Réforme controversée : "La spécificité des centres PMS sera préservée"

Réforme controversée:

Dans le cadre du Pacte d’excellence, les centres psycho-médico-sociaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles vont prochainement connaître une réforme structurelle. Une série de modifications sont attendues et cela suscite questionnements et inquiétudes dans le secteur. Caroline Désir, ministre de l’Education, a tenu à rassurer les travailleurs concernés.


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La Fédération Wallonie-Bruxelles souhaite apporter une série de modifications dans le fonctionnement des centres psycho-médico-sociaux. Il est notamment question de rationalisation et d’optimisation. Deux concepts qui ont suscité interrogations voire même inquiétudes chez les travailleurs concernés. Face à la réforme en préparation, ces derniers ne savent, en effet, pas à quelle sauce ils vont être mangés… Et si cette réforme détournait les missions originelles des centres PMS ?

« Les travailleurs craignent de se voir imposer des tâches orientées vers une obligation de résultat et de ne plus être au service des élèves et de leurs familles, », a noté la députée Valérie Delporte, en commission de l’Education. « Selon certains, le respect du secret professionnel serait également mis en danger par la réforme, sans compter les pertes d’emplois potentielles liées à une telle rationalisation. » Afin de faire entendre leur voix dans ce dossier, l’Assemblée des Directeurs des Centres Psycho-Médico-Sociaux libres du Hainaut a lancé une pétition, en son nom mais également au nom des autres réseaux (subventionnés et organisés) et autres fonctions des membres du personnel technique. Une initiative qui a trouvé un large écho : elle compte aujourd’hui plus de 2.000 signatures !

Preuve que la réforme n’est pas accueillie sereinement par le terrain. A tort ou bien à raison ? S’il l’on en croit Caroline Désir, ministre de l’Education, il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter. En commission du parlement de la Communauté française, la mandataire a souhaité faire le point sur ce dossier afin d’apaiser les travailleurs. Selon elle, il n’y a aucune raison de voir d’un mauvais œil la mise en place des mesures sur lesquelles planche actuellement la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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Une réforme bénéfique, selon la ministre

Se disant consciente du rôle essentiel et nécessaire joué par les centres PMS dans les écoles, Caroline Désir a tenu à rassurer les travailleurs de ces structures. « Ils poursuivront leur contribution à l’amélioration du système éducatif à travers leur profession en soutenant l’élève inscrit dans un parcours scolaire qui doit se dérouler de la manière la plus harmonieuse possible », a-t-elle garanti, avant de formuler une autre promesse : « La spécificité des centres PMS est et sera préservée. En effet, l’approche globale et longitudinale associant les parents, en collaboration avec l’école et en interface avec les partenaires externes, reste et restera au cœur de leur pratique. »

Pour rappel, l’avis n°3 du Pacte d’excellence comporte un chapitre, de douze pages, consacré à la réforme des centres PMS. Il présente les modifications programmées qui s’articulent autour de quatre axes : le soutien aux élèves, la lutte contre le décrochage et l’absentéisme, l’orientation et les relations école-famille. « À l’instar des établissements scolaires, le pilotage de l’action des centres PMS s’opérera au travers d’une double contractualisation », a-t-elle poursuivi. « Il s’agit, d’une part, de garantir que les centres PMS prennent en compte les objectifs des écoles liés aux besoins des élèves et, d’autre part, de préserver l’indépendance des centres PMS par rapport aux écoles. »

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Des concertations avec le terrain au programme

Lors de son intervention, l’élue a également dévoilé une révision de l’encadrement. Le but de la manœuvre est notamment de mettre en place une cohérence territoriale ainsi qu’une équité de service et une progressivité des moyens mais également de permettre le développement de l’expertise offerte aux élèves.

Caroline Désir a également tenu à rassurer les professionnels du secteur avec un autre élément : plusieurs étapes de concertation doivent encore être réalisées avant de proposer le dossier au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Outre la consultation des acteurs du Pacte pour un enseignement d’excellence sur une version plus aboutie et plus complète de la réforme, je compte proposer au secteur PMS une concertation qui prendra forme dans les semaines à venir », a-t-elle annoncé.

Elle a conclu son intervention en garantissant que la réforme n’allait pas entraîner des coupes dans le budget alloué au secteur : « La révision du cadre de subventionnement débouchera sur des modifications dans la répartition des financements, qui s’opéreront par glissements au sein de l’enveloppe. Il n’est donc absolument pas question de retirer des moyens au secteur. »

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E.V.



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