Sans-abrisme : "La solidarité ne doit pas disparaître après la crise"

Sans-abrisme:

Depuis 60 ans, l’ASBL l’Ilot héberge et vient en aide aux personnes en grande précarité. Sa porte-parole Chloé Thôme espère qu’une fois la crise passée, les associations de son secteur conserveront une plus grande considération. [Un article de monasbl.be]

L’ASBL l’Ilôt compte autour de 50 employés et 50 bénévoles. Leurs services sont répartis dans trois maisons en Wallonie et à Bruxelles. Ils hébergent notamment des personnes en difficulté économique ou sociale. "Chaque maison accueille environ 25 personnes. Ce sont des familles confinées ensemble, nous n’avons donc pas vraiment de problème vis-à-vis de la pandémie pour ces personnes-là", indique Chloé Thôme, porte-parole de l’ASBL.

C’est leur centre d’accueil qui pâtit essentiellement du confinement. Celui-ci compte un restaurant social, un service de lessive, de consigne à bagages et de douche ouvert 7 jours sur 7. "Ce service nous permet d’avoir une première approche avec le public précarisé", continue Chloé Thôme. "Ainsi, tout le monde ne demande pas à être hébergé : beaucoup vivent dans la rue, mais fréquentent les centres pour de petits services comme se doucher. Cela prend parfois des mois pour nouer avec eux une relation de confiance, mais c’est grâce à cela que certains ont, au bout de plusieurs années, envie de réactiver leurs droits pour avoir un logement, renouer avec leur famille et le monde de l’emploi."

Distance sociale dure à maintenir

L’association a adapté son restaurant en une distribution de repas dehors : elle prépare ainsi le petit déjeuner tous les jours, et son public reçoit ses repas en file. "On a doublé le nombre de repas et de petits déjeuners pour en atteindre respectivement 80 et 30 environ", confie-t-elle. "On a reçu de la ville des barrières en plastique et l’on a scotché des croix au sol pour respecter une distance de 1m50 de sécurité. Dans la file, on voit de nouveaux visages de personnes qui avaient sans doute un boulot et un hébergement avant la crise et qui ne savent plus se nourrir. La Belgique compte énormément de travail au noir, et du jour au lendemain ces gens se sont retrouvent sans revenus."

Faire respecter les distances de sécurité s’avère toutefois compliqué. "Il suffit d’avoir un ou deux individus qui ne sont pas dans leur état normal, qui arrive violent ou désespéré dans la file. Nous n’avons aucun masque pour nous permettre de les calmer, il faut leur parler à distance, ce qui nécessite beaucoup de patience, de résilience et d’engagement."

Manque de valorisation

Selon Chloé Thôme, les personnes essentielles à la société ne sont pas très valorisées. "Les éducateurs, encore moins !", s’exclame-t-elle.

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