La griotte du mois : "La gestion de crise pour les nuls..."

La griotte du mois:

Au menu de la griotte de ce mois : de la croissance, des schizophrènes et bien évidemment, une belle brochette d’incompétents.

Cette semaine, alors que le quidam belge se découvre une nouvelle passion pour les visseuses, la colle à bois et les ficus, j’ai, pour ma part, poussé un cri de soulagement : la crise, c’est fini ! À nous les cocktails hors de prix, les pieds dans le sable sur une mer du Nord noire de monde, à se tortiller les uns contre les autres dans la sueur et la promiscuité !

Quoi ? Non ? Ce n’est pas le cas ? Mais, tout est sous contrôle, non ? Les hôpitaux manquent de médicaments ? Les professionnels de la santé coupent dans le tissu des chaises de leur salle d’attente pour se faire des masques en attendant que le Fédéral ne daigne bouger ? Les gens crèvent dans les maisons de repos alors que les soignants sont aux abois ? Non, mais non… Regardez mes beaux chiffres, ça baisse, non ? Le reste, c’est anecdotique…

Ce qui ne l’est pas, c’est la manière dont nos élus gèrent la situation. Et de fait, ce qu’il faut retenir, c’est que l’heure est au déconfinement ! La reprise ! La croissance ! La pandémie, on oublie ! On sort les billets, on retourne travailler et on se tait ! Mais par contre, on met des masques – si on en a – et on se tient à distance parce qu’en soit, on ne sait pas trop… Et puis, il est possible qu’on puisse faire marche arrière tout en faisant gaffe de ne pas saper à nouveau notre économie quand même !

Schizophrénique ? Non, nos ministres ne sont pas fous ! Peut-on postuler qu’ils sont un peu dépassés par la situation ? Certes ! Sont-ils incompétents en temps de crise ? En temps de crise, seulement ? Oh ! Vous y allez bien fort, me direz-vous. Après tout, l’Élu du peuple ne fait qu’appliquer ses convictions, avec ses compétences et ses limites. On ne peut pas reprocher à un gouvernement de ne pas être instruit en matière de pandémie, en gestion de stock de masques FFP2 ou en psycho-traumatisme. Alors, on cherche des pistes, on écoute un coup Elio pendant que Maggie se cure le nez, puis on laisse causer Jan sinon il va râler et enfin, Sophie reprend le contrôle, calme le jeu et décide de se retourner vers un panel de gens qui savent : des experts, des scientifiques, des acteurs de terrain… On les cite, on les met en avant, mais les écoute-t-on réellement ? Nuance, voyons… On parle de politique ! Écouter, c’est une chose, répondre aux besoins, c’en est une autre !

Les acteurs de terrain, je les vois dépérir, je les entends se plaindre depuis bien longtemps, ils sont anéantis, mais ils continuent à se battre, quitte à y laisser leur peau. Et pendant ce temps-là, que fait-on ? On les applaudit durant trois minutes à 20h. On les félicite en conférence de presse. Oh les pauvres, ces héros… Ils meurent… Sacrifiés sur l’autel de quoi, au juste ? De l’économie, des enjeux politiques, de l’incompétence ?

En conclusion, un jour, nous sortirons réellement de cette crise. Ce sera le moment de faire le bilan, de rendre des comptes et sachez-le, Mesdames et Messieurs les Ministres, il est fort peu probable que vous vous en sortiez. On ne vous considèrera pas en héros, il n’y aura pas d’applaudissement, ça fera mal certainement, mais vous serez en vie… C’est déjà ça, non ?

M.

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