Le bulletin social : "À propos d’égalité à l’accès aux soins de santé"

Le bulletin social:

En pleine transition gouvernementale, une question reste sur toutes les lèvres : face à l’accès aux soins de santé en Belgique, sommes-nous tous égaux ? Tentative de réponse avec T. Persons.

« Le travail, c’est la santé. Rien faire, c’est la conserver. »
H. Salvador

Ah ! La santé, il n’y a rien de tel… Ces derniers mois, et la crise que nous traversons, nous le rappellent à chaque instant. Ce n’est pas un hasard si nos politiques s’écharpent sur cette question épineuse : à quel point doit-on investir dans ce dossier ? À l’heure actuelle, le système des soins de santé est-il efficace ? Oui, mais il est sous-financé. Est-il équitable ? Non.

Vous me demanderez certainement à juste titre d’où je tiens une telle affirmation. Globalement, en tant qu’acteur de terrain, il suffit d’ouvrir les yeux pour s’apercevoir que ceux qui ont le plus besoin de soins sont généralement ceux qui en ont le moins les moyens, à tous points de vue. C’est de l’observation, un constat dénué de tout chiffre. Bref, aux yeux des politiques, ça ne vaut rien.

Alors, j’ai été creuser plus loin, à la recherche de rapports, d’études, de chiffres. Quelque chose qui pourrait parler, qui ferait prendre conscience à nos Élus que la situation actuelle est problématique. Et j’ai été étonné : à la fin de ce mois de juillet, dans une relative indifférence, l’INAMI a mis en ligne un rapport demandé à l’European Social Observatory sur les inégalités d’accès aux soins de santé en Belgique et - ô surprise - , c’est assez alarmant.

Un rapport, plusieurs leçons

Dans les grandes lignes, ce rapport souligne plusieurs points. Premièrement, l’accès aux soins de santé se détériore pour les personnes vulnérables. Vous me direz, on enfonce une porte ouverte, là ? Oui, on le sait. Une autre information est que le système belge, de par sa complexité, constitue un frein supplémentaire qui n’est pas négligeable. Ce n’est donc pas qu’une question d’argent ou de financement. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, être remboursé, c’est compliqué, ça décourage. Puis, le rapport enfonce le clou en expliquant que la numérisation progressive des services sociaux, administratifs et de santé vont amplifier cette complexité.

Que doit-on en retenir ? Il nous faut plus de sous, certes, mais il faut également revoir en profondeur la manière dont se déploie cette machinerie complexe. Et c’est là que le bât blesse. Non, mais vous ne comprenez pas, si on simplifie les choses, les gens vont se mettre à réellement utiliser ce pour quoi ils payent un impôt. Serait-il fallacieux de croire qu’il est plus simple d’injecter de l’argent ponctuellement - pour faire plaisir aux quidams - que de se retrousser les manches pour proposer un service simple et efficace que les gens qui n’ont pas un diplôme en génie civil pourront décemment comprendre ?

Bref, complexifier l’accès aux soins de santé, c’est s’assurer que les gens n’y feront pas appel. Est-ce volontaire ? Je n’en sais rien, après tout, je ne suis qu’une voix du terrain, je n’ai pas de chiffre, ni de preuve, ni rien. Par contre, il y a un constat : cela ne fonctionne pas et maintenant, rapport à l’appui, on le sait. Du coup, il reste une question simple à poser à nos Ministres compétents, sans enrobage, pour s’assurer qu’ils nous comprennent : on fait quoi ?

T. Persons

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