La situation de l'IVG en Belgique est bloquée

La situation de l'IVG en Belgique est bloquée

La dépénalisation de l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est en ce moment au centre des préoccupations politiques. Après s’être prononcée en faveur d’une sortie du Code Pénal, Alda Greoli, ministre en charge de la Santé au gouvernement wallon a revu ses propos. Une "marche pour la vie" a aussi eu lieu dimanche après-midi pour lutter contre une telle mesure.

C’est un sondage du Centre d’Action Laïque (CAL) qui a ravivé la polémique. 75% des belges seraient en faveur d’une sortie du Code Pénal pour l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), afin qu’elle passe sous législation médicale. Depuis plusieurs années, la question fait l’objet de discussions intenses et de propositions de la part des différents partis politiques. Pourtant, aucune mesure n’a été prise, faute de consensus politique. En effet, certains mouvements, comme la "marche pour la vie" du week-end dernier, s’opposent farouchement à cette mesure. Ces derniers jours, c’est la ministre Alda Greoli qui s’est fait remarquer pour être revenue sur sa position après avoir déclaré que son parti, le cdH, se positionnait pour sortir l’avortement du Code Pénal.

[DOSSIER]

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Le cdH, pas très clair

Mercredi dernier, invitée sur le plateau de A Votre Avis, Alda Greoli s’est affichée en faveur d’une dépénalisation de l’avortement. Seulement, elle ne l’a pas fait en son nom ou en tant que ministre wallonne de la Santé, mais au nom de son parti. "Il me semble assez évident, et c’est la position du cdH, qu’il faut sortir l’avortement du Code pénal", a-t-elle déclaré, "Ça, c’est vraiment une position importante, et officielle". Le lendemain, coup de théâtre, la ministre revient sur sa position. Elle indique qu’une réflexion sur le sujet est toujours en cours au cdH. Le PS a donc saisi l’occasion pour déstabiliser son adversaire politique. "Mercredi, sur le plateau de la RTBF, le cdH était d’accord pour sortir l’avortement du Code Pénal, aujourd’hui, il retourne sa veste !", affirme Laurette Onkelinx au Soir.

Pourtant, la ministre wallonne en charge de la Santé a bien maintenu son avis d’un point de vue personnel. Elle a affirmé qu’une sortie de l’IVG du Code Pénal était selon elle nécessaire, en maintenant des sanctions vis-à-vis des dérives. Elle a aussi soutenu l’importance de la prévention en amont, comme le fait déjà l’EVRAS dans les écoles. "Le plus important dans ce dossier est à la fois de reconnaître la liberté de la femme et le nécessaire accompagnement d’un acte qui est et reste toujours difficile. C’est donc bien par le renfort de la prévention et de l’éducation sexuelle et affective que cette question passe d’abord", a-t-elle indiqué, à la RTBF.

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Une opposition forte

Si une majorité de personnes se positionnent pour une sortie de l’IVG du Code Pénal, la minorité contre se fait tout de même entendre. Dimanche 22 avril, ils étaient près de 800 selon la police dans les rues de Bruxelles pour manifester leur mécontentement face à une telle mesure. Ils ont ainsi déposé des roses blanches devant le Palais de Justice en symbole de leur engagement contre l’avortement. Les manifestants déplorent ce qu’ils considèrent être une "banalisation" de l’IVG, objectant que l’urgence est à la réduction du nombre d’avortements.

Le collectif "Haricot rouge" s’est opposé à la "marche pour la vie" en plaçant une trentaine de membres couchés devant le cortège. Selon l’une des contre-manifestantes, "Empêcher d’avorter de manière sûre ne fait pas diminuer le nombre d’avortements, mais augmente le nombre de femmes qui meurent en essayant d’avorter", rapporte La Libre.

Des propositions... mais pas beaucoup d’action

Depuis plusieurs années, la situation est bloquée en Belgique au sujet de l’IVG. En effet, de nombreuses propositions sont faites pour la retirer du Code Pénal, sans beaucoup d’effet. A la Chambre des Députés, pas moins de 7 partis ont déposé leur proposition de loi. Pourtant, le débat en Commission Justice a été repoussé. En effet, derrière chaque proposition, ce n’est pas seulement la sortie du Code Pénal qui est réclamée, mais aussi des mesures concrètes pour en faciliter l’accès et la pratique. Le délai maximal pour pouvoir avorter, actuellement de 12 semaines, est notamment en cause. En conséquence, de nombreuses femmes doivent se rendre aux Pays-Bas, où le délai est de 20 semaines.

L’avortement en Belgique, une situation complexe

En Belgique, l’article 350 du Code Pénal précise que toute personne qui aurait fait avorter une femme, même consentante, pourra être condamnée si cette dernière n’a pas été reconnue par un médecin comme étant dans un "état de détresse". L’IVG peut être pratiquée à l’hôpital, mais aussi en centre de planning familial, où elle est remboursée en quasi-totalité.

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La rédaction



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