Le bulletin social : "La saturation des hôpitaux : quand le politique va droit dans le mur"

Le bulletin social:

Alors que l’on commente de manière véhémente les mesures prises par le comité de concertation de notre nouveau gouvernement, T. Persons revient sur une cause sous-jacente à cette situation : le risque de saturation des hôpitaux.

« Il s’agit de savoir comment on gouverne. Depuis toujours, il n’y a que deux méthodes : la force ou la ruse. »

L. Aragon

Une communication qui se veut pédagogique. Un sourire forcé et une tape dans le dos. Un petit effort, pardi ! Allez la populasse ! On se confine, c’est pour « le bien ». Sortir, « c’est mal ». On simplifie le discours, on prend des raccourcis. De toute façon, c’est pas comme s’ils étaient fichus de comprendre quoi que ce soit, les gueux. Alors on restreint, on coupe, on tranche dans le social, plutôt que de créer du lien. Et l’État de Droit ? Non, mais vous ne pigez pas ! On s’en fout des libertés. Puis, l’Ordre Publique est suffisamment flou pour qu’on puisse agir en son nom. On trouvera bien une parade ! Il y a urgence, là ! Faites-nous confiance, l’État, c’est un bon père de famille. De temps en temps, il faut savoir serrer la vis. C’est pour votre bien, qu’on vous dit ! Alors, on prend sa plus belle posture, humaine mais ferme, et en regardant droit dans la camera tout en montrant son index, on dit : une personne, pas plus. Le patriarcat a de beaux jours devant lui…

Vous me direz, il est bien remonté, lui, aujourd’hui ! Les chiffres ne sont pas bons, c’est ça ? Certes, il y a des chiffres, des diagrammes en bâtonnet, des courbes qui montent, qui grimpent de manière exponentielle, sans faiblir et qui pourraient bientôt quitter la feuille, tellement que c’est catastrophique, mais derrière les statistiques, il y a un système qui hurle et que l’on entend pas. Et puis, c’est pas comme si on ne l’avait pas vu venir… Soit, Les hôpitaux tirent la sonnette d’alarme. Les médecins traitants sont dépassés, les soignants sont sur les rotules. Et quelle est la réponse ? On débloque un budget. Certes, les soins de santé sont sous-financés et c’est une bonne nouvelle, mais quand on y réfléchit, quand un adolescent confie à ses parents qu’il est à l’aube de la catastrophe de sa vie et que pour toute réaction, on lui tend un billet, on est à même de se demander si les géniteurs se soucient réellement du problème…

D’un ton paternaliste à une attitude démagogique

Bref, ça me chipote. Si l’État, tout vertical qu’il est, n’a que l’argent et la coercition comme réponse à cette crise sanitaire, on est bien loin de revoir une courbe en demi-molle. Alors, je m’interroge. Et si, la réponse ne devait pas venir de la force, de la puissance de l’État, mais plutôt de la somme des individus ? Et si on se disait que pour désaturer les hôpitaux, il ne fallait pas prendre des mesures drastiques, mais drastiquement changer de ton. Avec notre nouveau gouvernement, on est passé du ton paternaliste à une attitude démagogique. Et si on arrêtait de prendre les gens pour des cons ? Et si on partait du postulat que lorsque les humains comprennent, ils trouvent en eux les ressources pour se transformer ? Et si, dans une logique participative, on demandait aux gens ce qu’ils voudraient mettre en place pour lutter activement contre cette épidémie qui nous touche tous ?

Certes, taxez-moi d’utopiste. Néanmoins, le torchon brûle. Une partie de la population ne comprend pas et, malgré tout, on continue à jouer la même chanson, tout en se disant qu’il n’y a qu’une seule manière de faire diminuer le taux de transmission d’un virus : isoler les gens. À quel point peut-on se tromper ? L’avenir nous le dira. En attendant, les soignants saignent et attendent l’hiver avec une crainte bien justifiée qu’aucun euro ne pourra jamais vraiment apaiser.

T. Persons

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