Le Fédéral se mobilise contre la radicalisation

Le Fédéral se mobilise contre la radicalisation

Denis Ducarme, ministre fédéral de l’Intégration sociale, lance un projet de prévention de la radicalisation dans les CPAS. L’objectif : former les assistants sociaux à la détection des premiers signes et à l’attitude à adopter.

La radicalisation est devenue un enjeu majeur de ces dernières années, au point qu’il peut même paraître invasif pour certains intervenants sociaux. Si la Belgique francophone s’est récemment unie pour une meilleure prévention du phénomène, c’est aujourd’hui au tour du Fédéral de se saisir du sujet. Denis Ducarme, ministre de l’Intégration sociale, a ainsi annoncé le lancement d’une formation à destination des assistants sociaux dans les CPAS, afin de mieux comprendre le processus de radicalisation et pouvoir le signaler rapidement. Un budget a ainsi été débloqué afin que les formations commencent dès le mois de septembre.

Une formation bientôt disponible

Face aux problématiques complexes que pose le processus de radicalisation, Denis Ducarme avait déjà annoncé sa volonté de former les intervenants sociaux. Vendredi, il a annoncé avoir dégagé une enveloppe de 100.000€ pour le projet. Il s’agit ainsi de développer des formations en e-learning, c’est à dire des formations en ligne, pour les assistants sociaux des CPAS. L’avantage de ce type de formation est que les travailleurs pourront la suivre au rythme qui leur convient le mieux. Pour adresser des questions aux formateurs, les assistants sociaux pourront participer à des sessions en visioconférence. Une séance en personne sera aussi demandée pour achever la formation. Le ministre de l’Intégration souhaite instaurer cette mesure pour septembre 2018.

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Mieux gérer les cas de radicalisation

Lors de cette formation, les assistants sociaux apprendront à détecter le plus tôt possible la radicalisation éventuelle de leurs bénéficiaires. Certains indices, appelés "signaux faibles", comme l’isolement progressif ou la fréquentation de personnes extrémistes, permettront aux intervenants d’établir un diagnostic de la situation, afin de la signaler rapidement. La gestion de l’attitude du professionnel face à des soupçons de radication sera aussi abordée, ainsi l’orientation de la personne radicalisée vers les services adaptés. "L’importance de la transmission des infos aux cellules de sécurité intégrale locales est un autre élément fondamental qui découle des constats de la commission d’enquête ’attentats’. Ce point figurera donc en bonne place dans la formation. Il faudra, bien entendu, y intégrer des mesures permettant d’assurer la confidentialité des sources ", a expliqué Denis Ducarme à La Capitale

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Un travail de fond, partout en Belgique

Selon le ministre Ducarme, cette initiative émane des recommandations de la Commission d’enquête parlementaire menée après les attentats du 22 mars 2016. "Quand j’étais membre de cette commission, j’ai pu comprendre combien la détection du radicalisme était essentielle et que l’effort devait être partagé face à cette menace, au-delà de l’appareil policier et judiciaire. C’est dans ce sens-là que l’on a pu, à l’époque, parmi les recommandations, demander à ce que les maisons de justices, où sont actifs des travailleurs sociaux, soient également formées à la détection du radicalisme. Eh bien, pour les CPAS, c’est la même chose !", a-t-il déclaré à SudPresse. En effet, depuis quelques années, les initiatives de prévention de la radicalisation se multiplient dans le secteur social. C’est par exemple le cas à Schaerbeek ou à Anderlecht, où des cellules de lutte contre le phénomène ont été mises en place en collaboration avec les acteurs de l’Aide à la Jeunesse. Les jeunes returnees ou arrêtés dans leur processus de radicalisation, mais aussi leurs familles, font ainsi partie intégrante des projets de prévention.

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La rédaction



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