Devenir infirmier indépendant : les conseils pratiques d’un professionnel

Devenir infirmier indépendant : les conseils pratiques d'un professionnel

Vous souhaitez devenir infirmier.ère indépendant.e  ? Rien ne vaut un témoignage du terrain pour vous guider. C’est pourquoi Le Guide Social a interviewé Gaëtan Mestag, infirmier indépendant depuis ses premiers pas en tant que soignant. En complément de notre fiche informative sur les démarches à réaliser pour se lancer en tant qu’infirmier.ère indépendant.e, voici quelques conseils plus personnels. 

La demande de soins à domicile se fait de plus en plus grande. Une opportunité qui peut donner envie de se lancer dans l’aventure du statut d’indépendant.e en tant que soignant.e. Gaëtan Mestag, infirmier indépendant à domicile depuis 18 ans, a répondu à nos questions afin d’éviter certaines erreurs de débutant.e.s et entreprendre sa reconversion sereinement. 

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Indépendant depuis le premier jour 

Gaëtan Mestag est vice-président d’Union4U, syndicat autonome des praticiens de l’art infirmier. Il exerce en tant qu’infirmier indépendant depuis 18 ans.« Je me suis lancé après un stage en soins à domicile », explique-t-il.« Le hasard a bien fait les choses car je travaillais avec un groupe de trois infirmières qui avaient besoin d’un remplaçant. Ainsi, j’ai travaillé directement à temps plein en tant qu’indépendant. »

Rejoindre une équipe 

S’entourer d’autres professionnels  : c’est le premier conseil que donne Gaëtan Mestag lors des cours de soins à domicile qu’il dispense en Haute Ecole. « Il est très difficile de commencer seul, de se faire connaître et donc de se faire remplacer si l’on est malade ou que l’on veut prendre des vacances », insiste-t-il. Pour lui, il est primordial d’entamer sa carrière d’indépendant.e en rejoignant une équipe « avec la même philosophie que soi car il y a 1001 façons d’exercer les soins à domicile. »  

Il convient également de discuter avec les soignants déjà en activité via les réseaux, d’aller à la rencontre des professionnel.le.s qui exercent depuis de nombreuses années pour avoir de bons conseils et d’éviter les erreurs qu’ils.elles ont commis.es afin de ne pas les reproduire. 

Soigner sa comptabilité 

Qui dit indépendant.e, dit administration, gestion des facturations et de la fiscalité. Or, ces compétences ne sont pas enseignées lors de la formation d’infirmier.ère. Engager un comptable est donc une solution de facilité et de confort. Mais attention, Gaëtan Mestag met en garde vis-à-vis de personnes peu scrupuleuses : « Il est important de se renseigner un minimum concernant la gestion des impôts pour ne pas se faire avoir et encore une fois de profiter d’un réseau pouvant conseiller des individus honnêtes. » Car l’un des avantages du statut d’indépendant.e est de pouvoir faire de nombreuses heures et ainsi gagner plus.

Mais gagner plus d’argent signifie aussi être plus taxé car les facturations sont réalisées à partir d’un montant brut. Ainsi, on entend souvent qu’il faut travailler tous les jours ce qui permet d’entrer beaucoup d’argent mais attention au revers de la médaille. Au-delà de l’aspect financier, la santé physique et mentale est également à prendre en compte quand on travaille beaucoup. 

Mi-temps au début 

Afin de tâter et sentir le terrain, « d’envisager comment la sauce prend en tant qu’indépendant », l’infirmier conseille de commencer doucement en adoptant une pratique libérale à temps partiel et de « garder un pied dans le monde salarié  » pour assurer une entrée d’argent et pouvoir se tester.  

Être disponible 

Il est important d’avoir à l’esprit que les patient.e.s ont besoin des infirmier.ère.s 365 jours par an même le soir. « Il faut être disponible et en particulier pour les soins palliatifs pour lesquels nous devons être joignables 24h/24 », rappelle Gaëtan Mestag.

L’importance du réseau de collègues 

Être incorporé.e dans un réseau de professionnel.le.s est primordial. Il faut communiquer avec les autres collègues (médecins, les milieux paramédicaux…) pour créer un réseau élargi et ainsi recommander différent.e.s professionnel.le.s de diverses natures aux patients.  

Le réseau infirmier est également central. Comme précisé plus haut, les patient.e.s sont demandeur.se.s tout au long de l’année, aussi faut-il pouvoir anticiper et parer à toutes absences dues à une maladie, mais aussi à une panne de voiture ou encore à l’envie de prendre congé. Il est ainsi fondamental de tisser des liens avec d’autres praticiens et praticiennes de l’art infirmier qui vont pouvoir assurer les soins pendant votre absence. Sans cela, gare au risque de perdre ses patients  ! Gaëtan Mestag précise :« Il est important de savoir que les patients n’appartiennent à personne et qu’ils choisissent qui ils veulent pour se soigner. »

Convention ou non ? 

Pour l’infirmier, c’est clair : « Je ne connais personne qui ne soit pas conventionné car les patients reçoivent moins de remboursements quand on ne l’est pas. Pour les patients bénéficiaires de l’intervention Majorée (BIM) le ticket modérateur coûte 27 cents par jour lorsque l’infirmier est conventionné, contre 1 euros 28 quand il ne l’est pas. Le choix est vite fait.  »

S’entourer et se renseigner 

Gaëtan Mestag conclut en résumant : « Les conseils les plus importants à retenir sont d’être conseillé financièrement, de rencontrer les infirmiers en place et de s’entourer de personnes compétentes en particulier concernant la comptabilité. Il faut se méfier de la logique de travailler plus pour gagner plus, qui est synonyme de taxes plus élevées. Attention aux mauvaises surprises en fin d’année. »

Et pour aller plus loin :

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