Élections : les politiques doivent prendre soin de nos infirmiers !

Élections: les politiques doivent prendre soin de nos infirmiers!

L’Union Générale des Infirmiers de Belgique plaide pour une politique plus juste et positive envers la profession infirmière. A quelques semaines des élections, elle vient ainsi d’adresser sept revendications concrètes à nos futurs mandataires politiques. Décryptage.

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Des normes d’encadrement de qualité

Pour l’Union Générale des Infirmiers de Belgique, il est urgent que les politiques prennent des mesures qui offrent des conditions de travail supportables pour les infirmiers. Pour se faire, il conviendrait de mettre en place un nombre d’effectifs en suffisance et de tenir compte, dans les décisions, de la durabilité, de la prévention des risques psychosociaux, des risques de troubles musculosquelettiques ou bien encore de l’absentéisme du personnel soignant lié à la surcharge de travail. Tout cela en renforçant les conditions qui permettent d’offrir aux patients des soins de haute qualité.

Concrètement, l’UGIB réclame « l’augmentation, l’adaptation et, le cas échéant, la création de normes relatives aux infirmiers et aides-soignants selon les besoins spécifiques du terrain, qualitativement et quantitativement. Des normes/critères de personnel aussi bien pour le service de jour que de nuit dans tous les secteurs intra et extra-hospitaliers, y compris celui des soins résidentiels (MR-MRS), les services et pratiques de soins infirmiers à domicile ainsi que le secteur tertiaire, soit les entreprises. » La prise en charge de maximum 8 patients par service et par infirmier : voilà une autre revendication de l’union professionnelle. « Aujourd’hui, en Belgique, un infirmier prend en charge durant son service plus ou moins 11 patients, contre une moyenne européenne de 8 patients », déplore-t-elle.

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Une différenciation de fonctions équitable

Les infirmiers interviennent dans un large spectre de secteurs : à domicile, à la crèche, dans la rue ou bien encore dans les maisons de repos. « La même formation de base donne donc accès à une multitude de fonctions différentes, que ce soit au sein d’une même institution ou dans divers secteurs », rappelle-t-elle. Et de rajouter : « Même s’il s’agit toujours de la même profession, sa pratique diffère en fonction de la formation, éventuellement de la spécialisation, du terrain et du domaine, ainsi que de la fonction que l’infirmier occupe. Les différentes fonctions existantes dans les institutions hospitalières ont été étudiées, décrites et pondérées sur la base de la méthode IFIC. » Cette classification de fonction a engendré une discrimination entre le personnel infirmier. Face à ce constat, l’UGIB réclame donc une révision et adaptation de la classification de fonctions IFIC. Autre revendication : « la pérennité et l’augmentation du budget accordé par le gouvernement à la modernisation de la classification de fonctions, pour que ce projet puisse être réalisé et activé à 100 % et de manière équitable pour toutes les fonctions infirmières. Le budget actuel attribué à ce projet ne permet pas de financer entièrement le nouveau modèle salarial ! Seul le quart du modèle salarial prévu à l’origine pourra être mis en application ! »

Des moyens de formation adéquate et de qualité

L’Union Générale des Infirmiers de Belgique le martèle : impossible d’offrir des soins de qualité sont bénéficier une formation suffisante, adéquate mais également continue. Elle demande donc une seule filière de formation bachelier euro-conforme. Et quid de la formation HBO5/brevet ? L’UGIB est pour un titre distinct, non infirmier et non-euro-conforme.

Elle demande aussi aux autorités publiques de financer une formation continue de 60 heures sur 4 ans financée au devrait suivre tous les infirmiers. Cette prescription permettrait de garantir la continuité des soins de qualité via le maintien mais aussi l’amélioration des connaissances. Pour se faire, il faudrait « élargir le système de congés payés de formation à tous les secteurs, aussi bien publics que privés », estime-t-elle. Elle plaide aussi pour « le renforcement du niveau de formation du futur aide-soignant, avec une formation plus complète de niveau HBO5, des compétences et une liste d’actes élargie, plus autonome mais qui reste sous l’autorité déléguée de l’IRSG. Avec une formation adéquate conduisant à un nouveau titre, une nouvelle fonction et un barème adéquat. »

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Meilleure structuration/coordination des activités

Reconnaître la plus-value du rôle et des compétences infirmières : voilà un point également réclamé par le secteur. Il est également urgent de mettre en place « une meilleure organisation du département infirmier incluant, à partir d’une certaine taille d’établissement, une fonction d’infirmier en chef et/ou un « infirmier coordinateur » des soins et/ ou un « directeur de soins infirmiers ». »

Voilà pourquoi l’union demande notamment la désignation d’un infirmier en chef par tranche de 30 résidents/patients ainsi que d’un infirmier coordinateur des soins à temps plein à partir de trois infirmiers en chef et à chaque nouvelle tranche de 150 résidents.

Une représentation réelle et équilibrée dans les organes

« Les infirmiers représentent le plus grand groupe de professionnels des soins de santé. Pourtant, ils sont, (parfois) à dessein, écartés des décisions qui les touchent et influencent leur travail », rappelle à juste titre l’UGIB. Pour changer la donne, elle exige donc l’implication et l’intégration obligatoire de la profession infirmière dans les décisions touchant la profession infirmière et leur mise en application.

Cela n’ira pas sans une représentation équilibrée et suffisante des infirmiers dans notamment tous les conseils et commissions organisés par l’Autorité fédérale et par les Autorités régionales. Une représentation étendue, revue et proportionnelle des infirmiers dans les différents conseils et commissions au sein de l’INAMI est également nécessaire.

Une plus grande reconnaissance et un meilleur financement

« Il est temps de reconnaître les spécificités du métier d’infirmier, qui n’a cessé d’évoluer, et d’investir dans la profession, aussi bien en ce qui concerne la formation, la recherche en soins infirmiers, la réflexivité infirmière, l’attractivité de la profession et les pensions », peut-on lire dans le mémorandum.

Rayon revendications, l’union plaide ainsi pour le soutien mais aussi la revalorisation de la liste d’actes et de la nomenclature au niveau de la prévention, de l’éducation et de la supervision infirmière ou encore de la modernisation du financement. Elle demande également aux élus de demain de revoir et financer des études/enquêtes concernant l’organisation du travail des infirmiers dans les différents secteurs et de reconnaître, de valoriser et de rémunérer équitablement les actes techniques infirmiers.

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Des moyens pour une pratique de qualité

À la veille des élections de mai, l’Union Générale des Infirmiers de Belgique insiste sur le fait qu’il est aussi urgent que primordial que « le monde politique prenne conscience de « la réalité du terrain » et du vécu au quotidien de la profession infirmière, parfois qualifiée de « muette », car elle n’exprime pas son malaise. Elle se sacrifie aux dépens de la santé publique sans reconnaissance ni considération. »

Dans les futures décisions qu’ils prendront, les élus de demain devront absolument reconnaître la pénibilité du métier des praticien de l’art infirmier. Et, de manière globale, tout mettre en œuvre pour assurer enfin un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée !

Lire la totalité du mémorandum de l’Union Générale des Infirmiers de Belgique.



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