Le bulletin social : "Portrait du nouveau Ministre de la Santé"

Le bulletin social:

La Belgique retrouve un gouvernement de plein exercice. Inespéré, il fait rentrer dans la danse un nouveau Ministre de la santé, le socialiste flamand Frank Vandenbroucke. L’occasion rêvée pour T. Persons d’en faire le portrait.

« Une bonne parole éteint plus de feu qu’un baquet d’eau. »
Proverbe Portugais

He’s Back, bitches ! C’est dans son style très fleuri, que Corner Rousseau nous a annoncé le retour en politique – pour la troisième fois de sa carrière – de l’économiste Frank Vandenbroucke, au poste très compliqué, mais ô combien important, de la santé.

Il faut dire, l’ensemble du secteur n’a pas encore réellement saisi l’information. Alors qu’une moitié est dans les tranchées à préparer les potentielles difficultés de l’hiver qui s’annonce, le reste a franchement la gueule de bois, conséquence logique du pot de départ arrosé de super Maggie qui, pour beaucoup d’entre nous, a été joyeusement fêté. Bref, c’est la tête dans le coton que l’on a découvert le lapin socialiste sorti du chapeau gouvernemental. La surprise du chef !

Assez rapidement, une première question est venue à la bouche des plus jeunes d’entre nous : qui est notre nouveau Ministre ? En dehors du fait d’avoir traumatisé les associations de médecins et d’autres acteurs de terrain avec ses réformes visant à assainir les soins de santé, Frank « el mechero » Vandenbroecke a de l’expérience en tant que Ministre Fédéral : les affaires sociales, les pensions ou l’emploi sous Verhofstadt I et II. Il s’est aussi fait la main à la région flamande où il a officié à l’emploi et à l’enseignement. Il est surtout connu pour sa capacité à donner l’ordre de brûler l’argent sale du parti socialiste flamand alors qu’il en était le président en 1995, le spectre de l’affaire Agusta planant autour de ces cinq millions de francs belges cachés dans un coffre de banque du SP.

"Même un médecin à la santé, c’est compliqué"

Soit, tout le monde a droit à une seconde chance, non ? Peut-on reprocher à un homme de vouloir faire disparaître quelque chose de gênant en le brûlant alors que d’autres en aurait profité pour payer leur cotisation à l’Ordre de Malte ou au Rotary Club ? Donc, en dehors de ses qualités à trouver une solution à un problème, on peut se poser la question de sa compétence à gérer une matière aussi spécifique que la Santé. De prime abord, avoir un économiste à la santé n’est peut-être pas des plus réjouissant, mais depuis la jurisprudence De Block, on s’est rendu compte que même un médecin à la santé, c’est compliqué.

Après tout, l’homme est connu pour être dynamique et suffisamment intéressé que pour connaître son portefeuille ministériel. Puis, je vous le rappelle, il y a quelques semaines, on imaginait avoir un ministre NVA à la Santé. Bref, peut-on réellement se plaindre ? Les idéalistes diront que oui. Les plus pragmatiques s’en accommoderont, se disant que cela ne peut pas être pire que ce que l’on a connu ces dernières années. Et puis, il y a les cyniques comme moi, qui souhaitent la bienvenue à notre nouveau Ministre tout en pointant du doigt qu’il est ironique de choisir un pyromane pour éteindre le feu que son prédécesseur avait allumé.

T. Persons

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