Travailleur social : retrouver le sens premier de notre métier

Travailleur social: retrouver le sens premier de notre métier

Face à la lassitude professionnelle, aux questionnements, à une certaine perte de sens, il est parfois nécessaire de revenir aux essentiels. Qui ne s’est jamais trouvé dans la situation de ressentir une certaine perte de sens de son métier ? Qui ne s’est jamais dit qu’entre le désir de départ, ce qui a motivé le choix de la profession, et l’exercice concret de cette dernière, le pas était parfois trop grand ? Qui n’a jamais eu cette impression de perte d’équilibre ?

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Nous sommes souvent tiraillés entre nos valeurs et certains impératifs de nos métiers, entre ce que nous voudrions faire et ce que nous faisons réellement. À certains moments, nous nous posons la question de notre réelle utilité dans le paysage social. Notre travail est régulièrement encombré de toute une série de tâches parallèles qui deviennent énergivores et chronophages. Du fonctionnement en réseau découle souvent une tendance à la réunionnite …

Lassitude et automatismes

À un certain moment, tout ceci peut entraîner une certaine lassitude, des automatismes qui nous font perdre le sens premier de notre métier et notre motivation à l’exercer. Lorsqu’on y réfléchit, c’est bien compréhensible : si nous choisissons d’exercer un métier dans le secteur social, bien souvent, nous sommes un tantinet idéalistes. Nous voulons contribuer à l’amélioration de la société, venir en aide aux personnes plus fragilisées, être un acteur de changement.

Un changement qui se fait attendre … parfois trop

Sauf que, très souvent, le changement se fait attendre. Nos actions n’ont que peu d’impacts à court terme : il faut souvent des années, voire des générations, pour constater certains changements, souvent minimes. Il y a de quoi déchanter, pour qui veut sauver le monde … Parfois nous doutons même de notre utilité … Par exemple lorsque nous voyons les enfants de nos bénéficiaires franchir notre porte. À certains moments, nous nous demandons ce que signifie encore le terme « social » dans l’intitulé de notre fonction, notamment lorsqu’on nous déguise en gendarme dresseur de pauvres.

Travailleur social ou agent administratif ?

Certains aspects de notre travail ont tendance à prendre une place de plus en plus prégnante : tâches administratives, réunions diverses et variées, comités tout aussi divers et variés, etc. Si certains travailleurs trouvent leur refuge et leur équilibre dans ces tâches, pour d’autres, elles finissent par s’apparenter à un labyrinthe au creux duquel leur métier originel se cache de plus en plus. Du coup, ils finissent par se perdre et devenir agents administratifs, au même titre que les premiers.

Une question de sens … et de direction

Et puis à un moment, on s’interroge. Sur le sens de ce que l’on fait, sur les motivations qui nous ont fait choisir ce métier, sur notre place, sur la manière dont on veut évoluer, sur la direction que l’on prend. Parfois on s’y trouve très bien et en adéquation avec nos valeurs, et c’est tant mieux ! Dans d’autres cas, on ne sait plus trop : ce qu’on fait là, pourquoi, comment. Il nous faut alors retrouver le sens de notre métier et comprendre ce qui nous arrive, pour emprunter la direction adéquate pour nous.

Une question de « Pourquoi »

Dans ces cas, il est de la plus haute importance de s’arrêter. Littéralement, un temps de pause est nécessaire. Que ce soit une retraite, un week-end, des vacances, seul, en famille, avec l’aide d’un professionnel, etc. Prendre de la distance, à la fois temporelle et géographique est nécessaire, car il nous faut nous recentrer. Ce recentrage a pour but de comprendre notre « Pourquoi », ce qui nous anime. Ce qui fait sens au plus profond de nous, ce que nous aimons faire, la raison pour laquelle nous voulons nous lever chaque matin. Parfois, ce « Pourquoi » sera assez aisé à trouver, et à d’autres moments il faudra le chercher un peu. Une fois débusqué, tout s’éclaire. Ce que nous avons à faire devient alors évident et nous pouvons mettre en place le nécessaire. Et, le plus important, (re)mettre de la joie dans nos actions.

MF - travailleuse sociale

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