Travailleur social : actions concrètes pour atteindre un objectif et résoudre un problème

Travailleur social: actions concrètes pour atteindre un objectif et résoudre un problème

Définir correctement un problème et un objectif avec la personne est une chose, l’accompagner vers la résolution, le changement en est une autre. Nous sommes alors dans un accompagnement beaucoup plus concret, jalonné d’actions à accomplir, de tâches concrètes. Cependant, une tâche, pour être efficace, et pour servir à la résolution du problème, à l’atteinte de l’objectif, doit répondre à des caractéristiques bien précises.

[DOSSIER]
- Prendre soin de soi en tant que travailleur social
- Importance de la définition de problème en travail social
- Prendre de la distance par rapport à soi en tant que travailleur social

En premier lieu, une tâche est une action. Il ne s’agit pas d’un processus déconnecté, intellectuel. C’est un acte qui engage le corps physique de la personne, qui s’inscrit dans quelque chose de concret. Il n’est plus ici question de réflexion pure, de disserter sur le problème ou sur l’objectif. Il est question de poser un acte concret. Bien entendu, une tâche permet de valoriser la personne, elle doit être réalisable facilement, c’est, en quelque sorte, le plus petit pas possible.

Une tâche a toujours un sens

Une tâche n’est jamais inutile, elle doit servir à quelque chose, et la personne doit comprendre ce à quoi elle sert. Idéalement, elle a elle-même formulé cette tâche, ou en tout cas participé à sa formulation. Le but poursuivi par cette tâche est clairement verbalisé et compris. En effet, si la personne ne parvient pas à réaliser la tâche, c’est très probablement que cette dernière n’aura pas de sens à ses yeux ou que le niveau est trop élevé, la tâche hors d’atteinte pour le moment. Il vaut mieux commencer petit et multiplier les étapes, toujours dans un objectif de valorisation de la personne.

Une tâche est précise

Une tâche est très précise, elle répond à une certaine temporalité, elle s’inscrit dans un contexte précis, avec des personnes particulières, elle se déroule dans certains lieux. Si la définition de la tâche est vague, le risque est qu’elle ne soit jamais réalisée, que la personne soit perdue, ou que la tâche soit mise en œuvre dans des contextes où elle n’est pas nécessaire.

Elle engage la personne et est suivie

La tâche engage la personne. Physiquement, cette dernière va poser un acte concret, elle s’engage à la faire, elle se met en mouvement, en action. Bien entendu, l’intervenant suit le bon déroulement de cette tâche, qui n’est jamais trop complexe, ou d’un niveau trop élevé pour être mise en œuvre. De même, la tâche respecte l’écologie de la personne et de son environnement.

Quid de la non-réalisation

Parfois, même souvent, il arrive que nous soyons confrontés à des personnes qui biaisent, ne réalisent pas les tâches qu’ils s’étaient engagés à réaliser, etc. Une analyse très souvent entendue est alors « ils sabotent ». Effectivement, mais c’est un peu simpliste. En partant du principe que chacun fait toujours de son mieux avec les moyens qui sont les siens à un moment donné et que derrière tout comportement, il y a une intention positive pour la personne, on peut en déduire que la non-réalisation de la tâche traduit quelque chose d’important.

Importance de la définition du problème et de l’objectif

Ce peut être au niveau de la définition du problème en tant que tel. En effet, si la personne n’adhère pas à cette définition, pourquoi mettrait-elle en œuvre des actions pour y remédier ? Si le problème n’existe pas à ses yeux, il n’est nullement besoin de le résoudre. De même si elle estime n’avoir aucun rôle à jouer dans le problème qu’elle vit. Le souci peut aussi se situer au niveau de la définition de l’objectif. Si la personne estime que l’objectif définit ne va pas l’aider à résoudre son problème, elle freinera forcément des quatre fers pour le mettre en œuvre.

Importance de l’écologie

Parfois, la tâche proposée n’est pas écologique, elle met à mal des valeurs importantes pour la personne, ou encore, elle risque de mettre à mal son environnement. Elle peut aussi être trop complexe, un pas trop grand à faire. Elle peut venir bouleverser trop de croyances, être trop malmenante. Dans tous ces cas, la position basse adoptée par l’intervenant va permettre de continuer à valoriser la personne, tout en s’adaptant à son rythme car, après tout, il s’agit de son problème et de son objectif.

MF - travailleuse sociale

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