Visites autorisées et encadrées dans les centres d'aide à la jeunesse

Visites autorisées et encadrées dans les centres d'aide à la jeunesse

Alors que le déconfinement suit son cours en Belgique, les autorités débattent de la question des visites dans les centres d’hébergement de l’aide à la jeunesse. Les mineurs n’étant pas considérés comme une population à risques face au virus, leur situation est différente de celle des maisons de repos et des centres pour personnes handicapées. Malgré tout des précautions sont nécessaires, et cette reprise des visites se fait à pas de tortue. L’occasion pour le député écologiste Matthieu Daele de s’enquérir de la situation, et pour la Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Valérie Glatigny, d’apporter des éclaircissements.

La question des visites dans les centres d’hébergement, qu’ils accueillent des retraités, des personnes handicapées ou des jeunes, est une donnée politique aujourd’hui, du fait de la crise sanitaire. Les mineurs ne faisant pas partie des catégories de personnes dites « à risques », la reprise des visites dans les centres d’hébergements de l’aide à la jeunesse est l’occasion d’un débat des autorités, en cette période de déconfinement.

C’est pourquoi, le député écologiste, Matthieu Daele, a saisi l’opportunité des questions au gouvernement pour aborder cette thématique et confronter la Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Valérie Glatigny. Avant d’évoquer cette question, il convient d’abord de faire le point sur la situation. Comme l’indique le député : « Lors de sa réunion du 15 avril, le Conseil national de sécurité (CNS) a autorisé les résidents des structures d’hébergement à recevoir la visite d’un proche désigné, à la condition que celui-ci ne présente aucun symptôme de la maladie depuis deux semaines ».

Cela sous-entend que les centres d’hébergements de l’aide à la jeunesse sont concernés par cette recommandation. Ce qui a été confirmé par Valérie Glatigny le lendemain « à l’occasion d’une réunion informelle » selon Matthieu Daele. La ministre consulte ensuite le secteur. Or, les acteurs ne semblent pas « favorables à des visites de parents au sein des structures » arguant que « maintenir une distanciation sociale nécessaire apparaît plus complexe pour les enfants et les jeunes » et que « la rupture de fin de visite pourrait s’avérer, dans certains cas, plus traumatisante que réconfortante pour les enfants » comme l’explique le représentant politique écologiste.

Nouveau revirement le 4 mai, lorsqu’une task force flamande autorise les visites aux « enfants et aux jeunes qui résident dans un centre ouvert ou fermé de l’aide à la jeunesse de la Communauté flamande ». De la même manière, le service des tutelles autorise les promenades pour les mineurs étrangers non accompagnés, sous respect de la distanciation sociale. Par conséquent, le constat est clair, les mineurs « connaissent des réalités différentes en fonction du lieu où ils sont hébergés » comme l’affirme le député. Quand on sait que les mineurs ne sont pas considérés comme un public à risques mais que cette situation de confinement peut plus facilement les affecter, on s’interroge.

Trouver un équilibre et gérer au cas par cas

D’où la question de Matthieu Daele : « Pouvez-vous me dire si cette mesure d’interdiction des visites pour le secteur de l’aide à la jeunesse va être alignée sur le modèle flamand par exemple, ou suivre les recommandations du service des tutelles ? Je souhaiterais obtenir des éclaircissements de votre part pour savoir ce qui est permis et autorisé, et selon quelles conditions. »

La réponse de la Ministre de l’Aide à la Jeunesse s’articule autour de trois arcs bien précis. D’abord : « trouver l’équilibre entre la sécurité sanitaire des enfants et du personnel et la nécessité, pour les enfants, de rencontrer leurs parents ». Puis, faire en sorte de gérer ces visites ou retours en famille « au cas par cas ». Enfin, il faut travailler en fonction de l’âge des enfants, car « l’application des règles de sécurité, [la] distanciation physique et [le] port de masque (…) ou (…) l’impossibilité du contact physique entre parents et enfants » peut avoir des conséquences sur les jeunes enfants.

L’autre priorité étant évidemment de continuer de limiter la propagation du virus. C’est-à-dire ne pas lâcher tout le monde dans la nature, car « le travail en silos réalisé jusqu’à ce jour par bon nombre d’institutions a permis d’éviter la propagation de la maladie ». En clair, les visites seront autorisées mais encadrées, avec des limites qui seront déterminées au cas par cas avec les familles et les institutions.

De quoi réjouir le députe Mathhieu Daele, qui affirme que : « plus le confinement dure, plus la situation est compliquée » pour ces enfants. Citant la Ligue de l’enseignement et de l’éducation permanente, il indique : « pour les enfants et ados en institution, le confinement imposé par le Conseil national de sécurité face au Covid-19, c’est un confinement dans une vie déjà confinée ». Il semble donc bienvenu de ne pas rajouter du confinement au confinement.

[Sur le même sujet] :
- Confinement : le quotidien chamboulé des enfants placés
- Aide à la Jeunesse : le confinement renforce les inégalités
- Coronavirus : le dilemme pesant des AMO pendant le confinement
- Aide à la jeunesse : "Nous sommes les parents pauvres de la crise"
- Aide à la jeunesse : recrutement de personnel dans les services d’hébergement
- Béatrice, éducatrice dans la petite enfance, lance un coup de gueule
- Coronavirus : "Non, la quarantaine n’est pas romantique pour tou.te.s !"
- Santé : le personnel a besoin de matériel de protection au plus vite !
- Coronavirus : les indépendants font face au danger de la faillite
- Éducateurs, travailleurs sociaux… les oubliés de la crise sanitaire
- Travailleurs sociaux, entre envie de servir et inquiétude



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus