Toujours en burn-out malgré les vacances...

Toujours en burn-out malgré les vacances...

Je ne sais pas vous, mais j’ai déjà vécu un burn-out au travail. Lorsque j’étais dans cette situation, j’ai tout tenté pour aller mieux : faire plus de sport, passer plus de temps avec mes proches, faire des activités qui me faisaient du bien, partir en vacances … Rien n’y a fait. Je me suis enfoncée dans ce mal-être jusqu’à en avoir littéralement les jambes coupées. A ce moment-là, il était trop tard, et j’ai dû arrêter de travailler. Je ne suis pas la seule dans le cas : les vacances ne soignent pas le burn-out.

Il est important de distinguer le burn-out d’une fatigue passagère, ou d’une certaine lassitude temporaire. Tout au long d’une vie, nous allons vivre des moments qui vont nous interroger profondément sur nos choix, et remettre en question certaines de nos orientations. Parfois, notre travail nous semblera vide de sens pour ces raisons, mais il ne s’agit pas forcément d’un burn-out. De même, à certains moments, nous accumulons stress et tensions, sans pour autant qu’il s’agisse d’une situation de burn-out.

Ne pas confondre burn-out et fatigue passagère

Nos vies sont intenses et très chargées. Nous faisons face à de nombreuses obligations, dont le nombre et la complexité augmentent avec le temps. Nous travaillons moins que nos aïeux, mais notre niveau de stress au travail est plus élevé. Parce que nous vivons dans une société de l’immédiat, nous devons travailler plus et plus vite. Il en va de même pour nos vies privées : nous en faisons plus, mieux, et encore plus. Tout cela est fatiguant et peut causer une accumulation de stress et de tensions.

Partir en vacances, se reposer, déconnecter quelques jours suffit la plupart du temps à se sentir mieux dans ces cas-là. Qui plus est, parfois, une déconnexion momentanée a pour effet de nous aider à mettre nos choix en perspective, ce qui nous incite à les remettre en question. Nous opérons alors de temps à autre des changements dans nos vies : en faire moins mais mieux, consacrer plus de temps à ne rien faire, ou à faire des activités qui nous aident à nous reconnecter.

Le burn-out n’est pas à prendre à la légère

Un burn-out est bien plus complexe et délicat. Déconnecter, partir en vacances, s’entourer de ses proches, faire des activités permettra tout au plus de supporter la situation un peu plus longtemps, mais ne la fera pas disparaître. Un burn-out est un épuisement professionnel profond qui est généralement défini comme une réponse prolongée à des facteurs de stress émotionnels et interpersonnels chroniques au travail. Le burn-out comporte de multiples symptômes qui sont bien plus conséquents qu’une « simple » fatigue ou lassitude. De plus, il est causé par de nombreux facteurs, comme l’environnement professionnel, le contexte de vie personnelle, etc. Qui plus est, nous ne sommes pas tous égaux face au burn-out : certains d’entre nous y sont plus sensibles que d’autres.

Il nécessite une réponse adaptée

Partir en vacances ne résout pas les causes du burn-out, qui sont souvent une charge de travail excessive, la pression chronique du temps, les conflits sociaux, les procédures abusives et l’incongruence de motivation. Un burn-out prend racine au sein de problèmes complexes et profonds, il nécessite donc une réponse adaptée, que ne sont pas deux semaines de vacances … Même si ces dernières, en nous faisant prendre du recul, peuvent permettre de se rendre compte que l’on a un problème !

Prendre le temps et reprendre du pouvoir d’action

Résoudre un burn-out signifie s’attaquer à ses causes. Pour ce faire, il est important d’être soi-même en état de le faire, ce que l’on est rarement lorsque l’on vit une telle situation. Il faudra donc parfois prendre une longue période de repos, suivre une thérapie, prendre le temps qu’il faut. Cela signifie aussi identifier les causes du burn-out et, parmi ces causes, celles sur lesquelles on a un pouvoir d’action et la manière dont on peut exercer ce pouvoir. Car en effet, parfois, nous ne pourrons pas influer sur ce qui pose problème, surtout s’il s’agit de facteurs propres à l’organisation de l’institution.

Un soutien thérapeutique peut réellement aider à identifier les zones de liberté, celles où nous pouvons reprendre du pouvoir d’action afin de modifier la situation et de sortir de ce cercle vicieux, de la manière la plus adaptée pour nous.

MF - travailleuse social

[Du même auteur]
- De l’injonction à la résilience chez le travailleur social
- Éducateur spécialisé, le parent pauvre
- L’hypnose, un formidable outil pour le travailleur social
- Travailler en réseau : bénéfices et difficultés
- Les travailleurs sociaux sont-ils tous sur un pied d’égalité ?
- Travailleur social : gérer la lassitude professionnelle
- Gérer l’expression de nos émotions avec nos bénéficiaires
- Gérer l’expression de nos émotions avec nos collègues et notre hiérarchie
- Pourquoi nos métiers sont-ils si peu crédibles ?
- Eviter l’épuisement professionnel
- Les travailleurs sociaux et leur rapport à l’argent
- Travailleur social : cumuler plusieurs emplois pour ne pas s’épuiser
- Et moi, émoi... De l’importance des émotions dans le travail social
- Pauvreté et justice sociale : quand la colère gronde
- "Travailleur social " : fourre-tout institutionnalisé
- Travailleurs pauvres, les nouveaux bénéficiaires ?



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus