Le CPAS de Namur est-il insuffisamment doté ?

Le CPAS de Namur est-il insuffisamment doté ?

A l’occasion du conseil communal qui s’est tenu hier soir à Namur entre la ville et le CPAS, le PS namurois a fait le bilan du soutien apporté à la politique sociale... insuffisant selon lui. Entre 2014 et 2020, les dotations au CPAS auraient diminué au point d’attendre un manque à gagner de 10.5 millions d’euros. Une accusation que le bourgmestre, Maxime Prévot (cdH), dément.

A Namur, le PS s’en prend à la politique sociale de la majorité. Selon lui, la dotation communale au CPAS aurait largement diminué ces dernières années, dégradant ainsi les conditions de vie des Namurois. En effet, les CPAS étant particulièrement actifs pour l’intégration, leur rôle est multiple et touche de nombreux aspects de la vie sociale. Maxime Prévot, bourgmestre de la ville, conteste : il affirme que le CPAS ne s’est pas appauvri, il a même reçu de nouveaux moyens. Au centre de ces querelles politiques, c’est l’avenir de l’institution qui est véritablement en jeu.

Une accusation…

C’est lors d’une réunion préliminaire au conseil communal que le PS a examiné la situation du CPAS de Namur, afin de déterminer son projet en la matière dans le cadre de la campagne électorale. Les socialistes ont ainsi relevé une baisse des dotations de la ville entre 2014 et 2020. Le manque à gagner s’élèverait par exemple à 70.900 euros pour 2015, et 1.9 millions d’euros pour 2018. En cumulant les pertes, le PS a estimé que le montant s’élevait à 10.5 millions d’euros sur ces quelques années. "En 2012, on nous avait assurés d’une augmentation de la dotation communale au CPAS, et d’une continuité dans les politiques sociales", déclare Kristel Karler, conseillère de l’action sociale, au Soir. "Ce n’est pas du tout ce qui s’est produit. En fait de continuité, il y a eu une véritable rupture. En 2014, le collège a annoncé une baisse de la dotation entre 2015 et 2020", confirme-t-elle.

Le parti politique d’opposition dénonce aussi le manque d’adéquation entre le nombre d’emplois au CPAS et l’augmentation des besoins des bénéficiaires. Ainsi, l’augmentation du nombre d’équivalents temps plein (ETP) de 612 à 639 ne serait pas suffisante au vu du nombre de dossiers.

- [A lire] : Le CPAS de Forest en bien mauvaise posture

... réfutée

De son côté, Maxime Prévot réfute. "En aucun cas, le CPAS n’a vu ses moyens diminuer. Que du contraire", affirme-t-il à RTL Infos. Au cours du conseil communal, il a ainsi déclaré que la politique sociale était le premier champ de dépenses de la ville, après la rémunération du personnel communal. Le bourgmestre a ensuite relevé l’augmentation de plus d’un million d’euros dans la dotation du CPAS depuis 2013, ajoutant que celle-ci serait à nouveau accrue sur la période 2019-2023.

- [A lire] : Quelles nouveautés pour les CPAS en matière d’intégration sociale ?

L’aide sociale en jeu

Si le montant de ces dotations fait l’objet de telles querelles, c’est que c’est toute la politique sociale qui est en jeu si le CPAS vient à manquer de moyens. En effet, cette structure, complexe dans son organisation, fournit une aide aux plus démunis, en les poussant vers l’insertion. Pour les travailleurs sociaux du CPAS, il s’agit donc d’accorder suffisamment de temps, et une aide adaptée aux personnes précarisées. Sans les dotations suffisantes, la réalité devient donc bien plus difficile pour ces acteurs de première ligne.

- [A lire] : Le Fédéral vient en aide aux CPAS

La rédaction



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus