avec le ministre Daerden, pour au moins, reporter un "potentiel" ajustement budgétaire, à l’automne.

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Les structures non subventionnées en péril

Si ce futur plan d’aide permet aux structures subventionnées de souffler un peu, celles qui ne le sont pas se livrent à des coûts très importants, et menacent directement la viabilité financière de celles-ci. Il est à rappeler qu’en Wallonie, 66 % d’entre elles ne sont pas subventionnés par l’ONE. Principale crainte du député, qui tient à le rappeler que : les accueillantes d’enfants sont les principales victimes de l’inflation des coûts énergétiques.

Une inquiétude que semble partager la vice-présidente en précisant que : “ Ces structures bénéficient d’un peu plus de latitude dans l’ajustement de la PFP, il est important de les informer que les initiatives concernant l’énergie se multiplient et qu’un nombre grandissant de pouvoirs locaux offrent désormais des possibilités similaires d’adhésion à des centrales d’achat énergétique. Celles-ci permettent, autant que faire se peut, de se mettre à l’abri de la volatilité actuelle du marché de l’énergie “.

Même si l’attention de Bénédicte Linard se tournent plus sur la situation des accueillantes conventionnées, une demande à l’ONE a été introduite pour analyser l’impact réel de la situation actuellement vécue par les accueillantes, et permettre ainsi de travailler à des solutions possibles pour y faire face.

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Lucas Hurbin

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