Jeunes incasables : Madrane appelle les ministres à collaborer

Jeunes incasables: Madrane appelle les ministres à collaborer

Suite à l’arrêt de travail mené par le personnel de l’IPPJ de Wautier-Braine, le ministre de l’Aide à la jeunesse Rachid Madrane appelle les différents ministres compétents à collaborer pour offrir aux jeunes dits incasables une prise en charge adéquate.

[DOSSIER]
- "Stop ! Ces deux cas psychiatriques n’ont pas leur place en IPPJ !"
- L’IPPJ de Wauthier-Braine en colère : arrêt de travail de 24 heures !

L’arrêt de travail qui a lieu jeudi, pour 24 heures, à l’IPPJ de Wauthier-Braine remet en lumière la question de la prise en charge de ces jeunes qui présentent des difficultés multiples, à la croisée de la psychiatrie, du handicap et de la protection de la jeunesse, que l’on désigne parfois sous le terme affreux d’ « incasables ».

Trop souvent, alors qu’ils devraient bénéficier de soins adaptés et être hébergés dans une structure spécialisée dans la prise en charge des personnes handicapées ou dans un établissement psychiatrique, ces jeunes se retrouvent en dernier recours en institution publique de protection de la jeunesse. Or, il est évident que, seule, la protection de la jeunesse n’est pas outillée pour prendre ces jeunes en charge de façon adéquate.

C’est ce que le Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Rachid Madrane, a tenu à marquer dans le Code de la prévention, de l’aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse, voté en janvier 2018.

- [A lire] : Aide et protection de la jeunesse : le nouveau code décrypté

Création de structures spécialisées

Le texte stipule clairement que le jeune ne peut être confié à une institution publique s’il souffre d’un handicap mental ou d’un trouble mental. Cette limitation de l’accès est justifiée par l’intérêt du jeune (article 122 alinéa 2). Parallèlement, le Ministre a voulu s’atteler à la création de structures dédiées spécifiquement à ces jeunes.

Vu les compétences concernées, proposition a été faite aux Ministres concernés de la région wallonne et, pour Bruxelles, de la Cocof et de la Cocom, de mettre en commun les efforts et les financements pour mettre sur pied des structures de prises en charge adaptées, afin de permettre l’entrée de ces jeunes dans un véritable circuit de soins, qui garantisse également la sécurité publique lorsque ces jeunes commettent des actes de délinquance.

- [A lire] : Prise en charge renforcée des jeunes "incasables"

Madrane lance un appel

Les sollicitations faites aux Ministres compétents n’ont pas pu aboutir à ce jour. Or la situation actuelle rappelle qu’il est urgent de travailler au niveau politique à mettre sur pied un cadre d’intervention global pour ces jeunes, en articulant les compétences institutionnelles de chaque niveau de pouvoir. Le Ministre Madrane réitère donc son appel à la collaboration pour la prise en charge d’un public qui, à défaut de solutions, se retrouve dans une institution qui ne répond pas à ses besoins.

« Les jeunes qui nécessitent un traitement thérapeutique relèvent des autorités compétentes en matière de santé », rappelle le Ministre Madrane. « Nous ne pouvons pas nous contenter de les renvoyer en IPPJ, qui n’est pas un lieu adéquat pour leur apporter les soins dont ils ont besoin. C’est même une forme de violence institutionnelle que d’y reléguer ces jeunes en souffrance. La réponse aux situations de ces jeunes que personne ne veut prendre en charge car ils présentent des difficultés multiples exige des responsables politiques concernés la poursuite de la construction de collaborations entre services et entre les différents niveaux de pouvoir. Il en va de notre responsabilité à tous. »

- [A lire] : Le nouvel arrêté IPPJ adopté : voici ce qu’il faut en retenir



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus