Pots de l’Ilot : la cuisine bio redonne le goût à d’anciens SDF

Pots de l'Ilot: la cuisine bio redonne le goût à d'anciens SDF

Le 20 juin, l’Ilot lancera officiellement un projet d’économie sociale : les Pots de l’Ilot. En produisant des bocaux de produits bio et végétariens, l’asbl invite derrière les fourneaux des personnes qui ont connu l’extrême précarité et la survie en rue. Le but de l’initiative ? Leur redonner confiance mais également les aider à retrouver un emploi. Reportage dans la cuisine partagée située dans les infrastructures de Greenbizz, à Bruxelles.


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Des bocaux savoureux pour remettre en selle les personnes qui ont été frappées par l’extrême précarité. Voilà la recette savoureuse du projet d’économie sociale lancé par l’Ilot. « La cuisine est créatrice d’enthousiasme. Concocter de bons petits plats permet aux personnes de se sentir mieux dans leur vie. Avec notre nouveau projet, nous voulons redonner confiance aux individus en grandes difficultés mais également les aider à retrouver un emploi, en externe ou en interne », lance dans un sourire Véronique Heene, responsable des Pots de l’Ilot.

Ce projet alimentaire démarre du Clos, le centre de jour de l’asbl, installé sur le Parvis de Saint-Gilles. « La base de l’équipe est installée à cet endroit. Il accueille un restaurant social, une douche ou bien encore une consigne. Le restaurant fonctionne grâce à la participation des bénéficiaires que nous formons et que nous accompagnons. Le but est qu’ils puissent décrocher par la suite un travail dans l’Horeca. Et donc là, nous avons détaché plusieurs personnes en formation pour notre nouveau projet, qui se veut indépendant », pointe-t-elle. Et de rajouter : « L’Ilot a développé un pôle logement. La suite logique est donc aujourd’hui d’aider notre public à décrocher un emploi. Nous désirons sortir de l’urgence via des projets à long terme. Dans notre charte, il y a un point essentiel qui vise l’autonomisation de notre public, le fait de ne pas l’installer dans une dépendance. »

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Première étape : les entreprises qui soutiennent l’Ilot

Houmous, caviar d’aubergine, tapenade et pesto. Pour l’instant, quatre recettes différentes sont préparées au sein de la cuisine partagée située dans les infrastructures de Greenbizz, un incubateur de projets durables. L’asbl a choisi de travailler au maximum avec des produits locaux. De plus, ses pots sont tous certifiés bio ainsi que végétariens. Sans compter que toutes ces préparations sont conditionnées dans des bocaux en verre. « Le but est d’offrir des produits de qualité », insiste Véronique Heene. « Nous avons testé différentes recettes et là nous sommes parvenus à un résultat très satisfaisants. »

Ces bocaux aux mets colorés seront d’abord vendus via des paniers pique-nique au sein des entreprises qui soutiennent les activités de l’association. Les bocaux seront accompagnés de pain et de beurre et pourront être rejoints par de la salade, du fromage ou bien encore de la charcuterie. À terme, L’Ilot souhaite aussi proposer ces produits dans les magasins bio ou dans les bars à vins. « Nous avons déjà des propositions dans ce sens, mais nous souhaitons attendre un peu. Pourquoi ? Car les personnes en formation chez nous le sont de manière cyclique. Nous devons donc être prudents au niveau des objectifs fixés en termes de quantité. Il ne faudrait pas qu’on soit submergé par les demandes. On a donc choisi de débuter avec des paniers pique-nique pour les entreprises qui aident l’Ilot. On verra les premiers retours et on rectifiera le tir si nécessaire. »

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Un coup de projecteur sur l’asbl

Outre la remise à l’emploi des personnes qui ont connu les affres de la rue, l’asbl souhaite via ce nouveau projet jeter un coup de projecteur sur ses activités. « Nous pensons qu’il va permettre de nous faire connaître plus largement. Et puis, nous espérons faire de l’argent avec ce projet. Le plan financier prévoit dans un futur plus ou moins proche des bénéfices », ajoute-t-elle. « Nous souhaitons aussi valoriser nos formations. L’objectif est de pouvoir certifier un diplôme aux personnes formées. Nous voulons devenir une référence. »

Les Pots de l’Ilot seront officiellement lancés le 20 juin prochain, à l’occasion d’un événement qui se tiendra dans la cuisine partagée. Et la suite ? « Nous allons chercher des candidats potentiels pour notre projet via nos structures mais également via des services sociaux comme des CPAS. L’après dépendra de l’importance du travail et des commandes », conclut-elle. « Si la production se développe et exige de sortir de la cuisine 1.000 pots par jour, cette cadence permettra de quitter le Clos pour proposer une formation à temps plein dans le cadre du projet d’économie sociale. Le but à long terme est aussi d’aller vers des CDI, d’offrir un vrai travail aux personnes en formation. Mais bon, ne commençons par la fin, ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Nous allons avancer étape par étape. » La mesure, un maître-mot en cuisine !

E.V.

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