Au SIAMU, le terrain gronde et l'enquête démarre

Au SIAMU, le terrain gronde et l'enquête démarre

Mardi 27 février se tenaient les premières auditions de la Commission spéciale du SIAMU. Les membres du service logistique entendus ont dénoncé le manque de moyens pour encadrer le personnel administratif en charge des marchés publics. Sur le terrain aussi la situation est agitée : le front commun syndical réclame une hausse de l’effectif de garde.

Depuis quelques mois, le SIAMU est en pleine agitation. Suite aux révélations concernant sa gestion interne, une Commission spéciale a été mise sur pied et ses travaux ont commencé mardi 27 février. Cinq membres du service logistique ont été entendus et déplorent un manque de moyens pour accomplir leurs missions. Dans le même temps, sur le terrain, 150 pompiers ont assisté à une assemblée générale lors de laquelle le front syndical a réclamé une hausse des effectifs de garde, notamment en passant des demi-gardes en gardes de 24 heures.

"Nous étions livrés à nous-mêmes"

Lors de la première séance de la Commission spéciale, ce sont les pompiers qui ont géré les marchés publics de l’institution sur les 10 dernières années qui ont été entendus. Les 5 membres du service logistique (Michel Grignard, Dirk De Pauw, Jean-Marie Ledeghen, Pierre Menu et Franklin de Herdt) ont souligné que la gestion des marchés publics par des opérationnels était liée au manque de moyens pour encadrer le personnel administratif. Selon Michel Grignard, responsable du service, "Concernant le traitement des dossiers, nous étions livrés à nous-mêmes. Les autres services n’avaient pas les moyens de nous soutenir. Au service juridique, il n’y avait qu’une seule personne qui avait déjà beaucoup de dossiers", rapporte la RTBF. Il explique aussi que si des formations internes sur les marchés publics ont été prévues, elles n’ont pourtant jamais été réalisées.

Des accusations démenties

Lors de cette séance, les pompiers interrogés ont aussi contesté la rumeur selon laquelle des ambulances seraient parties sans matériel médical adéquat. Selon eux, cette situation n’aurait jamais eu lieu. Ils ont aussi contesté la déclaration de la Cour des Comptes selon laquelle les membres du SIAMU auraient refuser de coopérer lors de l’enquête. Le responsable du casernement, Pierre Menu, a déclaré que la Cour des Comptes n’avait jamais demandé aux pompiers ni oralement ni par écrit, de collaborer.

Sur le terrain, une demande pour plus d’effectifs

En parallèle de la Commission spéciale, se tenait une assemblée générale à la caserne de l’Héliport à Bruxelles. 150 pompiers ainsi que les 3 syndicats concernés étaient présents. Une demande a été formulée pour une hausse des effectifs de garde. Après un vote, l’assemblée a décidé de rajouter 2 pompiers par 24 heures dans les grands postes bruxellois et 4 à la caserne de l’Héliport. Lors de cette assemblée générale, les propositions structurelles pour alléger la charge de travail demandées n’ont pas été communiquées. Après avoir dénoncé une "pression insoutenable" pour les pompiers du SIAMU, les syndicats demandent de faire passer les demi-gardes de jour en gardes de 24 heures. Ils contestent aussi la réduction des gardes depuis la baisse au niveau 3 d’alerte.

L’horizon de la réforme

A la Commission comme sur le terrain, la réforme qui entrera en vigueur le 1er mars apparait comme la possibilité d’un renouveau. En effet, les membres du service logistique interrogés en Commission ont salué la "volonté de faire avancer les choses" avec notamment le recrutement d’une personne spécialisée dans les marchés publics. Les pompiers pourront aussi discuter de leurs revendications au premier conseil prévu après la réforme le 6 mars. Les syndicats ont d’ores et déjà annoncé que si celui-ci est reporté, ils iront manifester devant les représentants politiques.

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- Le SIAMU n’a fourni aucune explication sur les irrégularités
- SIAMU : quid de la réforme ?



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