Infirmières de rue : "On adore le soin mais on préfère le prendre soin"

Infirmières de rue:

Les équipes de l’ASBL Infirmiers de Rue, qui partent à la rencontre des sans-abris, sont connues dans les régions bruxelloise et liégeoise. Une fois n’est pas coutume, c’est l’équipe du Guide Social qui prend son sac à dos et part à la rencontre de Louise Allard et Eva Dupont. Pour elles, être infirmères de rue, c’est avoir l’occasion de prendre son temps et réellement prendre soin.

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C’est au quatrième étage du bâtiment derrière la gare du Midi que se trouve l’ASBL Infirmiers de rue. Pour y accéder, nous avons le choix entre le classique : les escaliers ou un énorme ascenseur/monte-charge à porte manuelle. Comme nous sommes aventurier.ère.s, nous empruntons l’ascenseur. Cela ne sera pas le cas pour la descente. A l’arrivée, Louise Allard et Eva Dupont nous proposent de s’installer dans une pièce relativement froide, aux murs nus, vite réchauffés par les premiers rayons de soleil de l’année et l’énergie des deux jeunes femmes.

"On fixe notre action sur l’hygiène pour que les personnes retrouvent la sensation de propreté et d’odeur"

Le Guide Social : Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Louise Allard : J’ai 25 ans. Je suis infirmière communautaire dans le pôle logement d’Infirmiers de rue.

Eva Dupont : J’ai 31 ans et je suis infirmière dans le pôle rue.

Le Guide Social : En quoi consiste chacun des pôles ?

Eva Dupont : Dans le cadre du pôle rue, on va à la rencontre directe des personnes en rue ou dans des centres d’hébergement d’urgence du type Samu social, maisons d’accueil... Nous accompagnons les personnes jusqu’à l’acquisition d’un logement. Une fois que le logement est acquis, c’est le pôle logement qui prend le relais pour toutes les démarches sociales et médicales. Donc notre mission en rue vise à remettre en ordre tout ce qui est administratif et établir un suivi médical dans la mesure du possible. Une fois que ce suivi est mis en place et que la personne a un revenu, on démarre les recherches de logement.

Louise Allard : Le pôle logement intervient une fois que les personnes ont un lieu de vie personnel via le programme Housing First. Cela permet d’accéder au logement de manière plus rapide que par les voies habituelles. On fonctionne avec des AIS : des Agences Immobilières Sociales et d’autres partenaires qui nous donnent accès à des logements aux loyers plus abordables pour notre public précarisé.

Le Guide Social : Qu’est-ce que vous entendez par « en mesure du possible » concernant le suivi médical ?

Eva Dupont : Il y a des difficultés à l’instaurer car pour les personnes en rue, la priorité est plutôt administrative, comme retrouver des papiers ou des droits sociaux plutôt que la santé. C’est parfois compliqué pour elles de retourner dans des lieux de santé desquelles elles ont été éloignées parfois longtemps. On va donc apporter des soins de première nécessité comme les pansements, pour celles qui ne peuvent pas se déplacer. Mais notre boulot c’est surtout être un relai entre la rue et les services de santé. Notre action “infirmière” se focalise principalement sur l’hygiène avec la distribution de lingettes pour que les individus puissent retrouver la sensation de propreté et d’odeur, pour qu’ils se sentent bien.

Le Guide Social : Concernant votre parcours, quelles études avaient vous suivi ?

Louise Allard : J’ai un bac en soins infirmiers et un an en spécialisation de santé communautaire à la Haute Ecole Léonardo de Vinci.

Eva Dupont : J’ai commencé des études d’infirmière, puis j’ai arrêté, donc j’étais aide-soignante. Puis j’ai été éducatrice et j’ai repris mes études d’infirmière à Tournai.

Le Guide Social : Et quels ont été vos lieux de stages ?

Louise Allard : En études d’infirmière, on fait pas mal de stages en hôpital dans les services classiques. A partir de la troisième, les stages étaient un peu plus dans des services spécifiques comme les urgences ou les soins à domicile. C’est dans le cadre d’un stage au Samu social que j’ai trouvé l’accroche avec le social. Je voulais voir quelque chose d’autre que le milieu hospitalier. Ça m’a vraiment plu car le rapport à la personne et au soin est différent. Je trouve qu’on a plus l’occasion de prendre le temps avec les patients, de mettre la rencontre au premier plan.

Eva Dupont : A Tournai, notre système était un peu différent car on avait deux semaines de cours et deux semaines de stage dès la première. Donc j’ai fait tous les services généraux et à partir de la deuxième on avait des stages en psychiatrie. J’ai beaucoup accroché car on était dans le prendre soin et moins dans le “faire du soin”, comme à domicile. Et en quatrième année, on avait que des stages au choix. On devait avoir un stage en rapport avec notre mémoire, je ne sais plus comment j’ai eu l’idée mais en me renseignant, j’ai trouvé Infirmiers de rue et j’ai donc décidé de faire un mémoire sur le public précarisé, l’accès aux soins et le rôle de l’infirmière dans le processus de réintégration. J’ai réalisé un stage de trois mois ici au lieu d’un mois et demi et j’ai adoré. J’ai été dans les deux pôles ce qui m’a permis de voir tout le processus de la rue jusqu’au logement. Et à peine mes études finies, l’équipe m’a rappelé pour travailler dans l’ASBL.

"On essaie de rendre les patients acteurs de la démarche au maximum"

Le Guide Social : La part de social est très présente dans votre travail, on dirait même que vous avez un statut d’assistante sociale. Comment se concrétise la différence ?

Eva Dupont : Personnellement, je me suis formée sur le terrain. Notre rôle est de soutenir et accompagner des personnes aux rendez-vous à la commune par exemple. Les procédures sont souvent les mêmes donc on intègre vite et c’est intéressant d’acquérir d’autres connaissances que celles de notre champ d’étude. Mais toutes les démarches sociales sont assurées par les assistants sociaux.

Louise Allard : Et on a toujours un regard infirmier sur la personne. On fait le suivi du traitement des patients et du lien avec un médecin traitant ou une maison médicale, pour que la personne puisse, par la suite, être autonome. On essaie de rendre les patients acteurs de la démarche au maximum. Dans le pôle logement, il y a deux mini-pôles : un qui s’occupe du nord de Bruxelles et l’autre du sud. Dans cette équipe de cinq, il y a un AS, deux infirmières, deux travailleurs sociaux et notre rôle est donc d’avoir en tête les antécédents médicaux de la personne. Il y a parfois confusion avec le personnel médical quand on accompagne nos patients. Ils pensent que nous pouvons passer trois fois par semaine pour faire les pansements de la personne mais ça n’est pas notre mission.

Le Guide Social : Est-ce qu’être infirmière c’est un profession dans laquelle vous vous êtes toujours vues ?

Eva Dupont : Je pense que oui. En tout cas, je voulais être dans le soin. Quand j’étais petite je voulais être chirurgienne. (Rires) Et puis, après j’ai voulu être infirmière pour partir en projets humanitaires et au final le boulot ici, c’est un peu de l’humanitaire mais en Belgique. J’ai laissé tomber cette idée car je me suis rendu compte qu’il y avait des personnes dans le besoin et précarisées, ici en Belgique.

Louise Allard : Moi j’ai toujours baigné dans le milieu des soins car j’ai trois tantes qui sont infirmières. Quand j’étais en rhéto, j’ai fait une nuit avec ma tante et c’était un chouette moment. Je ne suis pas intervenue hein (Rires) mais je l’aidais à remettre les patients dans leur lit.

Le Guide Social : Du coup, votre première confrontation au terrain, vous l’avez vécue comment ?

Louise Allard : Alors ma première confrontation c’était donc la nuit et c’est différent car c’est beaucoup plus calme, on a plus le temps. Les patients ont plus tendance à se confier aux infirmières car il n’y a pas l’effervescence de la journée avec les visites des médecins, des kinés et des logopèdes. C’était une très bonne première approche. La première de jour était dans un centre de revalidation où j’ai fait mes premières toilettes. J’avais un vrai soutien des équipes et je me sentais vraiment entourée.

Eva Dupont : La toute première était avec ma nounou que j’accompagnais lors de ses visites à une dame âgée dans un home. Plus tard, j’avais des copines qui étaient aides-soignantes durant l’été et je disais toujours que je ne pourrais pas laver les gens, je ne voulais vraiment pas le faire et bien sûr c’est par cela qu’on commence. (Rires) Et au final, je n’en ai pas un mauvais souvenir. C’était en maison de repos et le contact avec les patients est tout de suite bien passé, alors que je craignais d’entrer dans leur intimité. J’étais plus gênée qu’eux finalement car ils ont l’habitude. J’ai vraiment été soutenue par l’équipe, ce qui a permis aussi au stage de bien se passer. J’en ai eu d’autres plus difficiles où l’équipe n’était pas forcément à l’écoute mais par manque de temps et non pas de mauvaise volonté.

Le Guide Social : Quand vous dites que vous ne vous imaginiez pas pouvoir faire la toilette est ce qu’il y a eu la même réflexion concernant des publics ? Des publics auprès desquels vous ne vous sentiez pas à l’aise ?

Louise Allard : Lors de mon stage en oncologie, je n’étais pas très à l’aise car je n’avais pas toutes les connaissances et la confrontation avec des jeunes était difficile. Ça serait peut-être plus facile maintenant, je pense.

Eva Dupont : J’appréhendais le stage en pédiatrie et les personnes avec un handicap très lourd mais ça s’est beaucoup mieux passé que ce que j’imaginais.

"Même après que la personne soit stabilisée en logement, on poursuit le travail pour l’intégration de la personne dans la vie citoyenne autour d’activités culturelles par exemple"

Le Guide Social : Pour revenir à votre travail chez Infirmiers de rue, pouvez-vous nous raconter une journée type ?

Louise Allard : Le matin on fait un débriefing de comment s’est passé le terrain de la veille. C’est un moment pendant lequel on peut déposer des choses. Ensuite, on définit les tâches à effectuer pour la journée à venir. Après c’est le départ en binôme sur le terrain et là, soit on rencontre une personne sans vraiment d’objectif précis, soit avec un rendez-vous et donc un objectif.

On travaille avec un système informatique qui nous permet de définir les thématiques qu’il faut aborder lors de la rencontre comme installer internet chez la personne ou prendre un rendez-vous ou faire des courses. Donc avant la rencontre, on regarde cette fiche. On a en général deux, trois patients en matinée. A midi, on revient au local et on prend un temps pour le photolangage. On prend une photo qui illustre la façon dont s’est passée notre matinée, ce qui permet de faire un tour avec toutes les équipes. C’est un chouette moment. Après le repas, on écrit un résumé de la rencontre avec les patients.

Eva Dupont : En rue, c’est quasiment la même chose. Quand on part sur le terrain, dans le cadre des maraudes, c’est toujours en binôme. On a des maraudes par zone. On intervient dans la plupart des communes de Bruxelles et on suit plus ou moins 26 patients de manière intensive. On essaie d’aller les voir une fois semaine. Sinon, quand il y a des rendez-vous, on va les chercher et on fait le rendez-vous avec eux. L’après-midi, on réalise les rapports aussi et toutes les démarches administratives. On intervient également dans le cadre de signalements par les citoyens qui voient quelqu’un de vulnérable. On peut également recevoir des signalements d’autres ASBL, via des agents de métro…

Le Guide Social : Vous êtes la seule antenne à Bruxelles.

Eva Dupont : Oui. Il y en a une autre à Liège. Sinon, il y a pleins d’autres ASBL qui travaillent autour de la question du sans-abrisme mais nous sommes un des seules qui réalisent un suivi sur le long terme.

Louise Allard : Même après que la personne soit stabilisée en logement, on poursuit le travail pour l’intégration de la personne dans la vie citoyenne autour d’activités culturelles par exemple.

Le Guide Social : C’est une phase où vous développez plutôt le projet de vie.

Louise Allard : Oui c’est ça. On entame ce processus quand l’environnement de la personne est stable, que tout se passe bien dans le logement, que tous les loyers sont payés … En gros quand on voit que la personne est prête pour avoir des activités en dehors.

Le Guide Social : Ce programme s’appelle On my Way et est développé pour éviter les rechutes et les retours en rue mais j’imagine qu’il doit malheureusement en avoir. Comment gérez-vous ces moments ?

Louise Allard : C’est toujours dur et on se pose toujours la question de qu’est ce qui n’a pas marché et qu’est-ce qu’on doit modifier, pourquoi ce logement n’était pas adapté…

Eva Dupont : Du coup, s’il y a une rechute, on considère que la personne revient à la rue donc c’est notre pôle qui la reprend en charge. On voit ce qui n’a pas fonctionné et on recherche les solutions adaptées. On peut retenter le Housing First quand c’est le logement qui n’allait pas.

Louise Allard : Oui, parfois c’est le quartier qui ne convient pas car il est trop proche d’une zone où la personne avait de mauvaises habitudes. Par exemple, il y a un patient qui a eu un appart près de la gare du Midi et ça n’allait pas. Maintenant, il a complétement changé de quartier et l’impact est super positif.

"On articule toujours notre approche autour de ce qu’ils veulent eux, de ce dont ils ont besoin et non pas de ce qu’on constate et qu’on considère être bon pour eux"

Le Guide Social : Le lien de confiance est un paramètre super important dans la création de la relation entre les personnes en rue et vous. Mais, il doit être difficile à créer... Comment se tisse ce lien ?

Eva Dupont : Ce n’est pas toujours évident cela peut prendre beaucoup de temps. (Rires) Alors après c’est toujours au cas par cas. Même si la personne nous refoule et ne veut pas nous parler, on y retourne toujours pour montrer qu’on est là. Au bout d’un moment, de voir qu’on revient régulièrement, des choses peuvent se débloquer car c’est comme tout un chacun, ils ont leurs humeurs et ne sont pas forcément disposé à parler là maintenant.

Les premiers contacts se font vraiment petit à petit. On ne les assomme pas de questions mais on échange un peu autour de l’hygiène, de comment ils font pour manger, pour s’hydrater... Après avoir éclairci ces facettes primaires, on passe aux sujets plus sociaux. Ça, c’est la démarche générale que chacun s’approprie en fonction de son caractère mais toujours dans une démarche de respect de la demande des patients. On articule toujours notre approche autour de ce qu’ils veulent eux, de ce dont ils ont besoin et non pas de ce qu’on constate et qu’on considère être bon pour eux.

Le Guide Social : Être aussi proche de la vie des gens, de ce qu’ils traversent…doit avoir son lot d’émotions. Comment gérez-vous la coupure entre votre journée de travail et votre vie privée ?

Eva Dupont : Le lâcher prise ! (Rires) Moi, c’est le trajet en train. Après, c’est sûr que quelque fois j’y pense, je me dis que j’aurais dû dire ou faire cela mais une fois que je suis à la maison, je peux passer à autre chose. En revanche, dans certaines situations, c’est compliqué et dans ces cas-là je me dis que je fais mon maximum.

Louise Allard : Pour moi aussi c’est le trajet. Sinon, on a la chance d’avoir des équipes assez soutenantes et le quart d’heure du matin permet de décharger. Mais d’avoir cette équipe derrière nous, aide beaucoup.

Eva Dupont : Chez Infirmiers de Rue, il y a beaucoup de choses qui sont mises en place pour ce bien être au travail. On a des coachs bien-être dans chaque équipe qui nous aident à mettre des stratégies de lâcher prise en place. Et avant chaque départ en maraude, on prend toujours la température concernant notre binôme, on se demande comment on se sent, s’il lui paraît difficile de gérer certaines choses et si on doit prendre le relais… il y a pas mal d’échanges et donc on se dit facilement les choses. La communication est super importante.

Le Guide Social : Est-ce qu’il y a un cliché à propos de votre profession que vous entendez et qui vous agace ?

Eva Dupont : Pas vraiment mais j’ai entendu mes collègues parler des sacs à dos. Avant ils étaient rose et du coup il y avait des réflexions comme quoi c’étaient les petites sauveuses aux sacs à dos rose. Il y avait un peu de moqueries. Mais maintenant, ils sont kaki-warrior ! (Rires)

"On cherche toujours des infirmiers ou des infirmières de rue"

Le Guide Social : C’est un outil qui semble indispensable dans votre pratique. Pouvez-vous nous dire ce que contiennent ces fameux sacs à dos ?

Eva Dupont : Pour la rue, on a un paquet de lingettes pour l’hygiène, on a des kits hygiènes avec du shampoing, des rasoirs, des serviettes hygiéniques… On emmène également des sous-vêtements et des vêtements que l’on adapte aux saisons. On distribue aussi de la documentation sur les points d’eau, les endroits où il est possible de prendre des douches, nos cartes... Pour l’aspect plus infirmier, on a un tensiomètre, un glucomètre, un saturomètre et une trousse infirmière avec tout le nécessaire pour les pansements. Enfin, on a une farde qui concerne chaque patient.

Louise Allard : Pour le pôle logement, c’est la même chose mais le contenu est plutôt adapté aux personnes que l’on va voir car on sait à qui on va rendre visite. Ha ! dernièrement, j’ai ajouté un mètre dans mon sac. (Rires) Il sert à prendre les mesures pour des rideaux ou des meubles qui peuvent être fournis gratuitement par nos partenaires.

Le Guide Social : Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui aimeraient rejoindre l’ASBL Infirmiers de rue ?

Eva Dupont : Déjà, tout le monde est le bienvenu ! (Rires) On cherche toujours des infirmiers ou des infirmières de rue.

Louise Allard : Tant que la personne est dans l’écoute, la bienveillance…

Eva Dupont : Il faut aimer la marche à pied ! (Rires)

Louise Allard : Dans le pôle logement, on marche moins. (Rires)

Eva Dupont : En tout cas, l’écoute active est très importante car elle permet de laisser la place aux patients de s’exprimer, voir ce qu’il amène de lui-même car il va amener ce qui est important pour lui. C’est une porte qui permet de rebondir et de mieux le connaître.

Louise Allard : Les silences sont également importants car ces temps permettent d’exprimer un sujet qui peut être chouette à aborder. On travaille aussi sur les ressources de la personne et donc cette écoute active permet de les repérer, les souligner et de valoriser la personne.

Le Guide Social : Y a-t-il une expérience qui vous a marquée en particulier ?

Louise Allard : Je pense à une personne qui a un parcours incroyable car c’est une dame qui a passé 10 ans en rue, qui a réussi ses études de commis de cuisine haut la main et qui va commencer ses stages dans quelques mois. Mais il y a pleins d’histoire où ça marche bien.

Eva Dupont : Oui, oui, ils ont énormément de ressources. La remise en logement permet de débloquer plein de choses et on se rend compte que c’est vraiment tout ce qu’il leur manquait. Et le fait de ne pas trop imposer un cadre aussi. Pour accéder à certains logements, il faut être sevré de l’alcool, rentrer dans un certain cadre alors qu’avec Housing First il n’y a pas ces conditions.

Le Guide Social : Qu’est-ce que serait un monde sans infirmières de rue ?

Eva Dupont : Sans nous, ça serait super triste ! (Rires)

Louise Allard : Comme le but de l’association est de mettre fin au sans-abrisme, si on n’agit plus, il y aurait encore plus de sans-abrisme.

Eva Dupont : Et on permet de temporiser aussi, d’éviter les conflits. Par exemple, on a une dame qui dort dans une bouche de métro et qui a déjà eu des problèmes avec les agents de la STIB. Du coup, on fait une réunion tous les mois, avec la STIB et qui nous signale les sans-abris. Ils nous demandent d’aller les voir pour leur expliquer que c’est dangereux car on a une manière plus adaptée d’aborder les personnes.

Le Guide Social : Enfin, pourquoi aimez-vous votre métier ?

Louise Allard : (Elle sourit) J’aime mon métier car il me permet d’être au contact des gens et de m’enrichir grâce aux échanges. Je cherchais aussi à avoir une bonne équipe car il me semble que pour bien prendre soin, il faut se sentir soutenu. Et ici, j’ai trouvé cet équilibre entre prendre le temps avec les patients et avoir une chouette équipe.

Eva Dupont : J’aime mon métier car je ne me lève jamais avec les pieds de plomb. (Rires) Je suis toujours contente de venir car je sais que je vais avoir ma dose de relationnel, ce qui manquait fort pendant mes études d’infirmière. J’adore le soin mais au final je crois que je préfère le prendre soin.

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