Apprendre, un bon anti-dépresseur ?

Apprendre, un bon anti-dépresseur ?

Guitare, danse africaine, céramique, les apprentissages en guise d’aide thérapeutique. Et si le bonheur était dans le plaisir d’apprendre ?

Définitivement, le plaisir et l’apprentissage font bon ménage. De nouvelles compétences, acquises sur un mode ludique, renforcent l’estime de soi, enrichissent le réseau social, offrent un espace d’expression précieux et permettent, dans leur exercice, une concentration apaisante. En ce sens, une activité d’apprentissage constitue un très bon adjuvant au travail thérapeutique mené dans nos cabinets.

Le jeu pour penser le monde

On le sait, les enfants jouent, le plus sérieusement du monde, pour penser ce qui les entoure. A travers ces apprentissages ludiques, dans un plaisir jubilatoire et spontané, ils ordonnent peu à peu leur rapport aux autres et à eux-mêmes. Le jeu, avec son cadre et ses règles, avec la joie qu’il procure, avec l’espace transitionnel qu’il offre, est bien thérapeutique. Cela vaut aussi pour les adultes…

Réseau social enrichi

L’apprentissage de n’importe quelle discipline a besoin d’un climat de confiance et de bienveillance pour se dérouler de manière optimale. De plus, le caractère très souvent collectif de l’activité permet de nouer de nouveaux contacts et d’enrichir ainsi le réseau social du praticien en herbe. Enfin, le partage du plaisir renforce les liens du groupe et permet de rencontrer l’autre autrement. C’est dire si les effets sociaux de l’apprentissage sont un atout d’importance dans un contexte de solitude.

Estime de soi renforcée

Progresser, sentir que ce qui n’était pas possible le devient, qu’une certaine aisance voit peu à peu le jour dans la discipline choisie, voilà qui va résolument de pair avec des satisfactions narcissiques. L’estime de soi se trouve dès lors véritablement enrichie par ces satisfactions engrangées. Si l’activité permet également la créativité artistique, elle devient alors un média qui permet l’expression de soi et de l’autre, bien à l’abri du cadre d’apprentissage.

Concentration sereine

Enfin, l’apprentissage nous ouvre les portes de la concentration apaisante car il se développe souvent dans une attention qui engage tout notre être, une sorte de ‘pleine conscience’ accessible à tout un chacun. L’effort demandé et accordé est alors bien plus précieux que le résultat car c’est lui qui donne du sens à la démarche. Et cerise sur le gâteau, la joie sera très souvent au rendez-vous. Car comme le remarque le philosophe Lenoir, la joie est toujours le fruit d’un effort et lui donne son prix.

Pour le plaisir…

Bien sûr, cette aide thérapeutique apportée par les divers apprentissages demande d’oublier le culte de la performance chère à notre société. L’apaisement psychique ne pourra se faire sentir que si le résultat n’est pas l’unique but de la manœuvre. De plus, n’oublions pas que l’apprentissage n’est pas une panacée. Il n’est qu’un outil qui, conjugué à d’autres, englobé dans un accompagnement pertinent, constituera une facette parmi d’autres du cheminement de (re)construction de soi.

DB, psychologue

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