Grande réforme des IPPJ : découvrez tous les changements !

Grande réforme des IPPJ: découvrez tous les changements!

Voici la troisième et dernière partie de notre interview bilan de Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse à la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’homme politique se penche ce lundi sur sa grande réforme des Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse. Il nous dévoile les mesures qui seront bientôt d’application dans nos IPPJ.

[DOSSIER]

- La première partie de l’interview de Madrane sur le nouveau code
- La deuxième partie de l’interview de Madrane sur le refinancement du secteur

Durant cette législature, le ministre s’est lancé dans un projet ambitieux : réformer en profondeur les IPPJ. « Il existe 23 sections différentes au sein de nos 6 IPPJ. Il y a 16 projets éducatifs différents et 9 durées de placement distinctes. Alors oui, c’est bien que chaque établissement ait une autonomie mais elle ne doit pas empêcher le cadre commun », explique Rachid Madrane. « J’ai donc décidé d’harmoniser les projets éducatifs et de les inscrire dans un continuum pédagogique, dans un vrai trajet éducatif individualisé. »

Afin de déterminer les besoins du secteur en charge des jeunes FQI (fait qualifié infraction), Rachid Madrane a commandé, en 2015, une étude à l’Université de Liège. Ensuite, un groupe de travail technique a été mis en place. « Il se penche toujours sur les pistes proposées par l’ULG. Mais, je peux déjà vous annoncer qu’à l’avenir l’intervention des IPPJ sera recentrée sur trois missions », dévoile-t-il.

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Les services diagnostics à la place des sections d’accueil

Premier grand changement pour les IPPJ de la Communauté française : les sections d’accueil, c’est terminé ! Elles vont être remplacées par des services diagnostics, un tout nouveau système. Concrètement, il s’agit de services d’évaluation, d’observation et d’orientation où le jeune sera pris en charge non plus pour 15 jours, comme avant, mais pour un mois. « Le temps que les professionnels évaluent la dangerosité du jeune, le risque de récidive qu’il représente ou encore ses ressources sociales ou familiales », détaille le mandataire PS.

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Quatre services seront en charge de ce diagnostic : trois services de dix places, plus une place d’urgence, pour garçons à l’IPPJ de Saint-Hubert et un service de 8 places pour filles à l’IPPJ de Saint-Servais. Ce dernier est d’ailleurs en expérimentation depuis plusieurs mois.

« Ensuite, nous mettrons en place deux types de services d’éducation », poursuit-il. En gros, si le diagnostic réalisé conclut à la nécessité d’une prise en charge en IPPJ, le jeune va alors intégrer soit un service d’éducation en régime fermé soit en régime ouvert. La durée de la prise en charge sera fixée à 3 mois renouvelables, peu importe le régime. « A la fin de la mesure décidée par le juge, le mineur retournera en famille, avec ou sans suivi d’un service d’accompagnement, ou sera placé en initiation à autonomie avec le suivi d’un service d’accompagnement », pointe-t-il.

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La nouvelle IPPJ, pas avant 2022 !

Troisième changement notable : à l’issue du placement, des missions de suivi du jeune dans son milieu de vie continueront à pouvoir être menées par l’Equipe Mobile d’Accompagnement (EMA). Elle est née de la fusion des anciennes équipes API et SAMIO. « C’est une vraie alternative à l’IPPJ. On veut proposer ces services mobiles à des jeunes qui sont primo-délinquants. Et puis, fini de devoir placer en IPPJ pour seulement obtenir un rapport psycho-social. Il y aura un psychologue dans chaque équipe mobile. »

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« L’instauration de ce continuum pédagogique signifie que les prises en charge en IPPJ sont simplifiées et réorganisées. Le but ? Répondre aux besoins des jeunes et non en fonction des durées de prises en charge fixées a priori », annonce Rachid Madrane. Notons aussi que deux services « time out », appelés « Intermède » débarqueront dans les IPPJ. Un en régime ouvert et l’autre en fermé. Leur mission ? Eviter les ruptures inutiles dans la prise en charge des jeunes.

« Nous allons remembrer toutes les IPPJ dans un horizon de 5 à 7 ans », conclut l’élu politique. Dans ce cadre, la première institution publique de Protection de la Jeunesse de la Région Bruxelloise est attendue du côté de Forest. Annoncée à la base pour 2020, son ouverture est repoussée. Selon le cabinet, elle devrait en effet voir le jour au plus tard en 2022.

E.V.



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