Médecins et maisons médicales continuent l’affrontement

Médecins et maisons médicales continuent l'affrontement

Depuis quelques semaines, la Fédération des Maisons Médicales (FMM) et l’Association belge des Syndicats Médicaux (ABSyM) ne parviennent pas à s’entendre sur la question de l’efficacité et du coût des maisons médicales.

Les résultats de l’audit commandé par la ministre fédérale de la Santé Maggie de Block ont permis le 22 janvier dernier de lever le moratoire sur les maisons médicales. Ces derniers révélaient en effet que les maisons médicales présentaient une réelle plus-value dans l’offre de soins de santé en Belgique. Suite à l’audit, le syndicat des médecins a dénoncé un financement "déloyal" pour les maisons médicales. Depuis, les réponses s’enchaînent entre l’ABSyM et la FMM : les premiers dénonçant un "surfinancement flagrant" et les seconds les accusant de colporter des "mensonges" et des "erreurs".

Le système forfaitaire en cause

Pour l’ABSyM, c’est le système forfaitaire des maisons médicales qui est remis en cause. Selon l’association de médecins, les structures bénéficieraient d’un surfinancement de la part du gouvernement. Selon elle, le système forfaitaire coûterait 90% plus cher au gouvernement. Dans son dernier communiqué, l’ABSyM soutient que les forfaits pour le personnel infirmier seraient 3 fois plus élevés que le prix de revient moyen des soins infirmiers dans le système à l’acte. Les Dr Luc Herry et Marc Moens, tous deux présidents de l’ABSyM déclarent ainsi que "sur base annuelle , les maisons médicales perçoivent pas moins de 44 millions d’euros en trop."

A cela, la Fédération des Maisons Médicales répond que "s’il y a un surcoût en première ligne, il est récupéré par le fait que les maisons médicales renvoient moins vers l’hôpital." De plus, le système forfaitaire s’inscrit dans des enjeux d’accessibilité aux soins qui, selon la FMM "font leurs preuves scientifiquement et ne coûtent pas plus cher à la société."

Des méthodes de calcul différentes

Si les conclusions de l’ABSyM et de la Fédération des Maisons Médicales ne s’accordent pas, c’est qu’ils se basent sur des méthodes de calcul et des études différentes. En effet, pour la FMM, "les seules méthodes pour comparer les coûts sont celles qui ont été utilisées par le KCE en 2008 et par l’AIM en 2018" alors que l’association de médecins se base sur l’audit réalisé par KPMG et les chiffres de l’INAMI. L’ABSyM fonde aussi son argumentaire sur une extrapolation du système forfaitaire des maisons médicales à tous les belges, alors que seule 3,2% de la population en bénéficie aujourd’hui.

Deux modèles qui s’affrontent

Dans ce débat, ce sont deux modèles différents qui s’affrontent : le paiement à l’acte et le paiement forfaitaire. Contrairement au paiement "classique" à l’acte, le paiement au forfait permet au patient de ne pas payer directement ses consultations et ses visites, mais de payer une cotisation fixe à sa mutuelle. Ce système n’est possible que sous réserve d’un engagement du patient auprès de sa maison médicale pour les soins infirmiers, de médecine générale et de kinésithérapie. Pour la FMM, "les maisons médicales (à l’acte et au forfait) ont un modèle qui, main dans la main avec les généralistes libéraux, apporte une plus-value pour la santé et participe à revaloriser la première ligne, c’est un des éléments qui les rend inarrêtables."

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