Précarité sociale : comment soutenir les parents ?

25/11/20
Précarité sociale: comment soutenir les parents ?

Quel soutien apporter aux parents en situation de précarité en tant que professionnel ? Quelle position adopter devant un public fragilisé ? Comment l’Etat peut-il aider les intervenants ? Voilà ce qu’a tenté de répondre Gérard Neyrand, docteur en sociologie.

En tant que professionnel, l’accompagnement d’un parent en situation de précarité n’est pas chose facile. Gérard Neyrand, sociologue, a dégagé quelques pistes dans une vidéo du site Yapaka. Il insiste notamment sur l’importance de la dimension relationnelle dans l’accueil de la personne et de l’approche empathique à construire et explique les mesures politiques à mettre en place.

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Un soutien multidimensionnel

Une personne en situation de précarité fait face à des difficultés financières mais aussi souvent à l’isolement, à l’exclusion sociale et à des problèmes psychologiques. Pour répondre aux besoins de l’usager, l’accompagnement doit tenir compte de toutes ces formes de précarité (économique, sociale et psychologique).

Au-delà de l’assistance financière, Gérard Neyrand encourage les professionnels à créer une relation personnalisée avec le parent car la dimension de l’écoute est fondamentale. D’après une expérience d’une psychanalyste qui recevait des mères seules précarisées, le docteur en sociologie explique dans une vidéo du site Yapaka qu’“on s’est rendu compte à quel point cette écoute particulière avait permis à ces femmes d’élaborer la compréhension de leur situation” et par la suite, de se reconstruire. Ainsi, il préconise un soutien multidimensionnel centré sur le relationnel.

Une position à construire

Face à un public vulnérable, il n’est pas toujours facile de savoir quelle position adopter. Selon le sociologue, il faut à tout prix éviter la dévalorisation et la stigmatisation de la personne. Cela passe par l’empathie et l’écoute sans tomber dans une approche de compassion qui pourrait freiner l’évolution des parents. Le docteur souligne que cette position ne se créé pas spontanément mais qu’elle est à travailler et à construire. Enfin, il rappelle dans la vidéo que “le parent reste au centre des solutions à apporter aux difficultés. C’est lui le principal concerné, c’est lui qui va disposer des ressources pour répondre à ses difficultés, mais il pourra prendre appui sur le professionnel ou l’intervenant.”

Former les intervenants

Aujourd’hui, l’Etat apporte surtout une aide financière au secteur et laisse la liberté aux intervenants de décider de la méthode d’accompagnement. Selon le sociologue, c’est une solution de facilité car ils ne sont pas tous formés à écouter une personne en situation de précarité qui peut se montrer parfois perdu, dépressif ou colérique. Pour Gérard Neyrand, l’Etat et les institutions doivent mettre en œuvre des formations pour les professionnels. Cependant, “l’Etat est quand même un Etat néolibéral. Il ne débloque pas forcément tous les moyens nécessaires pour que la politique sociale soit mise en œuvre. Les solutions existent mais les moyens pour les mettre en place restent largement insuffisants”, remarque le docteur.

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