La dépénalisation de l’IVG reste au centre des débats

La dépénalisation de l'IVG reste au centre des débats

Elles étaient environ 1.600, ce week-end, à marcher dans la capitale en faveur d’une réelle dépénalisation de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). Même si la législation avance, les militants estiment que le nouveau texte qui doit être soumis au Parlement d’ici quelques semaines demeurent trop conservateur.

Ç’aura – et c’est encore – été l’un des débats de cette année 2018 : la dépénalisation de l’IVG. En Belgique, elle reste punissable et n’est autorisée qu’à certaines conditions. Ce week-end, environ 1.600 personnes ont manifesté pour faire savoir leur mécontentement face à une loi qui n’a toujours pas été remise en question. Au mois de mai, le sujet était déjà revenu sur la table des politiques et la majorité avait fait une proposition. Insuffisant pour les militants, qui estiment que le texte proposé demeure trop conservateur, notamment concernant le délai de réflexion de 6 jours imposé aux femmes qui choisissent cette option.

[DOSSIER]

- Proposition de loi sur l’IVG : La FLCPF s’exprime
- Pourquoi le projet de loi sur l’IVG continue de diviser ?
- IVG : un avis favorable des experts pour la dépénalisation
- La FWB s’engage en faveur du droit à l’IVG
- Un projet de loi pour sortir l’IVG du Code Pénal belge
- Les débats sur la loi IVG sont ouverts
- A quand un vrai débat sur l’IVG ?
- La situation sur l’IVG est bloquée en Belgique
- Faut-il sortir l’IVG du Code Pénal ?

L’avortement est un droit

Pour les militants de ce dimanche, il est important que les pouvoirs publics comprennent que l’avortement est un droit et dès lors, de faire des politiques publiques en conséquence. « Nous exigeons qu’une femme enceinte puisse décider en toute liberté de poursuivre ou non sa grossesse », expliquent des manifestants au Vif. « La loi doit reconnaître le droit de chaque femme à décider elle-même si elle souhaite ou non avoir des enfants, quand en avoir et avec qui. »

Un texte critiqué

Si la majorité est parvenue à proposer un nouveau texte, censé réguler les usages en matière d’avortement, celui-ci doit encore faire l’objet d’une approbation du Parlement, qui se penchera dessus dans les prochaines semaines. Néanmoins, ce « nouveau » texte ne convient pas, pour les manifestants. En effet, il prévoit un délai de réflexion de 6 jours imposé à la femme, ainsi qu’une interdiction d’avorter après 12 semaines, sauf exceptions, telles que si la santé de la mère est en danger ou s’il s’avère que l’embryon est atteint d’un al incurable. Pour les manifestants, ce texte n’est en rien un réel changement.

- [A lire] : La FWB s’engage en faveur du droit à l’IVG

« Cette proposition de loi est présentée comme une dépénalisation mais ne change rien du tout », relaie le Vif. « On continuera à criminaliser les femmes et des valeurs paternalistes d’un autre temps resteront en vigueur. Nous exigeons un allongement de la période pendant laquelle un avortement est permis et, surtout, une véritable dépénalisation. En France et au Luxembourg, l’IVG est déjà un droit, cela devrait être possible chez nous aussi. Les femmes de notre pays sont des citoyennes à part entière, elles ont le droit de décider elles-mêmes si elles veulent ou non poursuivre une grossesse. »

La FLCPF s’insurge également

Au début de l’été, la Fédération des Centres de Planning Familial s’insirgeait également contre ce nouveau texte, qu’elle qualifiait de « pseudo-libéralisation de la loi sur l’avortement ». Pour la Fédération,

En dépit de sa prétention d’opérer une « dépénalisation » qui constituerait « un accord historique pour les femmes » (sic !), force est de constater que cette proposition de loi est une coquille vide et qu’elle ne va en rien améliorer la situation des femmes confrontées à une grossesse non désirée.

- [A lire] : La situation de l’IVG en Belgique bloquée

En effet, la limite des 12 semaines de grossesse est maintenue dans la loi ainsi que le délai de 6 jours obligatoire entre la première consultation et l’interruption de grossesse, malgré l’avis quasi unanime des experts (y compris celui de la KUL) considérant ce délai de 6 jours comme obsolète. Cette proposition de loi ne résoudra en rien le triste sort de ces 500 femmes hors délai obligées de se rendre aux Pays-Bas, où leur IVG sera coûteuse.

Le Mouvement Réformateur et l’Open VLD, pourtant historiquement les défenseurs du droit à l’autodétermination et progressistes en matière de problèmes éthiques, semblent avoir capitulé devant l’aile conservatrice de la coalition gouvernementale.

- [A lire] : Les débats sur la loi IVG sont ouverts

La Fédération en appelait à une défense en masse contre cette proposition, bien trop conservatrice. A voir ce qu’en dira le Parlement dans quelques semaines…

Voir le reportage vidéo de Bx1 sur le sujet

La rédaction



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