Assurance autonomie, Iriscare, travail associatif : ça bouge à Bruxelles !

Assurance autonomie, Iriscare, travail associatif : ça bouge à Bruxelles !

Beaucoup de changements sont en train de s’opérer dans le paysage social de la Région bruxelloise. L’assurance autonomie est en pleines discussions, Iriscare, le nouvel OIP de la Région est sur les rails et le travail associatif fait l’objet de beaucoup de critiques.

Cette année est synonyme de changements pour la capitale. Plusieurs initiatives concrètes voient le jour, dans des domaines comme la santé, le vieillissement ou l’économie. Pas toujours appréciées par le terrain, certains de ces projets sont le sujet de vives polémiques, surtout dans le secteur non-marchand. Ainsi, si le lancement du nouvel OIP bruxellois, baptisé Iriscare, est positif, le travail « associatif » (ou semi-agoral) suscite, lui, de vives critiques. L’assurance autonomie, elle aussi, engendre plusieurs débats.

Iriscare

Lancé ce 14 mai par les ministres en charge à la Région bruxelloise, ce nouvel OIP se veut un futur Inami ou Famifed. Un des objectifs de sa création ? « Veiller à ce que la complexité du secteur de l’Aide à Bruxelles soit clarifiée et accessible à tous », précise Didier Gosuin, en charge de la Santé à la Cocom. Et complexe, le secteur de la santé l’est certainement à la capitale. Dans la suite du transfert des compétences du Fédéral vers la Cocom, depuis la 6ème réforme de l’Etat, Iriscare prendra donc désormais en charge la santé, l’Aide aux personnes et les prestations familiales. La structure, bicommunautaire, reposer sur les Services du Collège réuni (de la Cocom) et Iriscare.

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Au niveau de sa composition, le ministre précise que « Nous avons des représentants du secteur, des acteurs qui viennent notamment de Famifed, du SPF Santé Publique, du SPF Sécurité Sociale et les personnes nommées ont évidemment un lien avec le secteur. Ainsi, Philippe Van Muylder, entre autres, de la FGTB, rejoindra l’OIP ». Par ailleurs, le ministre insiste également sur la volonté, suite aux récents évènements qui ont secoué la vie associative bruxelloise, de ne pas politiser le Conseil d’administration. « Le cadre légal a été balisé et des rapports devront être remis, bien évidemment, par les fonctionnaires dirigeants en vue d’éviter d’éventuelles dérives », continue Didier Gosuin.

Si le transfert des compétences commence dès mai 2018, il ne sera pleinement effectif qu’au 1er janvier 2019. Jusque-là, le ministre explique que, pour le terrain, on reste dans une situation de « stand still », les conditions fédérales étant, à l’heure actuelle, toujours maintenues. Cependant, au niveau de la première ligne, « il y a déjà un impact concret car les plateformes vont être fusionnées, afin d’avoir une meilleure intégration de la première ligne dans le système de soins. »

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La structure pourra également rendre des avis et des recommandations. Le budget ? Quelque 1,2 milliards d’euros. Pour Pascal Smet,en charge de l’Aide aux personnes « C’est un maillon important qui est aujourd’hui installé. La Région bruxelloise dispose désormais d’un organe lui permettant de gérer cette nouvelle compétence issue de la dernière réforme de l’Etat. Avec la Cocom, les Bruxellois gèrent en effet aussi des compétences aussi importantes que les allocations familiales ou les maisons de repos. Avec ce nouvel OIP, nous disposons d’un outil permettant la mise en œuvre de ces politiques. C’est primordial. »

L’assurance autonomie

Autre grand chantier bruxellois, celui de l’assurance autonomie. Si la Wallonie vient enfin de trouver son modèle, ce ne fut pas sans heurts. Censée être lancée en 2020, la future assurance autonomie wallonne, sous forme de participation annuelle financière de la part des citoyens de plus de25 ans, ne convainc pas. Pour l’instant, la capitale en est aux études, ce qui laisse à penser que le dispositif verra le jour à la prochaine législature.

Le travail associatif

Le travail associatif (ou semi-agoral) vise, dans le cadre de la relance économique initiée par la ministre fédérale de l’Action sociale, Maggie De Block, à octroyer à toute personne disposant d’un statut principal (salarié, indépendant, pensionné) des revenus non imposables, à hauteur de 6.000 euros par an. Très décriée par le secteur associatif, la mesure entrera cependant bien en vigueur, au grand dam du secteur, principalement celui de l’Aide aux personnes. Parmi les reproches adressés à la mesure, celui de voir une marchandisation des services grandissante. En effet, les associations reposent principalement sur l’aide de bénévoles pour subsister. Qu’en sera-t-il lorsque les personnes demanderont un « revenu » ? Également pointés du doigt, les secteurs visés par la réforme, très similaires aux professions de la CP329. Ayant fait l’objet d’une procédure en conflit d’intérêts par la Cocof début janvier, la mesure a cependant repris son parcours législatif après les 60 jours de gel. Elle devrait faire l’objet de plusieurs lois correctrices avant de voir le jour. Ce que déplore plus d’un, dont la ministre présidente de la Cocof, Fadila Laanan, « S’ils s’obstinent dans leur volonté d’aboutir à ce projet décrié, le gouvernement dirigé par Monsieur Charles Michel aura contribué à menacer nos politiques sociales » Du côté de De Block ? « Dans la presse, le cabinet de Maggie De Block se dit ouvert à la discussion et attend les demandes francophones. Dans les faits, nous constatons qu’aucune de nos démarches ne trouve de réponses positives, ni même de suites, au Fédéral » précise Fadila Laanan.

A.S.E



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