Les communes soutiennent l'aide familiale

Les communes soutiennent l'aide familiale

Le conseil communal de Seraing a voté lundi 23 avril une motion pour faire reconnaître la pénibilité du métier d’aide familiale. Comme la ville de Dison avant elle, Seraing tente donc de soutenir le secteur face à des inquiétudes de plus en plus vivaces.

C’est le deuxième conseil communal qui s’engage à défendre l’aide familiale auprès du gouvernement fédéral : à Seraing, les élus ont voté à l’unanimité une motion pour la reconnaissance de la pénibilité de la profession. Avant lui, la ville de Dison avait aussi voté une mesure similaire le 16 avril dernier. Les services de l’aide à domicile sont en effet d’autant plus inquiets pour l’avenir de leur secteur depuis la décision de la ministre wallonne de l’Action sociale, Alda Greoli, de lancer une assurance-autonomie. La semaine dernière, ils ont d’ailleurs manifesté devant le cabinet de la ministre pour lui faire part de leur mécontentement.

Une motion pour soutenir l’aide à domicile

La motion votée lundi par le conseil communal de Seraing a été déposée par la députée PS Deborah Geradon, aussi membre du conseil. Le texte promet d’interpeller le gouvernement fédéral afin de reconnaître la pénibilité du travail en service d’aide à domicile. Il s’agit aussi de soutenir le secteur, en améliorant le statut des professionnels par exemple. Cette motion trouve aussi son origine dans la place grandissante des services d’aide familiale, dans le contexte d’une population vieillissante qui fait de plus en plus appel à eux. Après Dison et Seraing, Verviers et Charleroi pourraient à leur tour voter une motion de ce type.

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La pénibilité en question

Reconnaître la pénibilité du métier d’aide familiale est une demande du secteur. En effet, ses tâches sont diverses et parfois éprouvantes, moralement et physiquement. "Les aides familiales ont un métier qui, de jour en jour, est de plus en plus difficile d’un point de vue moral et physique", développe Deborah Geradon pour la RTBF. "Elles sont confrontées à un nombre de plus en plus important de bénéficiaires souffrant de démence, d’addiction, de dépression et qui de surcroît, sont précarisées"

Aujourd’hui, les 4 critères retenus par le Comité national des pensions pour reconnaître la pénibilité sont un travail physique lourd, une charge émotionnelle et mentale importantes, ainsi que des risques pour la sécurité et une organisation du travail contraignante. Outre les aides familiales, les infirmiers sont aussi en demande d’une reconnaissance de la pénibilité de leur fonction.

Des inquiétudes stimulées par l’assurance-autonomie

Si le secteur des services d’aide à domicile se mobilisent, c’est aussi que le projet d’assurance-autonomie suscite de nombreuses inquiétudes. La Fédération wallonne des services à domicile (FEDOM) et la Fédération des Centres de Services à Domicile (FCSD) se sont ainsi récemment alarmées d’une éventuelle déprofessionnalisation et d’une complexification du secteur en conséquence de cette mesure. En effet, le système d’octroi de l’assurance autonomie pose question, et risque de laisser de côté entre 30 et 40% des bénéficiaires des services d’aide familiale. Les professionnels craignent donc une perte d’emplois, malgré les tentatives de la ministre Alda Greoli de les rassurer sur le sujet.

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La rédaction



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