Le fonds Blouses Blanches approuvé : une première amélioration mais...

Le fonds Blouses Blanches approuvé: une première amélioration mais...

Ce mercredi, la Commission de la Santé a approuvé le fonds Blouses Blanches. Ce fonds d’urgence va permettre d’améliorer les conditions de travail des infirmiers au niveau fédéral. Cependant, cet effort doit être poursuivi avec un refinancement structurel et des mesures au niveau régional.

Depuis de longues semaines, la Chambre des Représentants était agitée par ce débat. Mardi dernier, le groupe de travail du Parlement présidé par le député PS, Marc Goblet, a trouvé un arrangement sur le moyen de mettre en œuvre le fonds Blouses Blanches. Un amendement a donc été déposé mardi soir auprès de la Commission de la Santé. Hier, les députés membres de la Commission ont voté à l’unanimité en faveur de l’adoption du fonds Blouses blanches. Ainsi, une enveloppe de 67 millions sera prévue pour cette fin d’année. Chaque année, 400 millions seront aussi alloués au fonds pour une amélioration des conditions de travail du personnel infirmier.

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Une victoire globale pour le milieu hospitalier

L’ensemble des infirmiers qui relèvent de l’échelon fédéral sont concernés par cet accord. Ainsi, le groupe de travail du Parlement a décidé que 59 millions seront dédiés au personnel infirmier salarié du secteur hospitalier et à domicile, et, que 8 millions seront versés au personnel indépendant des mêmes secteurs. Ainsi, la somme dédiée au personnel infirmier salarié sera gérée par le fonds Maribel social, cogéré par les partenaires sociaux, employeurs et organisations syndicales du secteur. Ces derniers vont donc pouvoir décider comment l’argent sera dépensé.

Le but principal de cet accord est d’engager du personnel hospitalier pour soulager les infirmiers soumis à des cadences inhumaines. Carine Rosteleur, Secrétaire régionale du CGSP, nous explique : « Les employeurs vont devoir embaucher de nouveaux infirmiers. Faire revenir des professionnels peut aller vite ou lentement, tout dépend de la volonté politique de les soutenir dans leur travail. En effet, des horaires flexibles doivent leur être proposés. Beaucoup d’infirmiers n’exercent plus au sein du secteur public car ils se voient imposés des horaires trop contraignants pour une vie de famille (tels que le travail de soirée ou durant le weekend). Ainsi, si les employeurs annoncent aux nouvelles recrues qu’elles peuvent revenir à des horaires arrangés, cela va motiver beaucoup plus de professionnels. Une revalorisation barémique permettrait aussi de plus valoriser le personnel infirmier. De plus en plus de connaissances techniques leur sont demandées alors qu’aucune reconnaissances financières et institutionnelles ne suivent derrière. »

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Un appel à un soutien plus poussé

Ce fonds Blouses Blanches représente un premier financement qui vient de manière urgente aider le personnel hospitalier. Cependant, Carine Rosteleur rappelle qu’il faut que cette mesure soit accompagnée d’un refinancement plus large : « Le fonds Blouses Blanches constitue un financement d’urgence dans une situation d’urgence. Bien sûr ce nouveau budget est apprécié, cependant cette mesure ne bouche en rien le trou que Maggie de Block a fait. De plus, face à une population vieillissante, si un refinancement structurel global n’a pas lieu, cette situation de détresse du personnel infirmier va perdurer dans le temps. »

Aussi soumis à des cadences infernales, les infirmiers des maisons de repos et de soin ne sont pas concernés par cet accord puisqu’ils dépendent du niveau régional. Les députés fédéraux ont donc lancé un appel aux autorités régionales pour qu’elles trouvent aussi un accord. Le chef de file du groupe PTB, Raoul Hedebouw, a annoncé : « J’appelle les Régions à emboîter le pas et dégager également un budget. La pression qui règne sur le personnel des maisons de repos ou dans les institutions qui prennent en charge les personnes handicapées est aussi importante qu’à l’hôpital ou à domicile. » Caroline Rosteleur souligne. « Les autorités fédérales jouent sur la régionalisation des maisons de repos et de soin afin de ne pas avoir à gérer la question de leur financement. Un cahier des revendications a été mis en place par le CGSP afin de prendre en compte les revendications des travailleurs de ces structures. Le BMF budget des moyens financiers doit être augmenté de façon structurelle pour faire face à cette crise et au besoin en santé de la population. »

Les professionnels de la santé espèrent donc que cette première mesure budgétaire marque le début d’une réflexion plus large de la part du pouvoir fédéral et d’une prise d’action de la part des pouvoirs régionaux.

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A.T.



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