SCMR : Le Luxembourg, un exemple à suivre ?

SCMR : Le Luxembourg, un exemple à suivre ?

Depuis déjà plusieurs années, la possibilité d’implanter des salles de consommation à moindres risques (SCMR) fait débat en Belgique. Il s’agit en fait d’ouvrir un local où les héroïnomanes viendront consommer leur drogue en étant encadrés. Si le gouvernement fédéral freine, le Luxembourg, lui, a sauté le pas en créant une de ces salles en 2005.

Une loi de 1921 ralentit les projets de mise en place des SCMR en Belgique. Pourtant, le secteur associatif soutient, depuis des années, la création de ce type de salles, qui existent déjà dans plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Luxembourg. Leur bilan étant largement positif, tant pour les utilisateurs de drogues que pour la population, le secteur associatif se mobilise fréquemment depuis quelques temps pour convaincre les politiques de l’utilité de ces structures. Focus sur l’expérience au Luxembourg, qui a mis en place une SCMR en 2005.

La salle « Abrigado » au Luxembourg

Situé derrière la Gare de Luxembourg, le bâtiment comprend une salle de consommation, un centre d’accueil de jour avec un service médical et un asile de nuit de 42 lits. Le directeur, Patrick Klein, déclare à la RTBF, que « la fréquentation a doublé entre 2011 et 2016 à plus de 57.000 visites, avec une moyenne de quelque 160 actes de consommation par jour ».

Le personnel de l’Abrigado, quant à lui, assure que ce type de salle ne génère pas de nouveaux consommateurs et en plus, il affirme que les risques d’attraper une maladie infectieuse sont réduits.

Les StériBornes : un pas vers la réduction des risques

Si l’ouverture d’une salle reste toujours controversée, plusieurs StériBornes vont être mises en place pour les usagers de drogues, à Bruxelles. Ces bornes donnent accès à du matériel d’injection propre et sont accessibles 24h/24. Une résolution a été votée par le Parlement bruxellois et la ministre en charge de la Santé, Cécile Jodogne. La ministre lancera sous peu une réflexion sur la marche à suivre pour la concrétisation de ce dispositif.

Pourquoi la Belgique reste frileuse ?

Si les StériBornes constituent une première initiative concrète vers l’accompagnement des toxicomanes, la Belgique reste néanmoins frileuse à l’adoption de ce type de mesure. En effet, le problème réside dans le fait que l’installation de ces bornes réduit les risques, plutôt que de les réprimer tout simplement. Or, tant l’opinion publique que politique restent réfractaires à une logique d’accompagnement et lui préfèrent la répression, considérant les usagers comme des « criminels ».

La situation actuelle en Belgique

En Belgique, depuis plusieurs années, le secteur associatif demande la création de salles de consommation à moindres risques. Le pays a même été condamné par la société civile européenne pour sa politique de drogue. De plus, un Arrêté Royal qui promeut une politique de criminalisation, plutôt que de prévention des risques, a été publié le 26 septembre 2017, sans consultation ni information de la société civile. Récemment, plusieurs ministres, notamment à Bruxelles, se sont déjà prononcés en faveur de la création de ce type de dispositif. Charleroi, Liège et Bruxelles font des démarches pour la création d’une telle salle, mais à l’heure actuelle aucune SMCR n’a encore vu le jour en Belgique. Affaire à suivre…

La rédaction



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