"Les employeurs hospitaliers, maillot jaune de l’hypocrisie"

Depuis le début du mois de juin, le personnel de santé se mobilise tous les mardis pour mettre en lumière le ras-le-bol et dénoncer la pression et les mauvaises conditions de travail. Un mouvement de protestation soutenu par les employeurs hospitaliers ? Pour la CNE, la réponse est non. « Ils font mine de soutenir le personnel de santé sur le terrain, mais bloquent toute négociation en Commission paritaire. »

Dans les hôpitaux, les maisons de repos, les soins à domicile, la santé mentale, etc., les nombreux métiers de la santé envoient un message clair aux fédérations d’employeurs et au monde politique : « Les conditions de travail ne sont plus tenables ! Les professions de santé ne sont plus attractives ! On se dirige droit dans le mur ! Il y a urgence. »

« Sur le terrain, les employeurs aiment à développer des discours de solidarité avec le personnel, mettant en lumière le sous financement des soins de santé, et veillant ainsi à se déresponsabiliser des mauvaises conditions de travail. Ils vont même, comme au CHIREC, à distribuer eux-mêmes des brassards noirs au personnel », pointe la CNE. « Par contre, quand il s’agit de travailler à l’amélioration réelle des conditions de travail, on retrouve des fédérations patronales obtuses, clairement mandatées pour bloquer toute initiative positive. »

Selon le syndicat vert, la réunion de Commission paritaire, qui s’est tenue ce lundi 8 juillet, ne s’est pas déroulée dans un climat serein et constructif. A tel point que le Président de la Commission paritaire a décidé de convoquer un groupe de travail restreint pour « sauver la concertation sociale » dans le secteur !

Le Front commun se réunit le 30 août

Le premier point qui a divisé les syndicats et les fédérations patronales a été la mise en la mise en œuvre de la nouvelle classification de fonctions (IFIC) qui doit donner une revalorisation des barèmes. « Les employeurs refusent de transmettre les données de la première phase, ce qui permettrait, en toute transparence, de vérifier que le budget affecté a bien été utilisé pour les augmentations de barèmes, et de lancer la 2ième phase (prévue en 2019) », s’insurge la CNE. « En fait, il est quasi certain que certains employeurs, appuyés par (ou à tout le moins, sans réaction de) la Ministre De Block, ont refinancé des avantages d’entreprise avec ce budget. Bref, l’argent des travailleurs comble le sous-financement des hôpitaux. Du vol ! »

Les réseaux hospitaliers lancés par la Ministre De Block dans le cadre de la Réforme des hôpitaux ont également été au centre de discussions enflammées. « Nous tentons d’encadrer la mise en place de ces réseaux. Un texte a enfin pu être rédigé en tripartite (Ministre- employeurs – syndicats), qui reprend des obligations de concertation sociale préalable, et la garantie d’emploi pour le personnel. Le cabinet avait donné jusqu’à fin mai pour la signature définitive. Depuis, plus de nouvelles, jusqu’à hier. Sous l’insistance de la CNE, les employeurs ont enfin déclaré : « nos mandataires ont décidé de ne pas signer un tel document, vu le flou qui entoure encore le projet des réseaux ». Hypocrisie massive quand on sait que sur le terrain, les négociations vont bon train entre les institutions hospitalières. Une promesse d’intensification encore accrue de la charge de travail pour tous les métiers de l’hôpital ! »

Le Front commun se réunit le 30 août pour évaluer la situation et proposer un plan d’actions. La CNE a annoncé son intention de lancer des actions dès septembre, vers les employeurs, et compte relancer la campagne #lemardidesblousesblanches dès le mardi 10 septembre, lendemain de la prochaine Commission paritaire.

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