Pourquoi nos émotions font-elles si peur ?

Pourquoi nos émotions font-elles si peur ?

Nos émotions font partie intégrante de nous-mêmes, elles participent à nous définir en tant qu’être vivant, au même titre que nos organes. Pourtant, elles sont décriées, dénigrées et très mal considérées. Pourquoi tant de difficultés à admettre que nos émotions sont essentielles à notre nature humaine et professionnellement très utiles ? Quelles sont les raisons pour lesquelles nos émotions font peur ?

Notre nature nous a poussés, depuis la naissance de l’humanité, à rechercher le progrès technologique. La découverte du feu, l’invention de la roue, l’ère industrielle, la révolution du web … Nous sommes animés par une volonté de progrès technique et de maîtrise. Ce faisant, notre société et son évolution nous coupent de notre nature humaine, en ce compris de nos émotions. En quoi sont-elles perçues comme étant dangereuses et pourquoi font-elles si peur ?

Maîtriser à tout prix

De tous temps, l’homme a cherché l’évolution technique et technologique. Cette évolution va de pair avec une certaine maîtrise de son environnement. Ainsi, l’homme est passé d’un état où il subissait les forces de la Nature à un état où il les maîtrise, du moins approximativement, avec les conséquences que l’on connaît. La Nature n’est pas la seule que l’homme a cherché à maîtriser : nous sommes également dans une tentative continue de maîtrise de notre propre nature humaine.

Négation de notre nature

Notre recherche de compréhension et de maîtrise de notre propre nature nous a permis d’accomplir des prouesses, notamment en médecine. Aujourd’hui, nous vivons mieux et plus longtemps que jamais. Du moins pour les plus favorisés d’entre nous … Malheureusement, cette tendance va de pair avec une certaine négation de notre nature, comme si nous pouvions devenir autres, par la force de notre volonté et la hauteur de notre maîtrise. Les choses ne sont pas aussi simples : les hommes d’aujourd’hui sont physiologiquement peu différents de leurs ancêtres chasseurs-cueilleurs.

Quelle utilité ?

La Nature étant bien faite, toute chose y a son utilité. En l’occurrence, les émotions sont, entre autre, conçues pour être des signaux d’alarme. La peur nous avertit d’un péril, la colère nous incite à nous défendre d’un danger, etc. Il fut un temps où il en allait de notre survie immédiate. Actuellement, notre mode de vie fait que notre environnement est plus sécurisé, du moins pour les habitants privilégiés des sociétés industrialisées. Pour autant, ces émotions sont toujours très utiles, notamment en situation de stress.

Mépris pour le naturel

Alors, comment se fait-il que nous soyons si coupés de notre nature profonde, qui est pourtant un très bon outil ? Les émotions ne sont qu’un exemple parmi d’autres : d’autres mécanismes sont ainsi décriés. Une des pistes de réponses serait que notre tendance à rechercher le progrès technologique nous incite au mépris de ce qui est naturel et non maîtrisé (par nous). Il n’est qu’à observer certaines appellations, telles que « peuples primitifs » pour se rendre compte que cette hypothèse n’est pas absurde.

Le mythe du fort

Une autre hypothèse est que cette tendance à la technologie, à la maîtrise créent un monde très compétitif. Nous le voyons d’ailleurs partout autour de nous : la compétition est partout. Et dans un monde très compétitif, il faut être fort. Le faible est décrédibilisé. Or, nos émotions, et surtout leur expression, peuvent donner l’impression que nous sommes faibles. Pourquoi ? Car tout cela semble si peu maîtrisé … Pourtant, tout ceci est un mythe, une illusion : dans un monde en interdépendance comme le nôtre, une telle approche n’est que nuisible.

MF – travailleuse sociale

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