CPAS : les travailleurs ne sont pas assez pour gérer tous les dossiers

CPAS: les travailleurs ne sont pas assez pour gérer tous les dossiers

En commission du logement et des pouvoirs locaux du parlement wallon, Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS wallons, a tiré la sonnette d’alarme ! Situation budgétaire catastrophique, surcharge de travail alarmante, sous-effectif handicapant : à l’heure actuelle, les CPAS peinent à assurer correctement leurs nombreuses missions. Face à ce constat implacable, Alain Vaessen réclame des gestes forts de la part des différents niveaux de pouvoir !

Finances malmenées par les réformes du Fédéral. Ressources trop maigres. Manque de reconnaissance. Accroissement brutal du nombre de bénéficiaires. Et que dire également du manque flagrant de personnel ? Actuellement, les travailleurs sociaux des CPAS ne sont, en effet, pas assez nombreux pour faire face à l’explosion des dossiers. Face à cette surcharge de travail, ils peinent de plus en plus à assurer de manière efficace leurs multiples missions. Et, c’est aussi frustrant que décourageant !

Face à ce constat amer, les fédérations des CPAS des trois associations de villes et communes du pays avait interpellé les futurs élus à la veille du scrutin du 26 mai prochain. Leur message était aussi clair que limpide : il était grand temps que les CPAS du Royaume obtienne un réel soutien financier mais également de la reconnaissance. Une question de survie ! Ni plus ni moins. Aujourd’hui, alors que plusieurs gouvernements se sont formés suite aux élections, force est de constater que la situation ne s’est clairement pas améliorée. Alain Vaessen, directeur général de la Fédération des CPAS wallons, a donc décidé d’enfoncer le clou ! En commission du logement et des pouvoirs locaux du parlement wallon, le 7 janvier dernier, il a invité les élus à prendre enfin leurs responsabilités.

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Deux chiffres glaçants

La situation dépeinte par Alain Vaessen est loin d’être idyllique. Il a ainsi pointé une série de difficultés qui frappent actuellement les CPAS. Premier souci et non des moindres : les CPAS sont dans une situation budgétaire globale qui est délicate. «  Cela renvoie, bien évidemment, à la situation de précarisation que nous connaissons, toute une série de nouveaux publics que nous accueillons, les étudiants, les travailleurs pauvres, évidemment aussi certaines réformes du Fédéral, au premier rang desquelles d’ailleurs, celles qui touchent aux allocations de chômage, au contrôle des disponibilités et qui rejaillissent quelque part sur nous par triste effet de répercussion », a-t-il déploré.

Une situation qui se reflète avec force dans deux chiffres dévoilés par le directeur général de la Fédération des CPAS wallons. Premier élément : l’évolution du nombre de personnes qui bénéficient du revenu d’intégration ou de l’équivalent du revenu d’intégration. En 2000, il y en avait 72.452. En 2018 ? 101.230 ! Cela représente une augmentation de plus de 50 % sur les dix dernières années. Second élément : l’évolution de la dotation communale. « Comme vous le savez, les communes compensent en recettes les CPAS pour leurs besoins. Là aussi, quand on voit l’évolution des dotations communales, elles sont passées de 360 millions d’euros en 2009 à 500 millions d’euros en 2019. » Bien que la plupart des leviers d’assainissement financier et budgétaire pour les CPAS relèvent du Fédéral, la région wallonne a également la possibilité d’offrir son soutien.

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Renforcer l’emploi

Selon Alain Vaessen, la Région peut, en effet, intervenir à deux niveaux. La première piste envisagée est de renforcer les moyens budgétaires humains à la fois pour l’insertion sociale ainsi pour l’insertion professionnelle. « Vous savez que c’est un élément qui est important pour nous, puisque si on veut stabiliser la structure », il faut faire en sorte qu’elle ne soit pas un lieu où les personnes viennent échouer, mais un lieu où les personnes viennent rebondir », a-t-il martelé avant de pointer une autre piste financière : « Revoir le financement de l’ensemble des emplois subsidiés en CPAS. Je ne vous cacherai pas la préoccupation que l’on avait sous l’ancien Gouvernement, liée à la réforme APE. Pour nous, toute nouvelle réforme de ce point de vue-là doit absolument être neutre budgétairement pour nos structures, puisque, en termes d’emploi, nous sommes à l’os. »

Et pour cause, la courbe des emplois au sein des CPAS n’a absolument pas suivi celle des dossiers. Ces derniers ne cessent de se multiplier et le nombre de travailleurs sociaux est totalement insuffisant pour y faire face. Le personnel est donc surchargé de travail. Une situation qui les empêche de réaliser sereinement leurs nombreuses missions. Un comble quand on sait l’importance qu’ont actuellement les CPAS dans notre système social.

La balle est donc aujourd’hui dans le camp des élus wallons. Vont-ils répondre au cri de détresse des CPAS ? Vont-ils soutenir financièrement ces structures et ainsi améliorer les conditions de travail du personnel ? Espérons que le SOS lancé par les CPAS trouvera enfin un écho !

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E.V.



Commentaires - 2 messages
  • Et oui, et s'est la même situation dans les CPAS Bruxellois. C'est devenu INFERNAL! Ca l'est aussi bien pour les travailleurs sociaux que pour les travailleurs administratifs du CPAS.

    ttttt jeudi 16 janvier 2020 10:39
  • Bonjour, je veux aider les personnes en situation difficile, leurs apporter quelques soutiens, leurs données de quoi manger et un potage ou un café chaud, vous pouvez m appellera Adam

    Adam 80 mardi 21 janvier 2020 15:25

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