Au SIAMU, agents en grève et administration sous la loupe

Au SIAMU, agents en grève et administration sous la loupe

Le Syndicat Libre de la Fonction Publique (SLFP) a décidé d’activer mardi 20 février le préavis de grève du Service d’Incendie et d’Aide Médicale d’Urgence (SIAMU), entré en vigueur le 5 février. En cause, la charge de travail des agents et le manque de communication avec l’administration. En parallèle, la commission spéciale chargée d’étudier la gestion du SIAMU s’organise ; les premières auditions démarreront le 27 février.

Le 5 février dernier entrait en vigueur le préavis de grève du SLFP pour le SIAMU. Mardi 20 février, le syndicat a décidé d’activer ce préavis qui couvre toutes les actions du personnel, en dehors des missions d’urgence. Les agents du SIAMU dénoncent l’augmentation de la charge de travail et un manque de moyens. Dans le même temps, pour faire la lumière sur les ingérences de l’institution, la commission spéciale s’organise et planifie ses auditions.

Activation du préavis de grève

Le préavis de grève et d’actions du SIAMU a donc été activé mardi matin à 8h. Il couvre toutes les actions en dehors des missions urgentes. Le syndicat conseille néanmoins au personnel "de remplir scrupuleusement et à l’hôpital les rapports d’interventions de transport en ambulance sous format papier" et de les conserver.

Mardi matin, une trentaine de pompiers ont ainsi investi le conseil de direction, soutenus par le SLFP et 2 délégués de la Centrale générale des services publics (CGSP). Ils y ont exposé leurs doléances devant un représentant du cabinet de Cécile Jodogne, la secrétaire d’Etat bruxelloise en charge.

Une assemblée générale aura lieu le 27 février afin de discuter des propositions structurelles pour alléger la charge de travail des agents.

Améliorer les conditions de travail

Les causes de la grève sont multiples. D’abord, le Syndicat Libre de la Fonction Publique dénonce un "manque récurrent de personnel". Avec l’augmentation du nombre d’intervention, le charge de travail des agents du SIAMU est considérable. Le manque de moyens et d’équipement est aussi en cause, ainsi que les lieux de travail considérés comme inappropriés.

Enfin, le SLFP déplore un manque de communication entre l’administration et les responsables hiérarchiques, ainsi qu’avec le corps opérationnel. Eric Labourdette, dirigeant responsable du syndicat, affirme à la RTFB : "Les responsables qui vivent dans une tour d’ivoire ne voient pas les problèmes du terrain." Un autre manque de communication avait déjà été soulevé lors du préavis de grève, avec la dénonciation des plans de formations de 5 jours mis en place dans le cadre de la réforme du SIAMU en début d’année, sans concertation des organisations syndicales.

Les dispositions de la commission spéciale

Alors que les agents de terrain sont en grève, la gestion administrative du SIAMU est aussi en cause. En effet, la commission spéciale, mise en place suite aux auditions en commission des Affaires intérieures, s’organise pour les vacances de Pâques. Une première séance d’installation et d’organisation de ses travaux a prévu les premières auditions pour le 27 février. A cette occasion, les 4 officiers pompiers en charge des marchés publics seront entendus.

Ces auditions seront suivies par celle du responsable financier, du comptable, du juriste, du spécialiste des marchés publics et du responsable financier du SIAMU le mardi 6 mars. Le mardi suivant, le 13 mars, ce sera au tour des représentants de l’Inspections des Finances et des 3 ASBL gravitant autour du corps des pompiers. Enfin, le 20 mars, Robert Delathouwer, Pascal Smet, Benoît Cerexhe, Christos Doulkeridis et Cécile Jodogne, les ministres et secrétaires d’Etat successifs en charge du SIAMU, seront entendus. La commission est composée de 15 membres et est présidée par le député-bourgmestre de Forest Marc-Jean Ghyssels (PS). Il y aura deux co-rapporteurs : Vincent De Wolf (MR) et Serge de Patoul (DéFI).

Des fraudes au SIAMU ?

Le MR a diffusé en décembre dernier un rapport de la Cour des Comptes qui révèle des irrégularités dans la gestion du SIAMU entre 2012 et 2015. Il existerait ainsi des conflits d’intérêt sur certains marchés publics et des rivalités entre les dirigeants opérationnels, la direction administrative et les représentants syndicaux. Ces dysfonctionnements existeraient depuis de vingt ans. Des auditions ont été réalisées mais n’ont pour le moment pas permis d’écarter la possibilité de fraude.

[A Lire]

- Une Commission spéciale pour le SIAMU
- Le SIAMU n’a fourni aucune explication sur les irrégularités
- Le SIAMU de Bruxelles prépare sa campagne de recrutement la plus importante



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus