Quel est le travail de l'assistant social de CPAS en ILA ?

Quel est le travail de l'assistant social de CPAS en ILA ?

L’accueil des demandeurs d’asile fait partie des multiples missions présentes dans un CPAS. Les assistants sociaux travaillant pour les Initiatives Locales d’Accueil (ILA) effectuent avec le candidat réfugié un véritable parcours d’intégration où la rencontre de la différence, la barrière de la langue, les « privilèges » octroyés font partie du quotidien professionnel de l’agent.

La plupart des CPAS organisent des ILA au sein de leur institution. Si au niveau des subsides, il s’agit d’une véritable poule aux œufs d’or, pour le travailleur social en revanche, la réalité est parfois difficile. En collaboration directe avec la structure Fedasil, l’agent social a une mission d’accompagnement et d’intégration totale où les différences peuvent être un véritable frein à l’intégration. Sans avoir à statuer sur la validité de la demande d’asile, leur mission est d’accompagner sans préjugés ces personnes et familles ayant fui leur pays car ils y vivaient le pire.

Le parcours du demandeur d’asile

En Belgique, toute personne qui demande l’asile a droit à un accueil pendant l’examen de sa demande. Après avoir introduit une demande d’asile à l’Office des Étrangers, le demandeur est reçu par la cellule Dispatching de Fedasil. C’est uniquement dans cette structure d’accueil que l’intéressé peut bénéficier de l’aide de l’Etat. Il existe plusieurs types de structures d’accueil en Belgique :des centres communautaires ouverts, gérés par Fedasil ou la Croix Rouge de Belgique et des logements individuels, privés, qui sont gérés par les CPAS (ILA)

Les missions de Fedasil

FEedasil est le principal interlocuteur du travailleur social en ILA. La structure est chargée de l’accueil des demandeurs d’asile et autres groupes cibles. Il garantit la qualité et la conformité au sein des différentes modalités d’accueil. Il garantit également la coordination des différents programmes en matière de retour volontaire

Le rôle d’accueil

Le travailleur social accueille les candidats réfugiés à leur arrivée au CPAS et les installe dans leur habitation. Il s’assure que leur arrivée se passe dans les meilleures conditions possibles. Ainsi, Il réalise toutes les démarches liées à un aménagement correct et vise une intégration adéquate dans la commune. Dans ce cadre, il présente et explique l’entité communale et l’ensemble des institutions utiles : CPAS, ONE, Ecole ...

Un accompagnement « All in »

Outre ce rôle d’accueil, le travailleur social met en place un suivi médical, effectue les démarches d’inscription à la commune, mutuelle, école… assure l’octroi de l’aide matérielle nécessaire, vérifie la validité des titres de séjour, s’occupe de la gestion budgétaire de la famille, de garantir la gestion technique des bâtiments occupés. L’agent ILA a donc l’obligation de prendre en charge de manière complète les demandeurs d’asile et leur famille. En cas de décision négative de leur demande de séjour, ce sera encore l’assistant social qui assurera le départ sous toutes ses formes.

Les difficultés rencontrées : la barrière de la langue

Pour une meilleure intégration, l’agent assure un accompagnement des demandeurs pour l’accès à des cours de langues parlées dans la Commune d’accueil. Il contribue aussi à la prise en charge des personnes en cas de problèmes mental ou psychique. Dans ce cadre, la connaissance pratique de l’anglais et d’autres langues étrangères constituent un véritable atout. Ainsi, si dans ce contexte de travail, la résistance au stress, la capacité d’’écoute et l’empathie sont des caractéristiques inhérentes au travail social, il n’en est rien de l’apprentissage des langues.

Quand la rencontre avec « notre » pauvreté crée de l’injustice

La législation et de ce fait les avantages octroyés aux demandeurs d’asile sont particuliers et créent souvent un sentiment d’injustice pour les habitants. Il est parfois compliqué d’expliquer à la population locale, elle aussi aux abois, qu’un logement est disponible pour les étrangers, mais que rien n’est disponible pour eux. Un logement ILA vide a déjà été refusé à un sans-abri car le subside risquait alors d’être perdu ! C’est alors à l’assistant social de tenter de faire comprendre que malheureusement il s’agit de deux lois différentes. Le risque étant le rejet de l’autre parce que les politiques ont estimé, pour des raisons qui leur sont propres, nécessaire de traiter la misère humaine de manière différente.

Conséquences de la crise migratoire sur les CPAS

La crise migratoire de 2015 a amené les politiques à solliciter les CPAS pour la création de nouvelles places d’accueil. Cependant, suite à la fermeture de la route des Balkans, l’afflux s’est stabilisé. Certaines institutions se sont donc retrouvées avec des logements inoccupés coincés dans les contrats de baux conclus.

Le secret professionnel en ILA

L’assistant social chargé des ILA est en première ligne et directement visé face à la modification de la loi sur le secret professionnel en cas de terrorisme. Si la circulaire vient d’être diffusée pendant les vacances dans les CPAS, elle pose le travailleur référent dans une nouvelle manière d’aborder son travail social. Il fait dorénavant partie des filtres prévus dans la lutte contre le terrorisme.

II, assistante sociale

Et pour aller plus loin :

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