Le Plan wallon de lutte contre la pauvreté est lancé !

Le Plan wallon de lutte contre la pauvreté est lancé !

Jeudi 8 mars, le gouvernement wallon a présenté son nouveau Plan de lutte contre la pauvreté. Il mise sur 3 axes prioritaires : l’emploi, la lutte contre la pauvreté au quotidien et des droits automatisés.

Alors que la grande précarité est devenue particulièrement inquiétante suite au froid hivernal, le ministre-président wallon Willy Borsus a déposé le 1er mars au Gouvernement une note d’intention quant au Plan de lutte contre la pauvreté. Jeudi 8 mars, le gouvernement wallon dévoile le Plan final, orienté autour de 3 grands axes : l’emploi, la lutte contre la pauvreté au quotidien et l’automatisation accrue des droits. Willy Borsus a ainsi déclaré que "le Gouvernement était mobilisé pour réduire la pauvreté, résolument social et qu’il proposait un Plan fort afin de ne laisser personne sur le bord de la route."

Faire de l’emploi une priorité

En Wallonie, le taux de risque de pauvreté est très élevé chez les inactifs, principalement les chômeurs (45,9 % des chômeurs vivent en dessous du seuil de pauvreté en 2016 alors qu’en moyenne générale, le taux de personnes en-dessous du seuil de pauvreté est de 15,5 %).

Le gouvernement wallon souhaite donc faire de l’axe "Emploi" une priorité, notamment via une validation accrue des compétences (avec une attention spécifique pour les métiers en pénurie), une meilleure qualification des adultes (dispositifs d’alphabétisation, de préqualification, d’enseignement de promotion sociale…) et une réforme des dispositifs "articles 60 et 61" en vue de les optimiser.

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Des mesures pour lutter contre la pauvreté au quotidien

Le Gouvernement annonce qu’il entend appréhender le phénomène de la pauvreté dans sa totalité et accorder une attention particulière aux mesures qui permettent d’éviter que des personnes ne "basculent" dans la précarité et l’appauvrissement. Il met aussi en avant l’importance de développer des approches complémentaires à la seule approche économique, en tenant par exemple compte de l’indice de "déprivation matérielle". Le gouvernement wallon souhaite donc prendre des mesures dans les domaines suivants, entre autres :

- Logement : réformer les systèmes d’attribution des logements publics, renforcer les soutiens régionaux visant à améliorer la qualité du logement et/ou sa performance énergétique et augmenter l’offre en matière de prêts hypothécaires sociaux, déployer les abris de nuits...
- Alimentation : favoriser la distribution des invendus alimentaires, coordonner l’aide alimentaire ou encore favoriser la création d’épiceries sociales et restaurants sociaux
- Energie : améliorer la salubrité et la performance énergétique des logements via la réforme des primes et des prêts, favoriser l’accès à l’énergie et renforcer l’accompagnement spécifiques aux publics précaires
- Santé : augmenter l’accessibilité des services de santé de proximité ainsi qu’aux dispositifs de médecine préventive
- Politiques familiales : mettre en œuvre le modèle wallon d’allocations familiales ainsi que l’assurance-autonomie, réformer les Services d’aide aux familles et aux aînés mais aussi prévenir le surendettement (dispositifs d’information à l’étude)

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Automatiser les droits des personnes

Le gouvernement wallon souhaite automatiser davantage de droits dérivés wallons, comme le tarif social pour l’énergie, les suppléments aux allocations familiales pour les familles à bas revenus ou les droits des personnes en médiation de dettes et en règlement collectif de dettes.

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Une pauvreté préoccupante

Grâce à ce Plan de lutte contre la pauvreté, le Gouvernement souhaite mieux cerner les problématiques et y apporter des solutions, en amplifiant certaines mesures antérieures et en en proposant de nouvelles. L’objectif est ainsi de favoriser l’autonomie sociale et matérielle des personnes. Le gouvernement wallon prévoit aussi une évaluation du premier Plan de lutte contre la pauvreté.

Le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en Wallonie est depuis plusieurs années à un niveau que le Gouvernement considère comme "très préoccupant". En effet, il concerne actuellement 26 % de la population, alors que la moyenne pour la Belgique est de 21 %. En Flandre, ce taux est de 15%. La situation est particulièrement grave en Wallonie où 7,8 % de la population vit dans un ménage en situation de déprivation matérielle sévère.

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